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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 17:28

Le dimanche 24 juillet 2016, nous nous sommes rendus en famille dans le magnifique Cirque de Cilaos.

Solène, Cyrille et Yoann sont en vacances sur l'île. Après une semaine de randonnées dans Mafate, je leur ai proposé de courir le trail de Cilaos.

Solène participe au trail de 32 kms alors que Yoann et Cyrille décident de s'aligner sur le semi trail de 23 kms. Après plusieurs hésitations, je m'inscris la veille sur le semi trail. Pour l'occasion, nous créons le Team "La Bretagne Rigole". Il y a un classement par équipe prenant en compte les chronos des trois permiers coureurs de l'équipe.

Photo : Serge Pothin

Photo : Serge Pothin

Photo : Serge Pothin

Photo : Serge Pothin

Du côté de Bras Sec

Du côté de Bras Sec

Juillet 2016 - Trail de Cilaos
Allez Cyrille !

Allez Cyrille !

Premier Trail de 20 kms pour Yoann !   Photo : Serge Pothin

Premier Trail de 20 kms pour Yoann ! Photo : Serge Pothin

Juillet 2016 - Trail de Cilaos
Juillet 2016 - Trail de Cilaos
Juillet 2016 - Trail de Cilaos
Juillet 2016 - Trail de Cilaos

Une très belle course, un parcours technique au coeur d'une carte postale.

Sur le trail, Solène termine première féminine en 4 h 53 mn 52 s. Elle termine à la 18 ème place du classement général;

Sur le semi trail, je termine 12 ème en 2 h 46 mn 43.

Cyrille boucle son semi trail à la 21 ème place en 3 h 13 mn 13.

Yoann lui termine à la 34 ème place en 3 h 28 mn 12.

La bonne surprise et bien c'est la victoire du Team "La Bretagne Rigole' ! Victoire dédiée bien sûr à papa et maman !

Juillet 2016 - Trail de Cilaos
Juillet 2016 - Trail de Cilaos
Juillet 2016 - Trail de Cilaos
Juillet 2016 - Trail de Cilaos
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Published by Arnaud Moisan - dans Gazette Sportive
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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 19:45
UTRB - Ultra 120 kms Ile Maurice - Juillet 2016

A la suite de ma dernière sortie dans Mafate, le 7 juin dernier, j’ai dû stopper net ma préparation. En effet, une douleur s’est réveillée. Elle était perceptible tant à l’effort qu’au repos. Quelques jours plus tard, le diagnostic est posé : une périostite au niveau du jambier antérieur de la jambe gauche. Que faire, le temps est alors compté. En effet, je participe à un Ultra dans un mois. Il s’agit du Trail des 7 Couleurs, un ultra de 120 kms avec 4500 m de dénivelé positif. Cette course a lieu en terre mauricienne. Les frais étant engagés que ce soit pour le transport, l’hébergement et toute la logistique, je n’ai pas trop le choix. Le repos s’impose à moi. Mon corps me le demande, va falloir que je l’écoute. J’ai alors essayé de mettre toutes les chances de mon côté pour me présenter sur la ligne de départ sans douleurs. Un mois où j’ai suivi les conseils d’Arnaud Moël (collègue, ami, kiné,…) et Valérianne (kiné libérale). Du repos, du glaçage, du vélo et une reprise en douceur de la course sur pelouse.

Lorsque je quitte La Réunion, je ne suis pas rassuré par rapport au défi qui m’attend. Cependant, je positive en me persuadant que la douleur ne se réveillera pas. Le verdict dans quelques heures.

Pour la première fois, je voyage en solo sans ma petite famille. Ce n’est pas simple, Natacha n’a pas eu de congés. En ce qui me concerne, j’ai posé 3 jours sans soldes. Le matin du jeudi 7 juillet, soit 35 heures avant le départ, je m’envole vers l’Ile Maurice.

UTRB - Ultra 120 kms Ile Maurice - Juillet 2016

Pour mon séjour, je pose mon sac de sport dans un magnifique Hôtel du sud de l’île, le Preskil. Je ne loge pas dans l’hôtel partenaire car mon budget ne me le permet tout simplement pas. Je ne suis pas le seul à avoir fait ce choix, puisque je retrouve plusieurs coureurs dans les allées de ce luxueux hôtel. Ainsi, mon voisin de chambre n’est autre que Georges Marie Hoareau : plusieurs podiums à son actif sur les courses mauriciennes, 3 ème de l’UTRB 2015. Je fais également la connaissance d’un traileur sympathique à savoir Sébastien Costecalde. Un ultra traileur en devenir, un autodidacte des sentiers.

La journée du vendredi est consacrée à la préparation de mes différentes affaires. Je relis mes notes collectées auprès de Gilbert, 4 ème l'année passée. Merci pour les infos. J’en profite pour faire différentes photos pour alimenter la page du Team Cilaos. Cela me détend. Il fait beau, l’environnement de l’hôtel est comment dire : très agréable !

UTRB - Ultra 120 kms Ile Maurice - Juillet 2016
UTRB - Ultra 120 kms Ile Maurice - Juillet 2016
UTRB - Ultra 120 kms Ile Maurice - Juillet 2016
UTRB - Ultra 120 kms Ile Maurice - Juillet 2016
UTRB - Ultra 120 kms Ile Maurice - Juillet 2016

Avec les autres coureurs du Preskil, nous décidons de ne pas nous rendre au briefing qui a lieu à 18 h 00 au Shandrani (Hôtel partenaire). La course en taxi, à hauteur de 2000 roupies (50 euros l’aller/retour), nous refroidit. De toute manière, j’ai déjà pris toutes les informations nécessaires. Nous nous focalisons plutôt sur la recherche d’un taxi qui pourra nous prendre ce soir à 23 h 30 afin de nous emmener au Shandrani. Une navette, mis en place par l’organisation de course, attend les coureurs à 00 h 45. Reste un bémol, encore une histoire d’argent. Il y a quelques jours, je m’étais assuré que les non résidents de l’hôtel puissent utiliser cette navette. La réponse a été positive tout en m’informant que l’on me demanderait une participation financière. J’ai trouvé cela plus que limite… Finalement, on ne nous demandera rien. Encore heureux, me dis-je. Certains du groupe étaient prêts à faire demi-tour si cela avait été le cas.

Arrivés au Shandrani à minuit, nous déambulons dans les allées de l’hôtel avec nos tenues de trailers. Je salue Aubin qui participe à la course mais en relais. Il va prendre le départ et effectuera les 40 premiers kms.

Après 30 minutes de transport, nous arrivons à St Aubin. A quelques kilomètres au nord de Souillac en direction de Rivière des Anguilles se trouve la belle demeure coloniale du 19e siècle, d’où sera donné le départ de la course. A mon arrivée, je salue Laurent Nativel, speaker de la course, les différents membres de l’organisation et plusieurs coureurs. Le bruit fort de la sono tranche avec la quiétude des lieux. Une atmosphère paisible se dégage de cet endroit. Cela est amplifié par le peu de personnes présentes sur ce site de départ. Je trouve cette ambiance intimiste très agréable.

Côté compétition, si le nombre de coureurs est faible, la qualité du plateau est au rendez-vous. En effet, on peut noter la présence de Richeville Esparon (double vainqueur de Grand Raid Réunion), Georges Marie Hoareau (plusieurs podiums au Royal raid et à l’UTRB), Romain Bayol (l’un des meilleurs trailleurs mauriciens, 2 ème de l’UTRB 2015), mais aussi Mico Clain et la championne du monde Nathalie Mauclair ! Sans oublier, mon favori, le jeune malgache, second de l’UTOP 2016, Mahariniavo Rajoelison.

UTRB - Ultra 120 kms Ile Maurice - Juillet 2016

Je craignais la pluie et bien nous avons la chance d’apercevoir les étoiles. Je craignais le froid et bien nous avons la chance de ne pas le ressentir. Le temps est idéal !

2 h 00, le départ est imminent. La voix de Laurent accompagne nos derniers mouvements, étirements. Il est désormais temps de se positionner sur la ligne de départ. Je me retrouve en première ligne. A mes côtés, Aubin qui demande à Nathalie si sa frontale est de qualité. Elle lui répond par la positive en lui précisant qu’il faut bien la régler. Ayant la même frontale, il est pris d’un doute car il n’a pas fait de réglages. Mais pas le temps de trop paniquer, le départ est donné. Simon Desvaux et Aubin, les deux relayeurs prennent les devants. Ils foncent. Rapidement, je ne les aurai plus en visuel.

Nous débutons entre les champs de cannes avec une pente douce. Les faux plats montants se succèdent et l’allure est soutenue. Je fais partie d’un groupe mené par Nathalie Mauclair. Nous sommes au niveau de la quinzième position. A mes côtés se trouvent Georges Marie et Edouard Reynaud. Je suis à mon aise, choisis de rester avec Nathalie. Sa régularité va être un atout pour mon avancée. J’essaye d’éviter les premières mares de boue. Mais au bout de 5 kms, pas le choix, il faut traverser de grandes étendues d’eau. Le sol est glissant, Georges Marie fait un grand dérapage et se retrouve au sol. Pas de bobos, il repart de plus belle. Mes pieds trempent déjà dans l’eau. Je crains les effets de la macération sur l’état cutané de mes pieds.

50 mètres devant notre groupe, j’aperçois la silhouette longiligne de Sébastien Bilocq. Je ne le connaissais pas avant cette course. Il est régulier, sa foulée est fluide. Je le prends en point de mire. En faisant quelques recherches après la course, je découvre qu’il a un beau palmarès avec notamment des podiums sur des courses mahoraises.

Nous évoluons entre pistes larges et sentiers monotraces. Les coureurs sont silencieux. Notre souffle et le bruit de nos pas dans la boue viennent rompre le silence ambiant. Chaque coureur est concentré sur ses appuis. Je dérape, nous dérapons. Vers le 10 ème kilomètre, notre groupe revient sur Richeville. Nous le dépassons puis le lâchons. Un km plus tard, j’entends des pas se rapprocher. C’est Richeville qui nous dépasse à vive allure. Je m’interroge sur son attitude…. Que cherche-t-il ? Au vu de ses variations d’allure, j’envisage déjà pour lui un abandon.

Les dernières pentes vers le Parakeet sont bien plus ardues. Mais j’arrive toujours à courir, relance dès que possible. Je suis juste derrière Nathalie. Nous apercevons au loin le sommet grâce à la signalétique lumineuse présente sur la grande antenne. J’enfile mon k way car le vent souffle de plus en plus fort. La pluie commence à tomber. Dans une descente boueuse, Nathalie dérape et se retrouve à terre. Elle repart de suite. Je glisse moi aussi, récupère une de ses gourdes tombée à terre. Je la lui redonne et tombe encore. Une mare plus tard, ma chaussure reste engluée dans la boue. Je suis en chaussette. Je suis un peu Cendrillon dans le sud ouest mauricien. Je reste zen, faut pas s’énerver, cela ne sert à rien. Je rentre sous la tente de ravitaillement avec Nathalie. 20 kms d’effectués, 855 de dénivelé positif cumulé depuis le départ. Nous sommes à la 10 ème position. Tout va bien, je suis lucide, répond calmement à l’interview de Laurent, en profite pour refaire mes lacets. Un verre d’eau et ça repart.

Je sprinte pour retrouver la foulée de Nathalie. Edouard revient également sur nous. Nous entamons la descente vers Les Gorges. Cela descend droit dans la pente et l’état du sentier est pourri ! C’est le mot ! De la boue, de la boue et encore de la boue. Nathalie est en difficulté, assure ses appuis. Nous échangeons quelques mots au sujet du Grand Raid, mes expériences passées sur l’épreuve réunionnaise. Me sentant de plus en plus à mon aise, je passe devant et me retrouve rapidement seul. Je me laisse aller, prends du plaisir. Les glissades s’enchainent. Arrivé au point le plus bas, après une descente de 650 m dénivelé en 3 kms, je remplis mes gourdes et ne m’attarde pas.

En me retournant, je ne vois aucune frontale. Je débute la fameuse montée du Piton de la Petite Rivière Noire. Je me dirige vers le point culminant de l’île. 4 kms de grimpette droit dans la pente, 700 m de D+. Je n’ai jamais monté un truc pareil ! J’ai voulu du sport et de l’aventure et bien je suis servi. A un moment, je me retrouve face à un gros rocher, je cherche mon chemin. J’essaye de le contourner, m’enfonce dans la forêt puis reviens sur mes pas. Je reviens donc devant ce gros rocher, l’observe et découvre une corde ! Ok, je l’attrape et utilise mes bras. Le plus dur en fait, c’est le manque d’appuis sur cette roche glissante. Hormis cette petite hésitation, je ne me pose quasiment pas de question sur la trace à suivre. Le balisage est, je trouve, de qualité.

Au fur et à mesure de la montée, la végétation se raréfie, le vent et la pluie s’intensifient. Il commence à faire bien froid. Mes doigts se crispent. A proximité du sommet, je retrouve Aubin, immobile au milieu du sentier. Il n’est pas bien, il grelotte, il a un gros coup de moins bien. J’essaye de le soutenir verbalement, lui donne quelques conseils. Je lui dis de ne pas lâcher, d’avancer. Malheureusement, il sera contraint à l’abandon quelques kms plus tard. Au sommet, il fait encore nuit. Dommage, je n’aurai pas la chance de profiter du panorama ! Alors que c’est le déluge, je découvre une petite tente. Un membre de l’organisation sort sa tête, note mon numéro de dossard. Les conditions sont apocalyptiques. Je leur envoie un « courage » ; Il semble étonné ! Moi je descends, le jour va se lever, je vais bientôt avoir chaud ! En tout cas je l’espère. J’ai parcouru 27 kms, 1591 D+.

