Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 18:36

 

Grand-Raid-Reunion-2012.png

 

fous-428x600.png

 

Deux fous à l’assaut de la diagonale.

 

Après deux trails de bourbons et trois grands raids, j’ai opté pour une année de transition. Ce week end, je passe ainsi de l’autre côté de la barrière, le sentier parallèle, celui de l’assistance. Le récit de cette épreuve sera donc particulier puisque je vous propose de vous faire vivre la diagonale de deux fous via mon regard, mes ressentis.

 

C’est l’histoire de deux amis coureurs traileurs de 56-57 ans qui se lancent un nouveau défi à savoir vaincre le mythique grand raid de la Réunion. L’un Pierre Claude (alias mon papa) connaît déjà l’épreuve pour l’avoir terminée en 2010, l’autre Jean Paul débute dans le monde de l’ultra. Les deux Lamballais (Côtes d’Armor, Bretagne) sont loin d’être des novices de la course à pied. En effet, depuis plusieurs années, ils écument de nombreux marathons, 100 bornes, 24 heures et une multitude de trails de toutes distances.

 

Il y a un an, ils prennent la décision de participer à la diagonale 2012, 20 ème du nom. Pour fêter cette date anniversaire, l’organisation a vu les choses en grand. Elle propose un parcours de 170 kms (finalement proche des 177 kms) avec un dénivelé positif de 11 000 m. Au programme, la réunion du sud au nord avec la traversée des cirques de Mafate et de Cilaos, l’ascension du volcan, du piton des neiges, du Taibit, du redoutable Maido,…

 

parcours-grand-raid-2012.jpegparcours-2-grand-raid-2012.jpg

 

En novembre 2011, ils me sollicitent afin que je les entraine à distance. Flatté de cette demande, et entrainant déjà quelques coureurs, je leur réponds rapidement par la positive. Tout au long de l’année, ils ont été assidus et la préparation s’est finalement déroulée de manière limpide. Un an d’entraînements spécifiquement orienté vers cette épreuve et les voilà fin prêts. En tout cas, ils ont donné le maximum pour se donner l’opportunité de réussir le défi, leur défi. Nous verrons bien si cela suffit car beaucoup de grains de sable peuvent venir gripper la belle mécanique : blessure, météo, problèmes alimentaires, camel percé,…

 

100 pour cent pur breton (ou pur beurre), nos deux compères se sont lancés en 2012 dans de nombreux trails en complément des sorties sentiers (en Bretagne, pas de sorties montagnes !). Le point faible de la préparation restera le manque de dénivelé. Mais bon,…. Ajoutons également le manque de sorties sous la pluie car ils n’ont eu que du soleil lors de leur préparation. Et oui, la Bretagne, ça vous gagne.

Voici, un petit florilège des courses auxquelles nos deux coureurs ont participé. A savoir, que certaines de ces compétitions n’étaient pas considérées comme telles. Certaines étaient des prétextes pour faire du kilométrage, du sentier sans avoir une arrière pensée de chrono. Au lieu d’être à deux sur les sentiers, ils se retrouvaient au milieu d’autres coureurs à la découverte de nouveaux chemins.

 

Décembre 2011 : Grand Menestrail de Moncontour, 53 Kms.

Février 2012 : Défi Glazig, 61 kms. Noz trail de 19 kms et Trail de 42 kms.

Février 2012 : Les nocturnes du pain chaud, saint Brandan.

Avril 2012 : Trail de l’aber wrach, Le Folgoët, 43 kms.

Mai 2012 : 24 heures de Feucherolles pour Pierre Claude.

Mai 2012 : Trail de Guerlédan, 58 kms pour Jean Paul.

Juillet 2012 : Trail du bout du monde, 57 kms.

Août 2012 : Trail de la mer, Ploubalzanec, 28 kms.

Août 2012 : Trail des crêtes des montagnes noires, Gourin, 33 kms.