Le début de la descente est un vrai bourbier. Je m’accroche aux branches et quand il n’y en a pas et bien je fais du toboggan. Je m’assois et me laisse aller. Quelques hématomes plus tard, j’arrive de nouveau à courir. Je pense à bien m’alimenter et à bien boire. Tiens un coureur me rejoint, c’est sébastien B que j’ai doublé, sans m’apercevoir, au ravitaillement des Gorges. Je me retrouve devant un grillage d’une hauteur de 2 m 50. Je monte l’échelle avant de me tétaniser car euh.. il n’y a pas d’échelle de l’autre côté. Petit moment de panique. Sébastien me dit d’utiliser les deux bouts de bois installés en pont de singe. Je m’exécute, vraiment pas rassuré. J’ai failli poser ma main sur le barbelé. Une fois cette épreuve passée, je me fais doubler par Sébastien. Il est impressionnant, il disparait aussi vite qu’il est apparu. Je prends mon allure. Ce qui me préoccupe, c’est l’absence de ravitaillement… Je n’ai plus d’eau… Un point d’eau était prévu au départ de la réserve de la case Noyale. Mais, il n’y a rien. Je suis obligé de temporiser mon allure afin de limiter l’impact de ce manque d’eau.

Les longues lignes droites s’enchainent dans ce parc naturel durant au moins 5 kms. La pluie s’arrête. Un magnifique arc en ciel s’invite. Je cherche du regard d’éventuels animaux. Dommage, mon œil n’est pas assez aiguisé. Je sors du parc, me retrouve sur une route, me fait doubler par un bus mauricien « Angel of the Road ». Je traverse des salines. Me voilà qui arrive au kms 39, le ravitaillement des Salines Pépinières. De l’eau, enfin !

Photo : Alexandre Gilles

Photo : Alexandre Gilles

UTRB - Ultra 120 kms Ile Maurice - Juillet 2016
Romain Bayol anime la tête de course

Romain Bayol anime la tête de course

Alexandre Gilles me prend en photo. Il attend Aubin qui doit lui passer le relais. Je lui donne des nouvelles peu rassurantes de son coéquipier. Je me pose, remplis mes gourdes. On me propose du poulet, de la tomate mozzarella, des fritures,… je ne prends rien, je reste sur mes habitudes : gels, pâtes de fruit et encore des gels. Sébastien B se ravitaille. Alors que je m’apprête à repartir, Alexandre reçoit un coup de fil. Aubin abandonne. Alexandre prend le départ de son relais pour le fun. Je mène l’allure, il me prend en photo. Merci pour les souvenirs ! Le soleil tape fort. J’avance entre les salines. L'eau apportée directement par l’océan passe d'un bassin à un autre et s'évapore petit à petit pour laisser place aux cristaux de sel. C'est ici, que le sel est ramassé à la pelle par les mauriciens, soit près de 1500 tonnes de sel chaque année pour subvenir aux besoins de la population locale.

Photo : Alexandre Gilles

Photo : Alexandre Gilles

Ensuite, Je cours sur la plage sous le regard bienveillant d’un drone. Puis, c’est des pistes 4x4 que je dévale comme je peux. La terre s’agrippe sous mes chaussures, ce qui a tendance à me déséquilibrer. Ensuite, c’est une longue partie asphaltée. Etonnement, c’est dans cette partie que les doutes vont commencer à m’envahir. Et pourtant, j’avance correctement. 11 kms/heure au cours de cette portion. Passé le portail des Gorges (kms 50), mon rythme change à nouveau. J’adopte la marche rapide avec ma position d’économie d’effort à savoir les mains dans le dos. Pas l’ombre d’un coureur dans le secteur. Par contre que de chasseurs ! Je suis persuadé que Sébastien va rapidement me rejoindre.

La pente s’élève et me voilà dans la montée de Brisefer. Oh la vache ! C’est quoi cette grimpette. Les bras sont mis à contribution. Je me fais des pauses pour profiter de la vue. Et puis c’est agréable, il fait beau. Au loin, les coups de fusils s’enchaînent. Au nombre de coups entendus, je pense qu’ils ont chopé la bête. Si ce n’est pas le cas, ils sont très mauvais. Je m’accroche aux branches, utilise des cordes pour m’élever. Encore 800 m de D+ d’avalé.

Photo : Alexandre Gilles

Photo : Alexandre Gilles

Photo : Alexandre Gilles

Photo : Alexandre Gilles

Dans la descente, je ralentis car je butte dans les racines. Un petit manque de lucidité. Alexandre est parti devant. Je ne l’aperçois plus. J’avance à mon rythme. Sébastien ne reviendra pas. En effet, il s’est perdu dans la montée de Brisefer. Après de nombreux kilomètres hors parcours, il a préféré rendre son dossard. Dommage pour lui. Tiens, je croise un faisan femelle (précision essentielle !) qui se promène dans le secteur.

Après une longue descente, je m’approche d’un barrage. Je cherche mon chemin dans de hautes herbes, puis tombe en me prenant les pieds dans un grillage. Je peste. Je m’arrête un instant, prends le temps de visualiser le décor. Je repère une rubalise. Il faut passer dans l’eau. Ok.

Le ravitaillement a lieu au bord du lac, au niveau de la digue de Mare Longue. J’ai effectué 57 kms, 3000 m D+. Je m’approche de la mi-course.

Désormais, je dois mettre mon cerveau sur off. Droit devant, les lignes droites sont interminables. Cette partie de parcours, c’est du déjà-vu. Lors de mon Royal Raid en 2011, j’avais également parcouru cette partie seul. Que c’est long! D’après mes calculs, je suis désormais 4 ème. J’aimerais tant conserver ce top 5. Mais je n’y pense pas, la course est encore tellement longue.

Puis, c’est la descente vers Les Gorges. Ça glisse, il faut faire attention à la mauvaise chute. Au départ, je me retrouve sur un sentier monotrace où j’enchaine glissades sur glissades. Puis, la suite, c’est une piste large avec une perte rapide de dénivelé. J’assure au maximum mes appuis. Avant le ravitaillement au fond des Gorges, je traverse la rivière. Le courant est fort.

Kms 66, ravitaillement des Gorges. Chris Hamer m’annonce 3 ème. Ah bon ? Oui, Richeville a abandonné. La pluie s’intensifie. Je réclame mon sac d’assistance. Je me change intégralement, en profite pour me mettre de la crème anti frottement. Alors que je m’arrête moins de 1 mn sur les autres postes de ravitaillement, je passe quasiment 10 minutes sur ce site. Alexandre m’attend pour repartir. Alors que je finalise mon ravitaillement, Georges Marie fait son apparition. Il a l’air déterminé.

Arrivée au ravitaillement des Gorges (Photo : Organisateur)

Arrivée au ravitaillement des Gorges (Photo : Organisateur)

Le malgache, second au km 66 (Photo : Organisateur)

Le malgache, second au km 66 (Photo : Organisateur)

Georges Marie quatrième au km 66 (Photo : Organisateur)

Georges Marie quatrième au km 66 (Photo : Organisateur)

Nathalie Mauclair au km 66 (Photo : organisateur)

Nathalie Mauclair au km 66 (Photo : organisateur)

Sophie Blard au Km 66 (Photo : organisateur)

Sophie Blard au Km 66 (Photo : organisateur)

Sébastien Costecalde au Km 66 (Photo : organisateur)

Sébastien Costecalde au Km 66 (Photo : organisateur)

Alors que je repars avec Alexandre, ce dernier stoppe. Je ne sais plus pourquoi. Il ne me rattrapera pas… Pour une bonne raison. Je commence la montée du Parakeet et je suis en forme. Le ravitaillement m’a fait du bien. Je grimpe en chantant. J’appuie sur les cuisses, je suis de nouveau tout mouillé mais je m’en fous, je suis heureux.

Me voilà de retour au Parakeet (73 kms) ! Aubin m’encourage, tout comme de nombreuses personnes présentes sur ce site. Aubin semble aller beaucoup mieux que la dernière fois où je l’ai vu. Ravitaillement express et je repars. On m’annonce que le coureur malgache se situe à 15 minutes. Je chute lourdement dans une mare qui était en fait un trou ! Ma chute est amortie par l’eau. Trempé…Pas blessé…

Je pense que le parcours est l’inverse de ce matin. Mais non, ce n’est pas le cas. Longue portion de route puis des chemins forestiers. La monotonie est difficile à surmonter. Je suis seul au monde. Ah non, un chien errant noir va me suivre pendant au moins 2 heures. Je lui cause un peu. Il semble attentif. Je reviens sur deux coureurs. Ils participent au 47 kms. Ensuite, je suis en difficulté dans une longue descente boueuse où je n’ai aucune accroche. La partie suivante est encore pire mais cette fois je peux m’aider en m’agrippant à quelques branches. Je souffre, ma concentration est mise à rude épreuve. Quand je peux à nouveau courir, je revis. Progressivement, la forêt s’éloigne. Je retrouve les champs de cannes. La descente est régulière, la pente légère et la boue se fait plus discrète. J’avance à un bon rythme. Je suis persuadé que j’arrive à St Aubin. Mais ce n’est pas le cas. Encore 500 m et je suis à nouveau persuadé que j’y arrive ; Mais non, et ainsi de suite… C’est long !

Je retrouve enfin le site de départ. Je suis à St Aubin mais cette fois, j’ai 94 kms dans les jambes. Je me dirige vers le pointage. Quand j’arrive, je suis surpris d’apercevoir le malgache au loin. Comme à l’accoutumée, je m’arrête à peine. A cet instant, je ne pense plus au top 5, je ne pense pas aux derniers 26 kms. Désormais, je suis en mode : je vais revenir sur le maillot jaune du malgache. Les jambes répondent bien, la tête aussi. Quant à la blessure et bien elle est endormie ! Moi qui envisageais un abandon sur blessure… Le corps est tellement surprenant.

Le parcours passe alors à travers les bois, les champs de cannes à sucre et les pâturages. Quelques moutons m’observent. Je ne vois plus le second. Ah si, tout au fond là-bas, il se retourne, il ne semble pas en confiance. Je le vois qui pique un sprint et il disparait à nouveau. J’accélère légèrement mon rythme. Je continue à courir même dans les portions de grimpette. Je commence à me motiver pour un nouveau défi à savoir de ne pas allumer ma frontale avant le dernier ravitaillement, kms 110. Il me reste une heure avant la tombée de la nuit.

 

Tiens une tente de ravitaillement. On m’indique que je suis à 20 kms de l’arrivée. Et bien, les kilomètres sont de plus en plus longs. J’arrive le long des falaises, c’est grandiose. L’océan est agité. Les 10 kms à venir sont une succession de traversées de bras de mer, de descentes et de montées bien raides. Je ne suis pas rassuré quand je me retrouve dans l’eau. Heureusement que je passe de jour, je peux plus facilement travailler ma trajectoire. Je n’aperçois plus le jeune malgache. J’ai l’impression d’être au ralenti. La nuit arrive et je n’ai toujours pas pointé au dernier ravitaillement. Quelques foulées sur le sable immaculé et je m’équipe pour la dernière partie qui va s’effectuer sous la pluie et de nuit.

UTRB - Ultra 120 kms Ile Maurice - Juillet 2016

Un spot lumineux au loin, j’approche du poste. Finalement, il me faudra 10 minutes pour y arriver. J’ai besoin que l’on me rassure car je suis à bout, en tout cas c’est ce que je dis. Avec du recul, c’est surtout mentalement que j’étais à bout. A partir de cet instant, je me mets en mode : à bloc jusque l’arrivée.

 

Je cours sur des zones herbeuses et sur de grandes plaques rocheuses au bord de l’océan. Je prends du plaisir, tends mes bras comme un oiseau. Le mari de Nathalie Mauclair m’encourage et m’indique que le second se situe à 10 minutes. Toujours ces 10 minutes ; J’accélère de nouveau. Il me reste 7 kms. Il faut que je conserve ma place sur le podium. Sur cette partie, je me repasse le déroulement de ma course, les émotions vécues, les paysages traversés. Alors que je cours dans mes pensées, j’aperçois au loin et à plusieurs reprises une lumière. Le second ? Je ne sais pas, en tout cas, j’y vais et je me dis que je débute une séance de fractionné sur la piste de Champ Fleury. Je poursuis le coach Fred et je ne le lâche pas. A chaque 100 m, Léane et Natacha m’encouragent. Allez, allez. La lumière se rapproche. Mince la rubalise, elle est où, marche arrière, marche avant, je reprends ma séance.

 

A 3 kms de l’arrivée, je rejoins Rajoelison. Il se met à marcher, je marche à ses côtés. Je lui propose que l’on finisse ensemble. Allez, on y va. Nous trottinons puis il s’arrête, marche de nouveau. Et puis, avec sa bénédiction, je reprends ma course en avant. De toute manière, au vu de l’énergie déployée pour rattraper le second, je n’ai qu’une envie, c’est d’y aller. Je suis un compétiteur, j’ai un dossard, je suis en course. Je suis euphorique. Sur cette portion, j’en profite à fond.

L’arrivée se profile. J’arrive sous la pluie après 17 h 28 d’efforts. Sonia, la femme de Sébastien, lance des "super Arnaud ». Je franchis la ligne dans une quasi indifférence. Johny, au micro, se pose la question de savoir si c’est le 2 ème qui est arrivé ou un relayeur. « Ah mais si, je crois le reconnaitre, mais oui c’est bien le 2 ème. Mais Arnaud, on ne t’attendait pas si tôt ». Et oui, c’est moi, je suis tellement fier de moi, de ma course. Je l’ai fait.

Je divague sur le site d’arrivée en profitant de la pluie. Moment de communion avec la nature. Puis, comme à mon habitude, je me trouve un coin d’herbe et m’affale au sol. Je suis au pied du bar pendant une dizaine de minutes. Je me ressource.

Merci aux miens, merci à mes différents soutiens tant ceux de cœur, que les amicaux ou encore les sportifs. Je pense également au team Cilaos en remerciant tout particulièrement Patrick pour son engagement dans le trail, pour la confiance qu’il m’accorde. Merci également à mes différents partenaires : Salomon, Petzl, Trail Sport et Randorun.

12 minutes après mon arrivée, Rajoelison franchit la ligne et finit troisième. Puis, voilà Georges Marie. Je commence à avoir froid. Mon sac d’assistance n’est pas sur le site. Je vais l’attendre 4 heures. Heureusement, Sonia me prête le pull de Sébastien et le casquetteur Mathieu me ramène quelques affaires qui feront l’affaire ! Merci à eux car je sentais que je rentrais dans une mauvaise spirale avec ma tenue mouillée.

Sébastien finit 9 ème. Yes, le trio du Preskil dans le top 10. Très content pour Sébastien même si il est un peu déçu car il a perdu du temps après avoir perdu lui aussi son chemin. Dans le taxi retour, Sonia nous raconte sa mésaventure. Pour assister à l’arrivée de son mari, elle a dû débourser 900 roupies (25 euros !). Non, ce n’est pas vrai. Si si, et elle a fini par payer. Comme alternative, on lui a proposé d’aller plus loin sur la plage. Génial, en pleine nuit, c’est super rassurant…. Bref, encore un fait (pas une opinion) à mettre dans le mauvais côté des observations faites pour cet ultra.

Photo Montage : l'homme de l'ombre du Team Cilaos

Photo Montage : l'homme de l'ombre du Team Cilaos

Une bonne nuit de sommeil et j’ai déjà l’esprit tourné vers le prochain objectif : Ma 5 ème diagonale, je veux bien-sûr parler du Grand Raid Réunion !

Résultats UTRB 2016 :

1 BAYOL Romain 15:49:00

2 MOISAN Arnaud 17:28:26

3 RAJOELISON Mahariniavo 17:40:24

4 HOAREAU Georges Marie 17:47:44

5 MAUCLAIR Nathalie 18:32:01 F 1ere F

6 CLAIN Mico 19:34:35

7 BLARD Sophie 19:34:37 2eme F

8 MIRANVILLE Julian 19:51:12

9 COSTECALDE Sebastien 19:55:22

10 DRIVER Percy 21:42:17

 

 

 

Photo : Magali Ardoino

Photo : Magali Ardoino

UTRB - Ultra 120 kms Ile Maurice - Juillet 2016
Photo : Organisation

Photo : Organisation

Photo : Organisation

Photo : Organisation

Sur la vidéo suivante​, reportage d'Alexandre Gilles sur l'UTRB. Nombreuses prises de vues où vous pouvez m'apercevoir !

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 18:15
29 Mai 2016 - Trail du Colorado

Dimanche 29 mai 2016, je participe pour la première fois au Trail du Colorado, championnat régional de Trail Court, une épreuve de 42 kms pour 1800 m D+.

Je me réveille à 5 h 45 alors que la course débute à 7 H 00. Non, je ne suis pas en retard ! C’est juste le privilège d’habiter à 1 km de la ligne de départ. Je me prépare sereinement, vérifie de bien avoir tout l’équipement obligatoire. Un doute persiste concernant le choix du K way, soit le léger ou le plus chaud. Je jette finalement mon dévolu sur le plus protecteur en entendant le souffle du vent : le salomon Bonatti.

 

6 H 10, je retrouve Gino devant ma case. 5 minutes de marche en guise de réveil musculaire et nous débutons notre échauffement. Arrivés sur site, nous saluons nos « nombreuses » connaissances. Nous repérons quelques un des favoris du jour : Yohann Stuck, Jean Eddy Lauret, Fabrice Armand, Alexis Vincent, Wiliam Rasendrason (Madagascar), Céline Lafaye, Marcelle Puy,…

 

Photo René Carayol

Photo René Carayol

29 Mai 2016 - Trail du Colorado

Nous nous réunissons au niveau de la ligne de départ. Je me retrouve aux côtés de mon collègue de club Johny. Dans le cadre du championnat régional, il a vraiment une belle carte à jouer dans sa catégorie Master 2. Mais je n’oublie pas un autre objectif, qui le concerne autant que moi, à savoir le championnat par équipe pris sur les trois premiers de chaque club.

 

Je me retrouve en première ligne, les coureurs font le décompte et nous voilà partis pour 42 kms sur mes sentiers d’entrainements.

Photo Patrick Lauret

Photo Patrick Lauret

Photo : Laurent RCSD

Photo : Laurent RCSD

En guise d’amuse-bouche, une boucle de 1 km 500 au cœur du magnifique parc du Colorado. Nous emprunterons à deux reprises la terrible côte qui mène à la boule météo. Cette pente, je la connais bien car je la gravis à plusieurs reprises lors de mes séances de côtes ! Je suis vraiment dans mon jardin.

 

Nos premières foulées s’effectuent sous les flashs des nombreux photographes et sous l’œil perçant d’un drône. Je m’enflamme une vingtaine de secondes avant de me ranger dans le peloton. Au Passage du premier kilomètre, Gino est sur ma gauche, Johny sur ma droite. Nous évoluons autour de la cinquantième place. De nombreux coureurs sont en sur régime, il va y avoir de la casse. Céline Lafaye, championne métropolitaine (vainqueur du Trail Tour National en trail court 2015) est juste derrière.

Photo : Patrick LAURET

Photo : Patrick LAURET

Photo : Patrick LAURET

Photo : Patrick LAURET

Elle passe devant et mène le rythme de notre petit groupe. Johny s’échappe. Dans un virage, Marcelle Puy nous double et accélère. Gino la suit. Je reste aux côtés de Céline. Je finis la première boucle en 6 mn 44. J’avais prévu 7 minutes. La deuxième boucle sera beaucoup plus longue, puisque nous partons désormais pour 40 kms 500 !

 

 

Direction le sentier des Goyaviers, sentier qui longe le bord du rempart de la rivière St Denis. On entre directement dans un sous-bois assez sombre en raison de la végétation serrée. Les petits groupes de coureurs sont désormais constitués. Je suis les pas de Céline, j’ai de bonnes sensations. Je ferai le point à mon prochain point repère au site de La Fenêtre où j’envisage de passer en 23 minutes. Pour une fois ce sentier technique n’est pas glissant, ce qui est un vrai plus. Toutefois, la vigilance doit rester de mise sur ce chemin envahit par les cailloux et surtout les racines. Nous enchaînons les descentes et les gros raidillons. Céline court quasiment dans toutes les montées alors que je privilégie la marche active. Je reviens à chaque fois sur ses pas car elle me distance dans toutes les descentes. Je suis scotché devant son aisance. Quel spectacle!

 

29 Mai 2016 - Trail du Colorado

Nous débouchons à La Fenêtre en 22 minutes 45. Pas le temps d’observer le panorama sur la Rivière St Denis. Nous continuons sur le sentier monotrace qui chemine entre les goyaviers, les fougères ou les branles verts. La pente se fait plus sévère. C’est la fin de la période de fructification des Goyaviers et aujourd’hui pas le temps de déguster les derniers survivants. A terre, c’est une vraie boucherie : une bonne confiture de goyaviers qui rend le sol encore plus glissant. Les montées se succèdent et le rythme reste constant. J’échange avec Céline sur le parcours à venir, le kilométrage, mon timing prévisionnel mais aussi sur la Réunion, le grand raid,….

 

 

Nous débouchons sur la piste Forestière de la Plaine d'Affouches. J’avais prévu d’y arriver en 45 minutes, et bien ce sera en 42 mn 45. Je me mets à la hauteur de Céline. La suite, c’est 3 kms de course sur une piste en montée, des dizaines de longs lacets en direction du Kiosque d'Affouches.  Je me retrouve rapidement seul, hésite à rester avec Céline mais me résous à me concentrer sur mon rythme, sur mes sensations. Je reviens sur un groupe de quatre coureurs et prend de suite les commandes. Amyas Boithias vient à mes côtés. Nous échangeons sur la course et sur le classement par équipe. Le club de La Montagne est un sérieux concurrent. Mon pied gauche commence à me faire souffrir, j’ai dû trop serrer ma chaussure. J’arrive au Kiosque d’Affouches en 1 h 00 mn 20, remplis ma bouteille, règle le laçage de ma chaussure.

 

 

Au moment de repartir, Céline arrive et s’élance sur le sentier des Lataniers. Pour changer, je me place derrière elle. Nous ne savons pas quel est l’écart avec Marcelle Puy qui fait la course en tête.

 

 

Si le sentier est sec, il est envahi par les herbes hautes et par toutes sortes de plantes. C’est un sentier usant psychologiquement du fait de ses innombrables virages, de la concentration qu’il faut déployer pour éviter une mauvaise chute. A mon avis, le point clé de la course se situe sur cette portion « interminable ». Il faut arriver frais au village de Dôs d’Ane afin de pouvoir envoyer par la suite. Je pense mettre entre 1 h 20 et 1 h 30. Au bout de 20 minutes, je passe devant Céline et me retrouve à nouveau seul. Les petites ravines sont glissantes et certaines parties du sentier très étroites. Je tombe à trois reprises en me rattrapant comme je peux. Je regarde le plus souvent mes pieds, donc dommage pour les panoramas sur l’océan, sur les villes du Port et de Saint-Paul. Un seul coureur me doublera sur cette section, c’est l’un des coureurs rodriguais. Plus je progresse, plus la végétation se clairseme, plus les fougères sont nombreuses.

 

J’arrive enfin à Piton Grand Bazar avec une vue sur Dos d’âne. Le ciel est dégagé, le soleil bien présent. Il me reste plus qu’à descendre, sauf que j’ai sous-estimé cette partie. C’est étroit, glissant, pénible, bref je ne m’éclate pas.

29 Mai 2016 - Trail du Colorado

Enfin, me voilà à Grand Coin, un village de maraîchage au fond du Cirque de Dos d'Ane. J’ai finalement mis 1 h 30 depuis le kiosque d’Affocuhes (2 h 31 depuis le départ). Jamel est présent. Il m’encourage, me prend en photo et me donne des écarts : « 2 mn de Gino, 2 mn 30 sur Lionel ».

Le ravitaillement est proche. Je cours sur la longue portion bitumée entre les cases, les champs de cultures (salades, brèdes,). Je pointe en 2 h 40 sous les encouragements des relayeurs. A savoir qu’une course en relais a lieu en parallèle de l’épreuve solo.

29 Mai 2016 - Trail du Colorado

Je me ravitaille et repars en direction du parking de Cap Noir. Une montée sur la route que j’effectue à un rythme soutenu. Je suis bien et ça fait du bien ! J’ai parcouru 24 kms, il m’en reste donc 18. Je déboule sur le sentier et maintenant cela ne rigole plus. La pente est sévère. Je pousse avec mes mains sur mes cuisses à chaque franchissement de marches. Un coureur est à l’arrêt, stoppé par la survenue de crampes. Ça monte sévère, ça pique ! Les randonneurs s’écartent gentiment. Benjamin Bescond m’informe que je me situe à une minute de Gino.

 

La végétation est assez pauvre et permet de très larges panoramas sur le Cirque de Mafate (à ma droite) et sur Dos d'Ane (à ma gauche). J’approche du bloc pointu, la Roche Verre Bouteille. Michel Jourdan m’informe que Gino se trouve 30 secondes devant. Tiens tiens….

Photo : Serge POTHIN

Photo : Serge POTHIN

Photo : Serge POTHIN

Photo : Serge POTHIN

Photo : Michel JOURDAN

Photo : Michel JOURDAN

Je débouche à l’intersection des sentiers qui mènent soit au cap (vers la droite), soit à dos d’âne vers la gauche. Une fraction de secondes, je me pose la question du bon chemin à prendre. Il y a bien du balisage mais son positionnement tend à la confusion. Je retrouve mes esprits et file tout droit. C’est à cet endroit que Céline s’est plantée de parcours avant de faire demi-tour et reprendre sa marche en avant.