Septembre 2012 : Trail de Brocéliande, Iffendic, 35 kms.

Septembre 2012 : Défi du Jerzual, Dinan, 11 kms. Un peu de vitesse.

Septembre 2012 : Camélias raide, St Denis la Réunion, 21 kms. Un peu de dénivelé et de chaleur.

 

 

Une semaine avant le départ, ils préparent sereinement leurs sacs d’assistance en vérifiant de bien avoir tout l’équipement nécessaire. Libérés de ce stress, ils peuvent se détendre et appliquer les consignes des derniers jours : du repos, de l’hydratation, du repos, des repas riches en apports glucidiques, et du repos. Ils en profitent également pour faire du bricolage dans ma maison, mais ça c’est parce qu’ils s’ennuyaient.

 

P1010267.JPG

 

P1010274.JPG

P1010292.JPG

 

J- 1 : récupération des dossards qui s’effectue sans encombre. Ils reviennent avec du café, du saucisson, du savon, du riz, un bandana,…

 

P1010307.JPG

Jour J : Je récupère Papa, Jean Paul et Maman, direction ST Philippe. Nous quittons ST Denis vers 15 heures, afin de ne pas être gênés par les habituels bouchons du site de départ. Arrivés sur place vers 17 heures dans le plus grand calme, nos coureurs apparaissent détendus. Nous sommes rejoints par Solène (fille de Jean-Paul) et David (l’ami de Solène). Une petite marche au bord de l’océan avant d’assister à un somptueux coucher de soleil. Le ciel orangé laisse ensuite place à la nuit percée par les nombreux phares de voitures qui prennent place sur le parking.

 

P1010324

 

P1010330.JPG

photosarnoGRR1--288--copie-1.JPG

 

Un dernier repas à base de pâtes et nos coureurs enfilent leur tenue de grands raideurs. Les sourires sont présents et la crispation finalement peu visible. Ils reçoivent la bénédiction de l’ange du cap méchant qui nous annonce que nous sommes les complices du diable (pour ceux qui veulent recevoir la bonne parole, rendez-vous 7 jours sur 7, sur le site du cap méchant). A 20 H 00, nous les encourageons, donnons nos derniers conseils et les laissons entrer dans le sas de départ. De l’extérieur, cet endroit paraît plus chaleureux, lumineux que l’ancien site de lâcher de fous. Impressions confirmées par Pierre - Claude.

 

P1010338P1010351.JPG

2-photosarnoGRR1--12-.JPG

photosarnoGRR1--29-.JPG

P1010355.JPG

Désormais, nous enfilons notre costume de supporter. Pour cela, il faut trouver le bon positionnement pour acclamer tous les champions. Nous nous dirigeons alors vers la route du départ. Mais nous voilà bloqués derrière une barrière avec déjà une centaine de personnes. Les gentils bénévoles se trouvent bien démunis en appliquant les consignes : interdit de passer…. ça craint….. Après des négociations infructueuses, j’emmène mes troupes en sens inverse, direction le parking, la nationale en hauteur du stade, et après un peu de marche nous nous retrouvons sur le parcours. Une place de choix et nous voilà prêts. La foule est nombreuse et l’ambiance toujours aussi bon enfant.

 

Grand-raid-2012-01-550.jpg

 

photosarnoGRR1--20-.JPG

 

Le stress monte chez les spectateurs, puis au loin les premières frontales réveillent la nuit. Ce n’est pas le peloton mais Run Handi Move qui ouvre le bal. Deux enfants à mobilité réduite sur des joelettes et plusieurs porteurs pour un sacré défi sportif et humain. Puis le peloton approche avec aux avant-postes, déjà deux têtes connues, à savoir Kilian Jornet et Iker Carrera. Le peloton est dense, la chenille lumineuse émouvante, et ces bruits, ces applaudissements, ces cris, ces sifflets qui créent une jolie enveloppe sonore. Nous guettons et finissons par apercevoir deux points jaunes, nos deux étoiles. Nous crions comme des gamins, ils nous repèrent, nous sommes heureux, ils le sont aussi. Franchement, un beau moment à vivre. La file de sportifs continue, et continue. Allez les fous !!!! Profitez bien !!!! Le temps est pour le moment très agréable mais cela ne va pas durer. Au fur et à mesure de la progression des coureurs sur les pentes du volcan, la pluie va se mêler à l’épreuve. Anaïs, cyclone intense désintégré, a ainsi prévu de marquer son passage sur l’île.