 

La montée se poursuit sur la ligne de crête, au plus proche du rempart. Le parcours est toujours aussi difficile. Je finis par rattraper Gino. Il lutte dans les montées mais se prépare à faire un bon final. Alors que nous avançons ensemble, je ressens des débuts de crampes au niveau des ischios. J’espère que je ne me suis pas mis dans le rouge pour rattraper mon dalon. Nous évoluons sous les bois de couleurs et rattrapons deux coureurs. Juste avant le Piton Fougères (1467 m), je lève le pied et laisse filer Gino. J’ai besoin de souffler. Cela fait 3 h 27 que j’ai pris le départ. Mon objectif de moins de 5 heures est plus que prenable, j’envisage désormais de descendre sous les 4 h 50.

 

Je rattrape de nouveau Gino au pied du Piton Batard. Une sacré grimpette où nous dépassons à nouveau deux coureurs. Une fois le sommet passé, je reprends mon rythme de croisière. Gino me reprend de la distance. Je lui dis de faire sa course, que je vais gérer. Je ne l’ai plus en visuel, il s’envole. J’ai des difficultés dans toutes les montées car je dois faire avec les crampes. Par contre, dans les descentes, je me laisse aller. Je m’amuse, sautille entre les racines et les cailloux. Au moment où je plonge vers le kiosque d’Affouches, j’aperçois Gino qui s’y ravitaille. Il repart à fond. Je pointe après 4 h 01 d’effort. 15 secondes d’arrêts et me voilà sur la piste.

Je suis à mon aise, relance, profite pour envoyer du bois. Je crains plus les montées futures du sentier Goyaviers. Je reviens sur deux coureurs, double l’un des deux. L’autre relance et reste devant moi. Coach Fred est présent, il m’encourage. J’atteins le sentier après 13 mn 10 de piste. Allez, je suis dans le final, dans moins de 40 minutes je serai affalé dans l’herbe du Colorado.

Je monte comme je peux. Dans les descentes, je reviens sur l’autre coureur. Puis il me lâche dans les montées suivantes. Avant la sortie du sentier, je tente un coup de bluff. Je le passe, accélère, le lâche. Mais, il me revient dessus et fait la même chose, et il me lâche. C’est ça le sport, c’est de bonne guerre. On se félicitera à l’arrivée sans se dénigrer. Je porte un dossard, je suis dans une compétition, donc je donne tout ! Et il a fait pareil, et je l’en félicite ! J’abdique en restant derrière.

Photo : Florent AGENOR

Photo : Florent AGENOR

Photo : Florent AGENOR

Photo : Florent AGENOR

Photo : Florent AGENOR

Photo : Florent AGENOR

Photo : Carine MAIGNAN

Photo : Carine MAIGNAN

L’arrivée se précise, j’entame la dernière descente. Alors que la ligne me tend les bras, j’entends les encouragements de Léane et de Natacha. Léane court vers moi, je l’attends. Nous franchissons la ligne ensemble.

 

Je termine à la 18 ème place en 4 h 46 mn 11s. Je termine 10 ème senior, 5 ème senior licencié. Avec mon club Deniv, nous terminons à la première place par équipe ! Johny fait 9 ème champion de la Réunion en Master 2. Gino finit 14 ème, 4 ème Master 1 de la course, 3ème Master 1 du championnat.

Céline termine finalement 3 ème féminine en 5 h 00. Je suis très content d’avoir fait sa connaissance, une chouette personne.

29 Mai 2016 - Trail du Colorado

Classement :

1 03:59:23 LAURET JEAN-EDDY
2 04:04:52 VINCENT ALEXIS
3 04:09:33 STUCK YOHAN
4 04:23:49 MITHRIDATE FABRICE
5 04:25:13 LEOCADIE RENE-PAUL
6 04:25:46 ROBERT JOSEPH GILBERT
7 04:30:45 EMILIEN JOSEPH ANDRE
8 04:32:20 ARMAND FABRICE
9 04:34:02 AIMART JOHNY
10 04:35:28 TILMONT LIONEL
11 04:38:26 LERIVAIN ÉRIC
12 04:39:13 RIVIERE NICOLAS
13 04:43:15 MARTEL PHILIPPE
14 04:43:33 LEE SONG YIN GINO
15 04:43:50 PUY MARCELLE
16 04:44:13 HUET RAPHAËL
17 04:45:40 LE TAREAU JEAN-ROCH
18 04:46:11 MOISAN ARNAUD

Je suis très satisfait car je retrouve du rythme et surtout je n’ai pas ressenti de douleurs articulaires, tendineuses. La prépa ultra se poursuit et les voyants sont au vert. La suite au prochain épisode ! Pour cela, il faudra sauter l’océan pour se retrouver en terre mauricienne !

29 Mai 2016 - Trail du Colorado

Pour finir, je souhaitais dédier ce modeste article à Eric qui va bientôt repartir au péi, vers le plus beau pays du monde : Notre Bretagne. Je t’embrasse.

29 Mai 2016 - Trail du Colorado
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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 11:06

Dimanche dernier, l’Athlétics-Club-des-Marsouins organisait la 2éme Edition de la Course de Côte de TAKAMAKA. Pour le parcours, une montée sur bitume d’une distance de 14 Kms pour un dénivelé positif de 690 m. Après un départ au niveau de la RN 2002 Bourbier les bas, nous avons emprunté le Chemin Maingard, la RD53 Chemin grand fond avec une arrivée donnée sur l’Aire de pique-nique de TAKAMAKA.

 

Après une arrivée tardive sur le site de départ, je commence mon échauffement. Malgré l’heure matinale (6h 30), je ressens rapidement la chaleur. Je salue mes collègues de Déniv, des coureurs connus comme Daniel Guyot, François Bardel ou encore Eric Lacroix.

 

Je ne connais pas le parcours mais j’imagine très bien ce qui m’attend. Et cela me fait envie. Une ascension d’environ 1 h 10 qui s’intègre totalement dans ma prépa Grand Raid. Et oui, mon esprit est déjà tourné vers le mois d’octobre 2016. Je vais essayer de grimper à une allure constante, et surtout de ne pas arriver cramer. Au vu de ma grosse semaine d’entrainements, j’attends de voir comment mes jambes vont réagir.

Un petit bisous à Léane avant le départ. 

 

 

17 Avril 2016 - Course de Côte de TAKAMAKA
Photo : club organisateur

Photo : club organisateur

Photo : club organisateur

Photo : club organisateur

Photo club organisateur

Photo club organisateur

7 H 00, les coureurs se retrouvent derrière une ligne virtuelle. Il n’y a pas foule et ce n’est pas pour me déplaire. Cela fait du bien de retrouver des courses à taille humaine. 100 participants prêts à en découdre.

Top départ, et me voilà en 20 ème position. Au vu des coureurs présents, j’aimerai accrocher un top 15. Un groupe se constitue composé d’Eric Lacroix, Patrick Essob, Lucas Piccin, François Bardel, Geraldo Trules, Jean Bernard Dijoux.

Je me concentre sur mon allure, fait abstraction des autres concurrents. Le rythme est soutenu, je me freine. Je me retrouve derrière un groupe de trois jeunes coureurs. Les juniors sont dans la place. Je prends un petit coup de vieux à leur côté. Un bruit mécanique m’interpelle. Je cherche du regard. Un scooter nous suit. J’espère que cela ne va pas durer longtemps car c’est désagréable. Notre groupe explose. Je me retrouve seul.

 

 

17 Avril 2016 - Course de Côte de TAKAMAKA

Nous voilà sur la départementale qui monte vers l’arrivée. Je gère ma progression en m’aidant des bornes kilométriques. Pas besoin de se retourner pour savoir si on me suit. En effet, le scooter se situe à une vingtaine de mètres. Il accompagne un coureur à pied et un coureur cycliste. Où plutôt, un scootériste et un cycliste accompagnent un coureur à pied…. Ils encouragent leur poulain, lui donnent des conseils. Ce qui m’exaspère, c’est ce bruit de moteur. J’essaye de lâcher ce petit monde mais je n’y arrive pas. Au contraire, ils me doublent. J’accroche mais je dois me frayer un passage. Le cycliste indique quand même à son collègue scooteriste de faire attention au coureur. Merci, oui je suis là !

 

Plus nous prenons de la hauteur et plus la nature s’offre à nous. Le parcours est très agréable. Je suis plus à mon aise quand la pente devient sévère. A chaque virage je relance en faisant attention de ne pas glisser sur les goyaviers qui jonchent le sol.

17 Avril 2016 - Course de Côte de TAKAMAKA
17 Avril 2016 - Course de Côte de TAKAMAKA

1 H 00 de course, j’accélère, lâche le trio, rattrape un coureur, le laisse sur place. J’aperçois les kiosques. L’arrivée est proche. Je franchis la ligne en 1 h 03 mn 43, à la 10 ème place ( 5 ème senior). Une belle course, une bonne organisation. Je conseille cette course, notamment si on apprécie le bitume et les côtes !

Photo : Club Organisateur

Photo : Club Organisateur

17 Avril 2016 - Course de Côte de TAKAMAKA

1 00:55:13 TRULES GERALDO

2 00:57:43 LACROIX ERIC

3 00:57:44 ESSOB PATRICK

4 00:59:11 DIJOUX JEAN-BERNARD

5 00:59:45 PICCIN LUCA

6 01:00:47 BARDEL FRANCOIS

7 01:01:28 HEBERT JIMMY

8 01:01:57 MAILLOT JEAN DANY

9 01:02:18 CORBEL YVONNICK

10 01:03:43 MOISAN ARNAUD Club Déniv (5 ème sénior)

11 01:04:13 Vidot Joey JU

 

 

Femmes:

1 ère : 01:17:04 FANCHIN VIVIANE Club DENIV

2 ème : 01:17:23 BITROU-GAILLARD ANNE Club DENIV

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 17:47
27 mars 2016 - Foulées de la Trisomie 21  - 974

Dans le cadre de la journée mondiale de la Trisomie 21, une manifestation conviviale s’est tenue ce dimanche 27 mars 2016 à La Plaine des Cafres. 600 personnes se sont mobilisées que ce soit en effectuant la marche de 5 kms ou la course de 9 kms 400 (GPS d’un coureur).

Afin de soutenir les actions de l’association Trisomie 21-974 (Geist 21 : , j’ai souhaité participé à cet évènement. Courir pour une noble cause est toujours une source de motivation, d’autant plus quand cette cause nous touche personnellement. J’ai couru, bien sûr pour les personnes porteuses de Trisomie 21, mais également pour les autres jeunes et moins jeunes porteurs de Trisomie plus rare comme c’est le cas pour mon jeune beau-frère Mathieu. Sans oublier Maxime, mon cousin déficient intellectuel.

 7 H 00 du matin sur le site du Champ de foire du 28 ème Kms à la Plaine des Cafres, je retire mon dossard. Rien qu’en marchant, j’ai les jambes « lourdes ». Quoi de plus normal, après la course de la veille. Je me décide à faire un long échauffement pour essayer d’atténuer les courbatures. Il pleuvine, le temps est frais, nous sommes à 1600 m d’altitude. Le décor est somptueux, entre pâturages et montagnes. En m’échauffant, je repère une partie du circuit et découvre que nous allons empruntés quelques portions de sentiers. Heureusement, j’avais pris mes chaussures de trail, au cas où…

8 H 00, le départ est donné. Je me retrouve autour de la dixième place. Je trouve rapidement mon rythme. Au bout d’un km 500, je passe devant Nath et Léane. Cette dernière m’encourage en criant au maximum de ses possibilités.

Photo : Vincent Nativel

Photo : Vincent Nativel

Après 10 minutes d’efforts, je commence à rattraper des coureurs, à les doubler. Je suis à mon aise, notamment dans les parties techniques.

Photo : Vincent Nativel

Photo : Vincent Nativel

Etonnement les jambes répondent bien. Un coureur me double, me propose de l’eau. Je décline l’offre. Merci à lui. Il s’agit d’Alexandre Payet, un bon et sympathique coureur, qui lui aussi à participer au relais Transrun Semi. Nous courrons ensemble avant que je reparte de l’avant.

 

Nous avons passé la demi-heure, et alors que nous abordons un long faux plat montant, j’augmente mon rythme. Je me rapproche des deux coureurs qui me précèdent. Le sprint final s’annonce mais je n’arrive pas à combler l’écart.

 

Je franchis la ligne sous les acclamations des bénévoles venues nous faire une haie d’honneur. Je finis 5 ème place en 34 mn 40. Très belle satisfaction.

 

Merci à l’ensemble des bénévoles pour votre implication, pour la très belle ambiance. Merci à l’association organisatrice d’avoir mis en place un tel évènement.

 

L’année prochaine, les foulées de la Trisomie 21 auront lieu à la même période. Un 10 kms officiel, mesuré FFA, sera au programme.

Résultats :

1 er LALLEMAND Kevin 33:36

2 eme RIVIERE Lucas 33:51

3 eme GONTHIER David 34:33

4 eme LOUMAGNE Pascal 34:37

5 eme MOISAN Arnaud 34:40

6 eme LEFEUVRE Jerome 34:50

7 eme PAYET Alexandre 34:54

27 mars 2016 - Foulées de la Trisomie 21  - 974
Photo : Céline Tartine

Photo : Céline Tartine

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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 19:10
26  MARS 2016 - RELAIS SEMI TRANSRUN

Transrun 2015, un de mes meilleurs souvenirs vécus dans le sport. Avec une équipe de copains (Olivier, Noé, Sarah, Gino, Bernard), nous avions remporté le relais Semi Transrun 1 ère édition. Une team avec des coureurs de tous niveaux où les compétences de chacun avaient été optimisées pour atteindre un objectif que nous avions rêvé et finalement atteint. Une équipe mixte qui remportait la victoire au scratch. Quel fierté d’avoir participé à cette aventure, d’avoir partagé des moments intenses en émotions. Un magnifique souvenir.

26  MARS 2016 - RELAIS SEMI TRANSRUN

Transrun 2016, une nouvelle aventure avec de nouveaux partenaires de jeu. Je reviens pour défendre mon titre. Depuis le début de l’année 2016, je fais partie de la toute nouvelle Team Cilaos. Cette course sera la première sortie des 12 coureurs composants cette belle équipe. Nous sommes ambitieux et assumons le statut de favoris que certains nous donnent. Le concept de la course et bien 75 kms (1259 m de D+) à se partager à 6, de Hellbourg à Saint Denis.

 

Voilà la composition de l’équipe :

Relais 1 : Hellbourg – Sentier scout : Gerry Perrault

Relais 2 : Sentier scout – Dos d’Ane : Francesco Cucco

Relais 3 : Dos d’Ane – La Possession : René Fred Fontaine

Relais 4 : La Possession – La Grande Chaloupe : Vincent Techer

Relais 5 : La Grande Chaloupe – Le Colorado : Arnaud Moisan

Relais 6 : Le Colorado – Arrivée Parc de La Trinité St Denis : Gino Lee Song Yin

Gerry à gauche

Gerry à gauche

26 mars 2016, Hellbourg, le départ est donné à 4 heures. Je dors, Gerry avance pour nous. C’est chouette les relais ! J’obtiens des nouvelles régulières grâce à Ti Sinoi Noir futé alias Gino. Les sms fusent. C’est ainsi que j’apprends qu’à dos d’Ane, le team Cilaos a pointé en même temps que l’équipe Dénivelé positif. Ce sms m’envoie un gros coup de pression. C’est chaud, c’est bon !

 

Je me prépare car dans deux heures, ce sera à moi de jouer. Je suis empreint de doutes. Depuis le 23 décembre 2015, je traine une vilaine tendinite au tendon d’Achille gauche. Durant deux mois, j’ai dû me soigner, freiner mes envies d’entrainements, me faire une raison en choisissant les séances de kiné plutôt que les séances de fractionnées. Cela fait quasiment un mois que la douleur s’est endormie, que j’ai repris un entrainement sérieux, mais je ne suis pas serein. Et si la douleur se réveille, et si le manque d’entrainement était préjudiciable pour mon équipe, et si, et si…. La situation de duel qui s’annonce me fait encore plus stresser. Natacha me rassure. J’ai toujours été un coureur solitaire, je touche à des aspects nouveaux du sport.

 

J’arrive à La Grande Chaloupe. J’y retrouve Yannick, le relayeur de l’équipe Dénivelé positif. Nous nous connaissons bien puisque nous appartenons au même club Déniv, et nous nous entrainons souvent ensemble. Au vu du profil du parcours qui s’annonce, je le sais, il le sait, le bon grimpeur sur du court, c’est bien lui. Je suis un compétiteur, je donnerai tout, faites-moi confiance pour ça. J’attends le sms de Gino, synonyme du départ du relayeur 4 Vincent. Voilà, top, Vincent vient de quitter La Possession. Dans 40 mn, estimation prévue, il va arriver.

 

Je commence mon échauffement. Les informations me parviennent, René Fred a fait une magnifique descente. Nous possédons désormais 7 mn d’avance sur les Dalons Lé O et 7 mn 30 sur Dénivelé positif. Lors de l’échauffement, le relayeur des Dalons Lé O m’informe qu’il a fait 9 ème à la Mascareignes. Ok,…. Il fait chaud, je m’hydrate au maximum. Je vais pointer, fais vérifier le matériel obligatoire. Je demande où doit précisément se passer le relais. On me répond, peu importe, que j’ai le temps, ce n’est pas comme au relais du volcan. Si si, c’est important car chaque seconde compte. L’année passée, nous gagnons pour 8 secondes !

 

Mes coéquipiers arrivent, René Fred et Gerry. Ils s’agitent au loin, je comprends que Vincent arrive. Je regarde ma montre 40 minutes. Il est à l’heure ! J’apprendrais plus tard que les Dalon Lé O sont arrivés 5 mn plus tard, et Dénivelé Positif 10 minutes après mon départ.

 

 

Me voilà parti pour mes 8 kms 500 de montée en direction du parc du Colorado (820 D+). Ce parcours et bien je le connais par cœur. Normal, j’habite à La Montagne à 1 km du parc. Je me retrouve donc en tête de course et comment vous dire, c’est excitant et super stressant. Où sont les autres coureurs, vont-ils revenir sur moi,….. Le point positif, c’est que je ne cherche pas mon chemin.

 

La première partie et bien j’alterne marche et course. C’est la portion la plus rude en termes de dénivelé. Il ne faut pas s’enflammer car la sanction sera sévère. Dès que je peux, je relance. Je pense au Team, aux secondes grappillées par chacun, je ne veux pas perdre de temps. Mon souffle s’accélère. J’essaye de me calmer. Je suis plus habitué aux 170 kms donc mes repères sont chamboulés. Je double quelques randonneurs, il n’y a pas foule. Quelle sensation étrange d’ouvrir une course…. La Montagne, pas grande monde. Christopher Mithridate m’encourage. Dès que j’atteins la route de ST Bernard, j’envoie. Je me transcende. Nath et Léane m’encouragent et me donnent encore plus d’énergie. Les gars de la boutique n’en ont rien à faire de moi, je ne boude pas.

 

Les terres rouges, je cours quasiment non-stop. La dernière partie, et bien je sais que je ne lâcherai plus. Je visais au mieux un 1 h 10, je peux boucler le truc en 1 h 00. Allez, lâche pas. Gino t’attend, il doit tourner comme un lion en cage. La boule du Colorado, la dernière descente. J’accélère encore et encore. Au loin Gino, Nath, Léane qui crient, qui m’encouragent. Me voilà, j’ai l’impression de décoller…. Dans les dernières foulées, je détache mon dossard pour le transmettre au plus vite à Gino. 1 H 00 mn 20, voilà c’est fait. A Gino de jouer. A toi la pression !

26  MARS 2016 - RELAIS SEMI TRANSRUN
26  MARS 2016 - RELAIS SEMI TRANSRUN
26  MARS 2016 - RELAIS SEMI TRANSRUN
26  MARS 2016 - RELAIS SEMI TRANSRUN
26  MARS 2016 - RELAIS SEMI TRANSRUN
26  MARS 2016 - RELAIS SEMI TRANSRUN

Hassen, collègue de club me félicite ainsi que Yoann de l’équipe ouest trail. Je regarde attentivement mon chrono afin de prendre l’écart avec les autres équipes.

 

Au bout de 12 minutes, toujours rien, je décide de partir afin d’informer Gino. Le temps de récupérer la voiture et me voilà sous le pont Vin San. Je retrouve Alexandre Charletine (1 er relayeur du team dénivelé positif) qui m’informe que Gino est déjà passé. Ah bon ! Je le félicite pour son très bon relai matinal et m’enfuis au plus vite.

Je retrouve Gino au front de mer et l’informe des écarts.

Allez direction le site d’arrivée où je rejoins avec joie tous mes coéquipiers. Au loin, un cri, un sourire, une voix reconnaissable entre mille, c’est Gino. Nous nous retrouvons afin de finir les 100 derniers mètres ensemble. Le Team Cilaos remporte le Relais du SEMI TRANSRUN en 8 h 00 mn 22. Nous avions espéré un temps de 8 h 00 mn 00.

26  MARS 2016 - RELAIS SEMI TRANSRUN
26  MARS 2016 - RELAIS SEMI TRANSRUN
26  MARS 2016 - RELAIS SEMI TRANSRUN

Quelques minutes plus tard, Damien pour le team Dénivelé Positif franchit la ligne, suivi du team Dalon Lé O. Nous nous saluons et commençons à refaire la course. Un bon esprit pour clôturer cette belle épreuve, une compétition saine entre coureurs passionnés.

 

 

Mais, mais, ce n’est pas finit, nous attendons les filles Gazées du Team Cilaos. Elles ne tardent pas en prenant une 9 eme place au scratch. Enorme les filles ! 1 ere équipe féminine du relais Semi Transrun 2016. Nous sommes tous heureux, la vie est belle, pétillante !

26  MARS 2016 - RELAIS SEMI TRANSRUN
26  MARS 2016 - RELAIS SEMI TRANSRUN
26  MARS 2016 - RELAIS SEMI TRANSRUN

Et comment ne pas parler des amis d’Art Elec. Les copains qui ont fait une magnifique course en prenant la 20 ème place. Ils étaient heureux pour nous et nous pour eux. C’est chouette le sport.

 

 

26  MARS 2016 - RELAIS SEMI TRANSRUN

Mais j’y pense, il faut que je rentre, j’ai une course demain !

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24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 18:23
TEAM CILAOS -  2016,  ça coule de source

Une nouvelle aventure se présente à moi. J'ai l'honneur d'intégrer le tout nouveau Team CILAOS.

 

" La Force et la Minéralité du Piton Des Neiges au service des Trailers "

 

De part sa composition et son goût, l'eau de Cilaos est avant tout dédié au plaisir et au bien être vital des Réunionnais. Ce sont ces attributs qui la caractérisent mais ils n'ont pas été inventés : ils proviennent du seul fait qu'elle est issue d'une source minérale naturelle, la seule source de ce genre à la Réunion.

TEAM CILAOS -  2016,  ça coule de source

L'association eau de Cilaos et trail "coule de source". L'eau sera le support et alimentera le team alors que ce dernier deviendra son visage public et son premier vecteur de communication.

 

Constitution du Team :

FONTAINE Fabiola

DUPUIS Charlotte

CERVEAU Sandra

GIGAN Elodie

LEE SONG YIN Sonia

DUMONT Bernadette

CUCCO Francesco

FONTAINE René- Fred

LEE SONG YIN Gino

PERRAULT Gerry

TECHER Vincent

MOISAN Arnaud

TEAM CILAOS -  2016,  ça coule de source
TEAM CILAOS -  2016,  ça coule de source

Valeurs :

L'eau :Pureté originelle, Minéralité, Thermalisme

Le Team :Dépassement de soi, Equité, Contact avec la nature

 

Vision :

L'eau : il y a de l'energie dans l'eau de Cilaos

Le Team : il faut se dépasser pour atteindre ses objectifs

 

Promesse :

L'eau : Détente et convivialité

Le Team : Partage, solidarité et parité

 

Mission :

L'eau : Apporter plaisir et vitalité

Le Team : La performance individuelle dans un esprit d'équipe

TEAM CILAOS -  2016,  ça coule de source
TEAM CILAOS -  2016,  ça coule de source
TEAM CILAOS -  2016,  ça coule de source

Partenaires :

SALOMON

 

TRAIL SPORT

 

PETZL

 

RANDORUN

TEAM CILAOS -  2016,  ça coule de source
TEAM CILAOS -  2016,  ça coule de source
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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 11:06

10450934_10203680232620350_2391189577085478436_n.jpg        Le principe du Trail urbain de St Denis est une course à pied originale, en ville, en nocturne avec un peu de dénivelé, à travers les différents quartiers dionysiens en passant par des sentiers, des escaliers (beaucoup d’escaliers), des rues piétonnes ou non, des bâtiments historiques sans oublier des restaurants…

Après trois années en tant que signaleur, et suite à l’invitation de Patrick, l’organisateur, je décide de prendre un dossard. La course me servira de dernier test vitesse avant le grand raid. Jouant à domicile, je connais la majorité du parcours mais il va falloir rester vigilent. En effet, les ruelles vont se succéder, les changements de directions seront nombreux. J’espère que les remarques des années passées seront bien prises en compte afin que le balisage soit de qualité.

Je considère qu’un trail urbain ne peut être qu’une fête où tout le petit monde de la course à pied se réunit. Sur la ligne de départ, des trailleurs côtoient des routards, et cela n’est pas si fréquent. La distance de 24 kms permet aussi de rester accessible au plus grand nombre. C’est une épreuve conviviale, qui a la particularité de me faire rire. J’attends la surprise et finalement j’en demande encore plus. J’ai d’ailleurs échangé à ce sujet avec Patrick. Les idées sont nombreuses, il faut juste voir si elles sont réalisables (jardin de l’état, préfecture, un parking souterrain, une école, un supermarché, une église,…. Tout est possible, non ?).

Samedi 27 septembre 2014. Je m’échauffe pendant 30 minutes afin de préparer l’organisme à l’effort intense qui va avoir lieu. Il va falloir être réactif. Je croise Raphael avec qui j’effectue quelques foulées. Je salue les différents coureurs du team ogres péi puis Gino, Lionel et des anciens collègues de boulot. Finalement, il y a pas mal de coureurs que ce soit sur le 24 ou le 10 kms. Les favoris du jour sont au nombre de quatre, Simon Paillard et Fabrice Armand vainqueur ex aequo du championnat régional de trail court, Jean Patrice Payet, vainqueur en titre et Jeannick Boyer, surement le meilleur traileur de l’île sur le court.