 

Premier pointage : Sans forcer, ils avancent à bon rythme. Il ne faut pas oublier que ce sont des routards.

Pierre Claude : Chemin Ceinture, 0h56mn15s, 681ème

Jean Paul : Chemin Ceinture, 0h56mn19s, 686ème

 

Deuxième pointage : La montée du volcan. Papa me confiera avoir redécouvert de nombreuses parties. Il se rappelait de la montée, mais pas de sa longueur !

Pierre Claude : Foc Foc, 29 kms, 2350 m, 6h44mn57s, 1062ème

Jean Paul : Foc Foc, 29 kms, 2350 m, 6h42mn37s, 1034ème

 

Nous nous trouvons au volcan à l’écoute de R.E.R, la radio qui vous transporte. Patrick nous monte la mayonnaise qui monte aussi bien que les coureurs de tête. Dans le froid et sous la pluie, nous acclamons le passage des deux espagnols. Plus tard, nous recevons par textos les pointages de nos deux champions. Alors que le jour se lève doucement, Jean Paul fait son apparition. Il est suivi de près par Pierre Claude.

Pierre Claude : Volcan, 35 kms, 2320 m, 7h41mn57s, 1030ème

Jean Paul : Volcan, 35 kms, 2320 m, 7h38mn08s, 990ème

 

P1010369.JPG

 

Ils apparaissent lucides, concentrés et semblent avoir bien géré leurs montées. Ils se ravitaillent puis je les briffe rapidement sur la partie à venir, la difficulté de l’oratoire Ste Thérèse et la technicité de la descente vers Piton Textor. Ils partent ensemble, direction la plaine des sables qui sera au final la plaine du brouillard.

 

Premier coup dur :

Avant d’arriver à Textor, Papa montre les premiers signes de fatigue physique. Il m’annonce qu’il a des difficultés pour respirer, comme s’il était asthmatique. Il ne l’a jamais été mais c’est la première comparaison qui lui vient à l’esprit. Cela le questionne et le gène surtout. Il ralentit pour retrouver un second souffle. Une problématique surement à mettre en lien avec l’altitude.

Au ravitaillement de Textor, il est encore plus marqué. Autre annonce de sa part, il commence à avoir des problèmes gastriques, des ballonnements, avec des difficultés à prendre les gels. Je lui donne alors une barre de céréales qu’il prend sans grande euphorie. Avec maman, nous le remotivons. Une dose d’inquiétude pour l’assistance….

Pierre Claude : Textor, 42 kms, 2165 m, 9h30mn35s, 1137ème

Jean Paul : Textor, 42 kms, 2165 m, 9h17mn17s, 1008ème

 

2photosarnoGRR--332-.JPG

P1010375.JPG

P1010377.JPG

P1010378.JPG

 

photosarnoGRR2--46-.JPG

photosarnoGRR2--186-.JPG

photosarnoGRR2--2-.JPG

 

photosarnoGRR2--119-.JPG

photosarnoGRR2--68-.JPG

 

P1010380.JPG

photosarnoGRR2--134-.JPG

 