L’ambiance est bon enfant, la musique de bon goût, les speakers s’enflamment en nous mettant dans les conditions d’un championnat du monde d’urban trail. Patrick n’ayant pas obtenu l’autorisation d’utiliser la route, nous nous apprêtons à slalomer entre le mobilier public, poubelle, lampadaires et autres murets. Sur la ligne de départ, je choisis de me positionner de sorte que je ne sois pas gêné. Top, c’est parti ! Je donne un coup d’accélérateur, me retrouve dans les cinq premiers, ce qui m’évite l’embouteillage.  Seulement quelques foulées et Jeannick s’envole déjà. Il se retourne et constate qu’il a déjà creusé l’écart. Je me retrouve déjà seul. Nous longeons l’océan et passons à côté de la gare routière. Un joggeur m’interpelle en me disant « le départ, ce n’était pas à 18 h 30 ?!?!». Je lui fais un signe de main et lui répond « non, désolé, c’était à 6 heures »….

Seulement 1, 5 kms de parcouru, et déjà les écarts sont important :

Jeannick Boyer

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Sur tout le front de mer, les trajectoires sont multiples. Chacun essaye de trouver le plus court mais aussi le plus économique. Je reste sur la route. On m’annonce 12 ème. J’aperçois la tête de course, ce qui me surprend…. Suis-je partis trop vite ? Je me sens bien donc je décide de garder cette allure. Juste devant, un groupe de trois emmené par Franck Rivière, 5 ème de la dernière Mascareignes. Je ne force pas pour faire la jonction. Je ne veux pas me griller, d’autant plus que je sais pertinemment que cela va revenir de derrière. Je parie même sur le retour imminent d’Olivier du team Deniv Running Conseil. Et qui voilà, Olivier. J’échange quelques mots et décide de rester à son rythme. Nous longeons le cimetière. Je pense très fort à Eric. Je viendrai d’ailleurs lui déposer ma médaille après la course.

Je prends finalement la tête d’un groupe de 4 coureurs composé entre autres d’Olivier et de Franck. Ma connaissance du parcours est un atout pour les autres. Olivier Cadet fait une petite vidéo. Du côté de l’esplanade de champ Fleury, Olivier accélère. Ma raison m’oblige à le laisser partir. Je prends toutefois le temps d’observer sa belle foulée. Il est vraiment impressionnant.

 Nous sommes en direction du parc de la Trinité, lieu où je m’entraine fréquemment. Je reviens sur Olivier à l’entrée du parc. Nous entamons une grosse montée au niveau du « volcan ». Je marche, m’alimente alors qu’olivier grimpe en trottinant. Il me lâche et s’éloigne de nouveau. Je continue ma course, la nuit tombe mais je veux allumer ma lampe au dernier moment. Pas de raisons particulières à ce choix, c’est comme ça, je suis têtu. Pour le moment, aucun problème de balisage. Des rubalises, des flèches à la chaux sur le bitume et des signaleurs aux carrefours dangereux.

Nous empruntons un nouveau sentier du cœur vert dionysien, le long du boulevard sud. L’allure est rapide sur cette zone roulante. Il faut toutefois rester vigilent lors des traversées de route. Voilà le grand baobab des camélias, et ensuite c’est l’allée des cocotiers. Je monte les marches au rythme du rouleur placé au sommet de cette grimpette. Mon rythme cardiaque s’élève. La musique m’a transcendé et mis dans le rouge. Je réduis l’allure et m’élance dans la descente menant au départ du sentier de l’ONF. Attention aux voitures. Nous courons sur la voie de gauche puis de droite puis de gauche. Virage serré sous les encouragements d’Olivier Cadet, je quitte alors le boulevard de la Providence. J’aperçois difficilement les coureurs qui me précèdent. Du coup, je me recentre sur mes sensations. Dans la montée de l’ONF, je décide de faire une grosse montée. La pluie de ces derniers jours a rendu le sentier glissant. Je cours l’intégralité à une allure élevée. Personne devant et derrière. Dans les racines, je ne lâche pas, m’amuse même à relancer. Dans la dernière partie, j’entends du bruit mais je n’arrive pas à identifier si cela vient de devant ou de derrière. En sortant du sentier, des spectateurs me disent que des coureurs sont justes devant.

Je dévale les pentes de Bellepierre et aperçois des coureurs dont Olivier. Je suis étonné et me dis que la jonction est possible. Je me rapproche progressivement d’eux. Dans ce secteur, il est facile de se perdre. Moins de balisage, moins de signaleurs, c’est un peu la galère. Je me plante une fois mais cela n’est pas trop grave car je m’en aperçois rapidement, donc pas plus d’une minute de perdu. Cela faire rire des riverains, moi un peu moins. Après m’être fait aiguiller par des enfants au milieu des immeubles, je débarque à l’hôtel Bellepierre où se déroule le ravitaillement. Je bois un verre d’eau et repart.

La suite, c’est une succession de petits sentiers qu’il faut pouvoir trouver. Le balisage toujours aussi discret oblige à une attention de tous les instants. Dans le quartier de la source, plus personne devant moi,…   J’entends alors des pas juste derrière. Je me retourne et aperçois trois coureurs. Je peste en me disant qu’ils ont dû couper pour revenir aussi soudainement. Finalement, je me rends compte qu’il s’agit d’Olivier et de Franck. Ils se sont trompés de parcours. Nous continuons ensemble. Olivier mène le rythme et cela ne chôme pas !

Au-dessus de la tranchée couverte, nous avons des doutes sur le chemin à prendre. Nous nous arrêtons, rallongeons un peu le parcours. Finalement, nous reprenons notre course en avant.

La partie suivante est une succession de longues lignes droites qui vont nous mener rue Général de Gaulle. Olivier fait parler sa vitesse et nous lâche d’une manière hallucinante. Franck lui aussi s’étonne. Un passage devant mon boulot avant de descendre dans le bas de la rivière. Les écarts deviennent importants. Olivier n’est plus visible ! Nous enjambons le muret et nous voilà dans le fond de la rivière St Denis. Pour ne pas se mouiller nos petits petons, nous empruntons des passerelles faites de palettes. Des bénévoles nous indiquent le chemin. Et voilà la montée de notre dame de la délivrance, courte mais bien violente (la montée, pas Notre Dame !). Je ne m’enflamme pas et profite de ce temps d’accalmie au niveau du cardio pour me ravitailler. Tout va bien. Je suis tout proche de Franck, reviens sur lui à l’entrée de la cité militaire. Le ravitaillement à lieu au niveau d’un lieu historique, le fortin de la redoute. Ce monument vient d’être rénové grâce à des associations, le ministère de la culture et les Faszoi. En 1810, Français et Anglais se sont battus pendant de 24 heures au pied de cette bâtisse, une bataille historique pour l’avenir de La Réunion et de l’île Maurice

Patrick m’avait dit que l’on ferait un tour du fortin. Du coup, quand le bénévole me dit de faire le tour je comprends de quoi il me cause. Alors que je tourne, Franck devant moi se retourne et s’interroge, « c’est par où ? ». Je le rassure, « continue !, on doit faire le tour ! ». Une fois sortie, nous traversons ensemble la cité militaire de la Redoute. Ensuite, nous faisons notre entrée dans le secteur de la coulée verte, petit joyau bien caché. Par contre, surprise, nous ne passons pas par le sentier mais bien par le chemin bitumé. Au bout de quelques minutes, alors qu’il n’y a aucun balisage, je doute. Finalement, nous apercevons un signaleur.

Franck me demande si c’est encore long. Je lui décris ce qu’il nous reste à faire. Il est surpris et me dit que cela va être dur de tenir ce rythme. Nous le conservons pourtant et revenons dans le bas de la rivière. Dans les escaliers ti quat sous, je monte les marches trois par trois. Ça pique !

Ensuite, nous sommes dirigés vers la Mairie, oui la mairie. Nous voilà en train de courir dans l’hôtel de ville. Je demande à qui veut l’entendre : «  où est le maire ? ». Nous déboulons sur le tapis rouge et sortons rue de Paris. C’est à cet instant que Franck place une accélération. Je le vois s’éloigner sans pouvoir répondre.  Dans un angle de rue, je traverse très rapidement le restaurant Pom de Pain. J’évite de justesse un fauteuil !

Olivier :

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Franck : 

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Ensuite, c’est le parcours urbain par excellence, ruelles, rues piétonne, escaliers. Je cours entre des badauds qui se promènent, qui boivent un verre. Ils m’encouragent, c’est chouette. Et le clou du spectacle, c’est la traversée d’une pizzéria. Dérapage entre les tables et les serveurs, j’adore. Entre deux bouchées, les mangeurs de pizza nous encouragent. C’est royal !

Passage devant la préfecture et remontée de la rue Lucien Gasparin. On m’annonce 9 ème. Je dois conserver cette place. Ce qui me rassure, c’est que même si je ne peux pas accélérer, je ne me sens pas du tout en défaillance. Je conserve donc mon rythme. Quelques mètres devant, Franck est toujours à ma portée. François fait quelques foulées avec son coach avant de m’encourager. Le dernier km se fait au train, sans stress. Je prends du plaisir. Je sais que toute la famille m’attend. Je suis tout simplement heureux, fier de cette belle course, de ce beau top 10. Franck vient me féliciter. Bravo à lui. Je retrouve Olivier qui finit 7 ème. Bravo aussi à lui, surtout qu’il s’est décidé de venir au dernier moment. Quelques minutes plus tard Gino, Gilbert et Noé arrivent sur le site d’arrivée au Barachois. Tout le monde est satisfait, c’est cool. Prochaine course pour nous tous : Le Grand Raid ! Je ne sais pas si on va autant s’amuser !

Pour finir, je suis très fier de la performance réalisée par Natacha et par ma maman qui ont participé et terminé leur premier trail ! Félicitations, vous êtes des championnes !

1 PAYET Jean Patrice 01:41:00

2 PAILLARD Simon 01:41:06

3 BOYER Jeannick 01:41:45

4 JUILLEROT Emmanuel 01:43:31

5 MORIN Fred 01:50:21

6 ARMAND Fabrice 01:50:21

7 PINCE Olivier 01:51:45

8 RIVIERE Franck 01:52:16

9 MOISAN Arnaud 01:52:22 SEM -   6 SEM 

10 CROCHET Laurent 01:53:00

 

20 LEE SONG YIN Gino 01:58:04

21 LAHIRE Michel 01:58:25

22 AH FAT Gilbert 01:58:49

23 ROBERT Noe 01:58:49 

 

40 MAREUX Eugenie 02:07:42

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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 15:22

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Le 17 septembre 2014, j’ai participé au raid Tuit Tuit que je peux considérer comme la course de mon quartier. Et quel beau quartier ! Un trail de 29 kms nous menant du stade de la Redoute à celui de St Bernard en passant par le Colorado, St Bernard, La Fenêtre, la piste d’Affouche et le domaine Fleurié. Mais pourquoi le tuit tuit ? Allez une fois n’est pas coutume, je vous mets quelques informations sur cet animal endémique du nord de l’ile de la Réunion.  

Femelle-TT---auteur-F -Theron-SEOR

« Tragique. La fin du tuit-tuit, qui a au moins autant de raisons de disparaître de la surface du globe que n’en avait le Dodo, relève d’une tragédie écologique dont les tenants sont d’autant plus solides qu’ils sont encore en partie inexpliqués. Cet oiseau endémique de La Réunion, que Pollen, le premier naturaliste à l’avoir observé en 1866, avait confondu avec « une grosse grive blanche », semble avoir été repoussé vers les hauteurs de Saint-Denis par la pression des prédateurs : l’homme, le rat, le chat… »    

« Depuis cinq ans, la population des tuit-tuit augmente régulièrement (6 % par an en moyenne) et la dernière saison affiche même une hausse de 15 %. Surtout, la proportion de femelles progresse et c’est ce qui rassure le plus les observateurs de la Seor. Ils ne sont plus que deux mâles à se disputer une femelle au lieu de trois. La période des amours de cet été s’annonce donc la plus féconde de toutes depuis que l’oiseau fait l’objet d’une protection rapprochée. »

Au stade de la Redoute, nous sommes près de 500 coureurs à nous retrouver. A noter que la liste des favoris est assez longue, championnat de trail court oblige. Alors que Léane joue au ballon avec sa maman sur le stade de football, je m’échauffe durant 30 minutes. Je croise Noé, Zyaad, Olivier, Gino et pleins d’autres. Ce qui me fait halluciner, c’est tous les « bonjour arnaud ». Je ne connais pas ces gens, ils me connaissent.

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C’est l’effet blog et réseau social. Je les salue et continue mes tours de pistes. Jérome Désiré, au micro, s’enflamme à plusieurs reprises en ce qui concerne le duel annoncé entre les titans Zyaad et Olivier. Ils ont la pression !

Je suis concentré, j’ai envie de faire une belle course. C’est un objectif, mais je ne perds pas de vue que cela reste qu’une étape sur le chemin escarpé du grand raid. En effet, en l’espace de trois semaines, je vais participer à deux formats court afin de re goûter à l’intensité et donc faire un rappel de vitesse.      

Le départ va être donné. Devant nous, une grosse poule et un joli oiseau. La mode du déguisement sur les trails commence à pointer le bout de son bec.

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Top départ. J’ai l’impression de me retrouver aux France de cross. Tout le monde s’élance comme des fusées. Je me fais doubler encore et encore. Incroyable. Au loin, j’aperçois la tête du peloton emmenée par Simon Paillard et Jean Eddy Lauret. Un tour de piste et un tour de stade, un coucou à Léane, et me voilà sur le chemin menant au pont Vin San. Alors que j’aperçois Lionel qui me précède d’une vingtaine de mètres, j’entends la voix de Gino qui interpelle Noé. Ils sont justes derrière moi. Gino me dépasse, je le laisse filer. Principe de base, ne pas s’occuper des autres. Il semble très motivé. Ce format lui correspond bien, il peut faire une très belle perf. Je passe sous le pont après 6 mn 36. 

La tête de course :

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Nous voilà sur le sentier du Colorado. Cela bouscule dur. Deux gars en viennent presqu’aux mains. Nous n’en sommes pas au point d’avoir des embouteillages, ce qui ne sera pas le cas pour tout le monde. Rapidement, je me fais dépasser par Anne Cécile Delchini. Je décide de lui emboiter le pas. Elle monte de manière régulière, c’est parfait. J’ajuste sur certaines portions en m’autorisant à marcher. Je commence à connaître tous les pièges de ce sentier. Faut dire que j’y passe très régulièrement dans le cadre de mes entrainements.  Noé, « mon protégé » me suit. Je décide de ne pas m’occuper de lui. C’est sa course test, il faut qu’il apprenne, qu’il emmagasine tous les conseils d’avant course et nous ferons le bilan après. Progressivement, il lâche. Il ne force pas pour me suivre, c’est tout bon.

A mi pente, Fred est là et m’encourage. Je discute avec lui, je me sens bien. Cela me rassure, je monte donc à ma main. ¾ de pente, Claire Nedelec nous revient dessus et nous passe à vive allure. Anne Cécile piquée à vif la rejoint de suite. Moi, et bien j’en fais de même. Je me retrouve au cœur d’une belle bagarre sportive et féminine. Claire accélère, Anne Cécile ne lâche rien. Dans les portions les plus raide, Anne-Cécile repasse devant, Claire à son tour ne lâche rien. Nous débouchons tous ensemble sur la piste du Colorado. La montée en 36 mn 20, tout roule ! Claire marche quelques pas, Anne Cécile s’envole, moi je temporise. J’aperçois Gino deux cent mètres devant. Je suis surpris qu’il soit si proche.

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Un ravitaillement express et c’est la descente vers St Bernard qui s’annonce.

Je me fais plaisir sur ce sentier monotrace où il ne faut pas avoir peur d’envoyer. Ce qui est le plus pénible, c’est les fous des sentiers qui reviennent sur toi et limite te pousse dans le décor.

Lionel :

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Gino :

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Anne Cécile Delchini :

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Dans les terres rouges de St Bernard, je retrouve François Bardel. Nous faisons un bout de chemin ensemble. J’essaye de courir dans toutes les montées. Mais c’est loin d’être évident car le pourcentage est élevé comme la température d’ailleurs. Au ravitaillement, je me vide de l’eau sur la tête. Sur cette partie roulante, François accélère. Je suis bien incapable de le suivre.      

Nous longeons la léproserie, et entamons une montée bien rude, celle du chemin béton du père Raymbeau. Concentré, je régule mon allure et remonte les coureurs un par un. Cette histoire se répète jusqu’à la route départementale. Un coureur me demande si c’est encore loin. Comment lui dire que les kilomètres à venir sont encore nombreux. Et bien, je le lui dis tout simplement. Pas sûr qu’il est bien fait de me demander.    

Me voilà dans le sentier menant à la fenêtre. Malgré la pente, je cours, je me sens à mon aise, comme si l’énergie venait au fur et à mesure de mon avancée. C’est un vrai plaisir, d’autant plus que le sentier est sec. 5 minutes après avoir débuté ce sentier, j’entends un cri devant moi, …. Une minute plus tard, j’arrive à la hauteur de Fatima Hibon qui s’étire, envahit de crampes. Je l’encourage, et continue ma route. Ensuite, je me retrouve seul. Les écarts sont désormais importants. De temps en temps, je reviens tout de même sur des coureurs. Mais c’est une espèce qui se fait rare dans le coin. Cette partie fait mal au moral et il faut s’accrocher. A ma grande surprise, je reviens sur Anne Cécile. J’hésite à la dépasser puis décide d’adapter mon rythme au sien. J’en profite pour m’alimenter, boire. Avant d’arriver à la piste d’affouche, nous doublons Damien, un dénivien, qui n’est pas au mieux. Je lui dis de s’accrocher mais bon je crois qu’il espérait beaucoup mieux et du coup, sa motivation est en berne.    

Voici le ravitaillement de la piste d’affouche, 2 h 08 d’effort, et là il y a du beau monde ! François se ravitaille comme deux pingouins à savoir les deux membres du team Gel Center, Gino et Alexandre. Je leur lance un petit mot mais ils ne semblent pas m’entendre. Je remplis ma gourde et décide de marcher une dizaine de mètres. A ce moment, je comprends que Gino pense que je l’attends. Pas le temps de le rassurer, qu’il part à son tour en lançant à Alexandre « allez suis nous, allez…. ». Et là, je vois un mirage, pas une hallucination mais plutôt un avion me dépasser. Déjà plusieurs mètres d’écarts. Je ne comprends pas. Je lui lance des «  gino tu vas trop vite ! ». Mais il continue à cette vitesse. Moi, je me cale de suite sur mon allure de croisière.    

7 kms de descente pour un temps prévu de 27 minutes (estimé par Gino himself). L’écart se stabilise avec Gino. Ce dernier est revenu sur Patrice Michel. Progressivement, je me rapproche d’eux. Je fais la jonction avec un coureur. Je l’encourage et continue de grappiller des secondes sur mon camarade Gino. Plus qu’une trentaine de mètres. Puis, à la sortie d’un virage, j’entends des bruits dans les buissons et vois le coureur que j’ai doublé, dossard 32, sortir de la végétation et me rejoindre. Surpris, je reste silencieux, et là je joue à la mauviette.  Je décide d’accélérer le pas, vous allez comprendre pourquoi. Le coureur coupeur adopte mon rythme. Il nous faut moins d’une minute pour rejoindre Gino. Il se retourne et se trouve content de mon retour. Je lui dis « Je vais vite, je suis vexé, le monsieur là, il a triché, il a coupé, ce n’est pas bien ». Du coup, ce que j’attendais c’est passé, Gino lui lance « c’est vrai ça ? ». Et le gars de répondre « oui mais je prépare le grand raid ». On rigole tous. Gino lui dit ouvertement que ce n’est pas correct et qu’il note son numéro de dossard…. Sur ce, j’accélère le pas et nous avançons à vive allure avec Gino et Patrice. Il nous aura fallu 27 minutes pour arriver au ravito ! Quant au dossard 32, nous l’avons distancé. Il doit pleurer après s’est fait grondé par le maître Gino.     

Allez, faut tenir bon, nous entrons dans la dernière partie de course. Encore une vingtaine de minutes avant de franchir la ligne d’arrivée. Nous nous relayons pour mener l’allure. C’est un moment bien sympa. Aux descentes se succèdent les descentes. Au moment où le sentier devient technique, mes comparses s’éloignent. J’ai des difficultés pour suivre leur rythme. Ce qui me sauve, c’est les remontées, les relances. J’arrive à conserver un rythme constant. Dans une partie plus roulante, alors que je suis derrière Gino, celui-ci s’écarte et me dis de passer. Ok, je suis très étonné. Je me retrouve alors seul.

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Patrice Michel :

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 Croyant approcher de la piste béton du chemin des anglais, je donne un coup d’accélérateur. Mais non, on n’y est pas. Dans un raidillon, je vois le retour de Gino et Patrice. Un drone nous survol, puis nous déboulons ensemble sur le chemin béton. Je dis à Gino que cela commence à être dur, il m’encourage. Mais finalement, alors que je relance, je me retrouve de nouveau seul. Et plus je cours, et plus je me sens bien…. Je reviens sur Yvan Caltret puis sur Willy Simme. La fin est proche, je relance sans cesse, je peux peut être passer sous les trois heures. Malgré une accélération sur le final, je loupe ce dernier objectif de très peu.    

Je suis heureux de ma course, de la gestion, de la forme du moment, du partage avec les copains, de cette belle 25 ème place.    

Heureux, je retrouve Léane et Nath. Ensuite, je cours vers Fabienne pour bénéficier d’un massage au Kalmanou. Une fois retapé, je parade sur le stade. Je me la joue à « la bronzé » en déambulant en slip. C’est la bonne ambiance. Noé finit 10 minutes derrière, cela est très prometteur et je vous dis que ce n’est pas finit !    

Dans quinze jours, nous allons tous nous retrouver dans le cadre du trail urbain de St Denis.    

1

ARMAND Fabrice

02:33:19

 

 

 

1

PAILLARD Simon

02:33:19

 

 

 

3

LAURET Jean Eddy

02:34:38

 

 

 

4

MITHRIDATE Fabrice

02:36:15

 

 

 

5

BOYER Elysee

02:38:05

 

 

 

6

CADET Jean Marie

02:39:19

 

 

 

7

ANANDY Didier

02:39:21

 

 

 

8

BERTAUT Nelson

02:40:18

 

 

 

9

OLIVAR Johnny

02:42:55

 

 

 

10

LAW HAM TIEN Yannish

02:43:07

 

 

 

11

ROBERT Thierry

02:45:33

 

 

 

12

SAUTRON Judickael

02:45:51

 

 

 

13

BARENCOURT FABRICE

02:46:45

 

 

 

14

BOYER Loic

02:47:17

 

 

 

15

BOYER Yohan jean laurent

02:47:56

 

 

 

16

BERTAUT Gauthier

02:51:10

 

 

 

17

ROBERT Theophane

02:53:03

 

 

 

18

TILMONT Lionel

02:54:34

 

 

 

19

GANGNANT Nicolas

02:55:54

 

 

 

20

ESPARON Richeville

 

 

 

 

 

25 eme : Arnaud Moisan 3 h 00 mn 20

26 eme : Patrice Michel 3 h 00 mn 57

27 eme : Gino Lee Song Yin 3 mn 01 mn 03

46 eme : Noé Robert, 3 h 10 mn 25

 

Anne Cécile Delchini : 1 ere feminine, 3 h 04 mn 3

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Claire Nédélec, 2 eme féminine, 3 h 09 mn 11

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Fatima Hibon, 3 eme féminine, 3 h 11 mn 35

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Félicitations à l’ensemble des finishers !
Fin montée 42'15''
+7' avec Fatima Hibon
Rav. Colorado (parking terminus) 00h49'
+22' avec Louis Victoire, François Bardel
Rav. Saint-Bernard 01h11'
+23' avec Anne-Cécile Delchini, Patrice Michel
Rav. CD41 01h34'
+33' avec Anne-Cécile Delchini, Fatima Hibon, Patrice Michel, François Bardel
Rav. Début descente RF Affouches 02h07'
+28' avec Alexandre Charlettine, Arnaud Moisan, Patrice Michel
Rav. Fin RF Affouches 02h35'
+26' avec Arnaud Moisan, Patrice Michel
Arrivée Stade Saint-Bernard 03h01' (27ème)

Photos : Patrick Lauret, Gil Victoire.

 

Avec Noé :

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 15:57

 

C’était quand la dernière fois que nous nous sommes alignés sur une même ligne de

départ ? La question reste sans réponse. Ma mémoire me fait défaut. La majorité du temps, chacun avait sa course avec des objectifs bien différents. Solène enchainait les tours de pistes (800 m, 1500 m puis 3000 m) avant de se consacrer à la route, du 10 kms au semi. Quant à moi, je me suis rapidement orienté vers le long, voire le très long, sur route de préférence.

 


Solène visait le podium et la victoire, quant à moi la place d’honneur, une amélioration du chrono ou la réalisation d’un nouveau défi. Lors des courses de ma sœur, j’étais le supporter numéro 1, sur le côté à l’encourager, à lui donner des indications, à la booster. Un duo complémentaire. Lors des entrainements, j’endossais le rôle de sparring partner. Elle enchainait les distances, les chronos sans jamais rien lâcher.

 


Maintenant que Solène a changé de voie, de la route au sentier, l’idée de participer à une même épreuve était une évidence. Comme J’ai repris son entraînement depuis 6 mois, et sachant son voyage sur l’ile, je lui ai calé deux trails. Un nature et un plutôt typé montagne. A savoir qu’elle n’a jamais couru plus de 26 kms, c’était en début juin au trail de Guerlédan, en Bretagne.

 


Dès son arrivée sur l’ile, le mardi 8 juillet, elle s’est révélée très motivée. Quelques heures après son atterrissage, elle effectuait ainsi une PPG avec le club Déniv sous les directives du coach Fred. Mais dès le lendemain, elle a vite déchanté. Elle a chopé comme beaucoup de réunionnais une grippe intestinale. Sonné, elle a cumulé les symptômes.

 


Dimanche, c’était jour de fête chez les Moisan avec le Baptême de Léane. Pour la petite histoire, Solène est la Marraine. Alors que je me suis gavé de Macarons (gagnés au jeu Gel Center), So a fait une nouvelle journée régime. Le ventre n’était pas bon ! Nous évoquons donc évidemment sa non participation à la course. Le but n’est pas de gâcher ses vacances. La course pourrait vite devenir une grosse galère.

 


Finalement, toujours positifs, nous nous endormons en se disant que tout va aller mieux. Et en effet, au réveil, elle me dit qu’elle a toujours mal au ventre mais que c’est moins problématique. Nous dégustons un gâteau sport aux amandes et prenons la route de l’EST. Nous allons participer à la première édition du Trail Vert Bleu, 41 kms de Ste Rose à Ste Rose.

 

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Une heure avant le départ de la course, c’est le désert dans la cité de l’Est. Quelques bénévoles, dont le président de l’association organisatrice, sont sur le pont. Nous retirons nos dossards. Je salue Willy, le pilier de sporpro. Puis, j’échange quelques mots avec Patrick, venu renforcer l’équipe de bénévoles.

 


Je me prépare tout en me posant une question qui a son importance : qu’elle est mon objectif du jour ? Et bien sincèrement, je ne sais pas. Surement faire un bilan du bonhomme, quinze jours après la 974 (100 kms). Prendre du plaisir et surtout ne pas se blesser. Voir Solène finir sa course et avoir envie de recommencer. Voir si les macarons sont un bon dopant !

 


30 minutes avant le départ, je fais quelques tours de stade. Solène se joint à moi.

 

 

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Nous sommes très peu ce matin. Seulement 130 coureurs d’inscrits mais comme je le fais remarquer à SO, il y a un niveau très correct chez les masculins. En effet, tous les coureurs intéressés par le challenge de l’Est sont présents. En ce qui concerne les féminines, je dois avouer, que je ne connais pas trop leurs CV. Je donne quelques dernières recommandations à Solène du type :

- Ne panique pas, ici, les coureurs partent très vite, trop vite et craquent par la suite. Une bonne gestion et tu vas en ramasser pleins !

- Bien penser à boire, surtout dans les descentes (on boit généralement moins).

- Découper le parcours en plusieurs portions pour rendre l’épreuve moins pénible psychologiquement……. Et j’en passe, et j’en garde un peu pour moi !

 

 

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Le départ va être donné. Nous nous alignons au centre du stade de foot. Natacha, Léane et Cyrille (mari de Solène) se positionnent en vitesse. Top, c’est parti. Quelques mètres et déjà une énorme surprise. Une pente insoupçonnée qu’il faut bien négocier. Sur la route, je me fais doubler, et encore doubler, et toujours doubler. Lionel me dépasse lui aussi. Je lui souhaite une bonne ballade. Il me renvoie la politesse. Nous descendons en direction du Port de Ste Rose.

 


Nous allons emprunter le sentier littoral, autrement appelé sentier des pêcheurs, de la Marine Ste Rose (le port) à l’Anse des cascades, en passant par la Ravine Glissante et la coulée de 1977.


Nous passons très rapidement à côté de ce port qui servait de départ pour les cargaisons de café, puis de canne au 18 ème siècle. Rapidement, nous empruntons un sentier engazonné bordé de très nombreux vacoas. Je reviens sur François et Lionel.

 

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Je double Lionel et adopte le rythme imposé par François. Ce dernier me demande si je veux passer. Je dis, « Merci, ok ». Après l’avoir dépassé, Je me retrouve seul. Il me faudra quelques kilomètres pour trouver la bonne allure.


Après avoir rejoints l’esplanade de la Ravine Glissante, nous remontons en direction de la RN2. Et c’est partie pour un bon kilomètre de bitume. Il y a déjà des écarts entre les différents coureurs.


Après une descente au cœur des champs de canne, nous retrouvons le sentier littoral. Au bord de l’océan, nous pouvons contempler la côté basaltique sculptée par les vagues au fur et à mesure du temps. C’est vraiment un décor magnifique. A plusieurs reprises, nous courons sur un balcon donnant sur l’océan. Nous alternons les sentiers aériens où l’on domine l’océan, puis les sentiers qui s’enfoncent dans une végétation luxuriante. Les fougères arborescentes prennent position face aux vacoas.


Après être descendu sur les galets du bord de mer, nous arrivons à la coulée de 1977. La roche et le sable sont noirs avec des cristaux d’olive. Ce n’est vraiment pas facile de courir dans le sable. Trois coureurs reviennent sur moi et me dépassent. Ils me distancent facilement. Un km plus loin, je reviens sur un des membres du trio. Il marche….


Le sentier est technique avec une succession d’ascensions et de descentes, avec le plus souvent un tapis de scories ou de racines. Le sol est glissant du fait des pluies de la veille.

 

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Dans une petite crique, un touriste sort de sa tente. Raté pour le réveil en toute tranquillité.

Me voilà à l’Anse des cascades. Léane me regarde mais ne semble pas me reconnaître. Natacha me demande si je vais bien, je lui réponds que oui. J’ai déjà parcouru 13 kms.

 

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Je pointe à la 20 ème place. Mes gourdes étant encore pleines, je ne m’arrête pas au ravitaillement. Je ne fais même pas un écart vers celui-ci. Je dis fort mon numéro de dossard et continue mon chemin.


Par un regard pour ce site touristique. Je suis concentré sur les deux coureurs qui me précèdent de près de 300 m. J’ignore les chutes d’eau, la grande cocoteraie, les vacoas en pagaille mais aussi le petit port à sec aménagé pour les pêcheurs du coin.


Pour la première fois depuis le départ, je marche sur plus de 10 mètres. Nous prenons 100 m de dénivelé en peu de temps. Ensuite, je retrouve un sentier forestier qui continue de longer le littoral. Je prends garde lors des traversées de ravine car une chute est vite arrivée. Il faut toujours relancer. J’adore ce sentier. Anticipant la difficulté qui m’attend, le mur de la cage aux lions, je me prends un gel énergétique. Ç a grimpe bien comme il faut. Je garde le rythme car c’est une partie courte.

 

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J’entends les voitures, je sors sous les applaudissements au niveau de la Nationale 2. Etienne me félicite. Je traverse la route et arrive au ravitaillement où se trouvent 3 coureurs. Je remplis ma gourde et je repars de suite. Nous sommes trois. La forêt de Bois blanc se présente à nous. Je ne sais pas à quoi m’attendre. Je sais juste que nous allons monter à 500 m d’altitude. Nous empruntons une piste forestière cabossée. Je me mets à courir, les autres marches. Je me retrouve seul. Ce sera le cas pendant de nombreux kms. J’effectue l’intégralité de la montée en courant. Un vrai plaisir d’avancer à ce rythme. La pente est faible, ce qui me permet de relancer à plusieurs reprises.


La descente débute par un sentier étroit, un peu boueux. Au fur et à mesure des mètres parcourus, le chemin s’élargit. Je cours désormais sur une belle piste forestière large et propre. Régulièrement, j’emprunte de petits ponts pour traverser les ravines. Je repère les bois de couleurs mais aussi les benjoins.


Me voilà dans la dernière partie de la descente. Cela se déroule sur une belle route en lacets. Entre chaque virage, de belles étendues herbeuses, défrichées qui permettent à certains traileurs de prendre au plus court. J’aperçois un coureur un virage plus bas. Au moment où je me dis que je vais gagner une place, un coureur coupeur déboule par un raccourci…..


Une nouvelle fois, je croise Gil qui prend de magnifiques photos. Je ne sais pas si c’est du au talent du photographe ou à la belle allure du coureur !

 

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De retour à Bois Blanc, je plonge vers le littoral. Avant le ravitaillement, Etienne m’encourage. Il me prévient que devant, les coureurs sont en galère. Un bénévole me propose de m’arroser avec un tuyau d’arrosage. J’accepte, c’est trop bon ! Je reprends le sentier. Nous empruntons désormais le chemin parcouru ce matin mais dans le sens inverse. Dans 4 – 5 kms, je vais retrouver l’Anse des cascades. Une pente raide se présente à moi. A peine 5 minutes pour la grimper mais cela pique les cuisses. Deux coureurs pris de crampes sont à l’arrêt. Je me sens bien, j’accélère, court dans les montée.

Tout va bien mais ma vigilance baisse. Je bois moins et me montre moins attentif à mes appuis. Le résultat, c’est une grosse chute lors de la traversée d’une ravine. Je m’étale sur tout mon côté gauche. J’ai mal sur le coup avant de reprendre ma course en avant. Au moment de ce récit, une semaine plus tard, j’ai toujours un bel hématome sur ma fesse gauche !

 


J’entame la descente sur l’Anse des Cascades.

 

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Au loin, j’aperçois mes supporters. Je fais des signes de main pour qu’il me repère. C’est fait. Echanges rapide : « ça va ? », je réponds « cela commence à être long » puis Cyrille m’annonce que je suis 12 ème. Je suis surpris, cool. 500 m plus loin, j’atteins le ravitaillement. Un coureur fait une pause. Il va repartir avec moi. Patrick, me dit « super, belle remontée ! 12 ème ! ». Il me propose un gâteau patate. Je décline, salue tout le monde et m’en vais.

Pour tout avouer, j’aurai bien aimé que l’arrivée se passe à l’Anse des cascades. 29 kms, c’était déjà pas mal. Les 12 derniers kms vont être long, très long, surement les conséquences de ma 974, 100 kms il y a seulement quinze jours. Je ralentis, n’arrive pas à suivre l’autre coureur.

 


Le sentier me parait beaucoup plus long et dur qu’a l’aller. Je marche beaucoup plus. J’ai dans la tête la coulée de 2007 mais elle n’arrive jamais. J’essaye de ne pas me retourner mais je ne peux pas m’empêcher. Mais, c’est le grand vide. Voilà la coulée. Quelques mètres plus loin, je me retrouve devant deux chiots qui pleurent, venant surement d’être abandonnés. L’un d’eux me suit puis s’arrête. Je commence à faiblir, surement les prémices d’une hypoglycémie. Je mange une pâte de fruit.

 

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Voilà le dernier ravitaillement, la frontière psychologique importante à franchir. On me dit que c’est finit, qu’il reste seulement 5 kms. Allez, on ne lâche pas. Ce serait bien de conserver une place dans les 15. Revenu sur la route pour un kilomètre de descente, je retrouve de l’énergie. Au loin, un coureur, et encore plus loin un autre coureur très bien entouré….Ce traileur en orange fluo a fait l’intégralité de la course avec différents compagnons, porteurs de bouteilles et de sac. C’est pratique !


De retour sur le sentier, j’ai un gros regain d’énergie. J’ai en visuel les deux coureurs. Mais, c’est un autre que je rattrape. Il marche. Quelques centaines de mètres plus loin, c’est un autre que je dépasse. Je suis donc 10 ème.

La fin approche. Je me rapproche du concurrent aperçu sur la route. A la sortie du sentier, je le dépasse. Me voilà au milieu de la foule, c’est la fête au village avec les personnes âgées venus faire leur ballade dominicale. Je me fraie un passage, lance des « pardons », évite de rentrer dans le premier venu. Je reviens sur le groupe des orange fluo mais c’est l’arrivée.

 

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Nath, Cyrille et Léane me félicitent. Je franchis la ligne. Le speaker m’annonce 10 eme. Ah bon, je devrais être 9 ème… Pas grave. Gino arrive, me félicite, informe tout le monde que je suis Arnaud Moisan, que j’ai couru un 100 kms il y a deux semaines. Ah ce Gino !


Je retrouve la famille. Léane vient me faire un câlin. Ma première question est de savoir comment va Solène. Il parait que tout va bien, qu’elle est en forme. Au premier passage à l’Anse des cascades, elle était deuxième féminine. Mais après la forêt de Bois Blanc, elle a pointé première. Elle était 30 minutes derrière moi. J’espère qu’elle va gérer les derniers kms de course puisqu’elle n’a pas l’habitude de courir autant.

 

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Mais oui, elle a géré et avec la manière. 24 ème au scratch, première féminine !

 

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Elle est heureuse, a adoré le parcours, l’expérience, le comportement des coureurs à son égard, la gentillesse des bénévoles ! Seuls bémols, ses trois chutes, ses plantages de parcours (plusieurs), et la tricherie de certains sportifs. L’un deux lui a même dit « passe par là, tout le monde fait ça ». Comme elle me l’a dit, « j’ai halluciné ».


Quelques minutes plus tard, c’est l’heure du podium. Gino distribue les récompenses en tant que représentant de Kalmanou, partenaire de la course. Solène qui a couru sous les couleurs Kalmanou, repart d’ailleurs avec deux pots de massage et deux paniers garnis de confitures péi.

 

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Maintenant place à la récupération. Enfin,… So va faire un baptême de parapente, de canyoning puis une semaine de randonnée dans Mafate. Prochain rendez vous pour elle, le semi trail de l’Ouest, encore une autre histoire !

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Quand à moi, samedi prochain, j’embarque Cyrille pour un tour de l’ile en VTT. La prépa Grand Raid se poursuit !

 

Photos : Cyrille, Natacha, Gil Victoire et Trail Kréol !

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Profil

  • Arnaud Moisan
  • Tu peux toujours courir... Et je cours, je me raccroche à mes baskets tant sur le tartan, le bitume ou les sentiers. Par ce blog, j'espère vous faire partager un peu de ma passion pour la course de fond
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