Proche de la route nationale, du coté de Mare à Boue, les coureurs arrivent un par un. La pluie est présente, les vaches aussi et les chaussures des coureurs sont boueuses. La souffrance, parfois la détresse commencent à se lire sur les visages. Cette 20 ème édition du grand raid risque de laisser des traces. Jean Paul arrive tout sourire et me demande s’il est dans les temps. « Bien sûr, comment tu te sens ? » J-P : « ça va, par contre je n’ai pas envie de me changer ». Au vu des conditions climatiques, je lui impose de changer ses chaussettes et son T-shirt. Nous lui servons une dose de réconfort moral avant de le laisser repartir en direction du ravitaillement pour se délecter d’une soupe chaude. Peu de temps après son départ et à notre grande surprise, Pierre Claude arrive. Il trottine et annonce qu’il s’est un peu refait la santé. Plutôt rassurant au vu de ce qu’il l’attend : l’ascension du Piton des Neiges. Lui aussi ne veut pas se changer… Ah ces bretons, un peu têtus quand même ! Comme pour Jean Paul, nous ne lui laissons pas trop le choix : T-shirt et chaussettes. Hop Hop Hop !!! Une petite pause et il s’élance sur les pentes du Piton des Neiges. 52 kms de parcourus, il en reste juste 120, rien que ça. Cette info, je la garde pour moi !

Pierre Claude : Mare à Boue, 52 kms, 1594 m, 11h42mn30s, 1286ème

Jean Paul : Mare à Boue, 52 kms, 1594 m, 11h27mn44s, 1142ème

 

Sur leur feuille de route (basée sur une durée de 56 heures), leur passage au gite de la caverne Dufour est prévu après 16 H 00 de course. Ils se montrent à la hauteur de cette prévision, de vraies horloges sur pattes. Jean Paul pointe ainsi au gite après 15 h 56 d’efforts. Déjà sur Cilaos (après une montée épique en voiture), nous nous réjouissons de leur avancée.


Pierre Claude : Gite du Piton des Neiges, 64 kms, 2484 m ,16h22mn55s, 1291ème

Jean Paul : Gite du Piton des Neiges, 64 kms, 2484 m, 15h56mn00s, 1125ème

 

Sinon, ce qui avait été évoqué avant la course, c’est un passage en fin d’après midi sur Cilaos avec un départ avant la tombée de la nuit. Très ponctuels, ils arrivent entre 16 H 20 et 17 H 00. Le brouillard fait son apparition. Jean Paul évoque la longueur de la descente du bloc alors que papa se focalise sur la difficulté de la montée de kerveguen. Arrivé au stade, Jean-Paul prend une douche, attend son soin pédicure et va ensuite se restaurer. Sur les pieds, les ampoules sont déjà bien présentes. Mieux vaut soigner ces maux dès maintenant.

 

photosarnoGRR3--69-.JPG

 

photosarnoGRR3--120--copie-1.JPG

photosarnoGRR3-4-.JPG

Comme convenu, papa ne tarde pas sur le stade, va directement manger chaud avant de nous rejoindre pour se changer intégralement. Il est content d’avoir pu remplir un peu son estomac.

photosarnoGRR3-62-.JPG

photosarnoGRR3--187-.JPG

photosarnoGRR3--290-.JPG

 

Il échange quelques sourires, gazouillis avec Léane (ma fille de deux mois) spécialement venue encourager son papou.

photosarnoGRR3--28-.JPG

 

Une fois ravitaillé, tout sec, il repart de la cité Cilaosienne quelques minutes avant Jean Paul. Ils se retrouveront du côté de la cascade bras rouge.

Pierre Claude : Cilaos, 72km, 1210m, 18h53mn57s, 1386ème

Jean Paul : Cilaos, 72km, 1210m, 18h22mn14s, 1170ème

 

photosarnoGRR3--20-.JPG

photosarnoGRR3--16-.JPGphotosarnoGRR3--12-.JPG

 

Au pied du Taibit, la nuit couplée au brouillard ont pris possession des lieux. Une dizaine de coureurs dorment sur les lits picots, d’autres se préparent à repartir pour le gros morceau qui les attend : le Taibit. Quelques traileurs abandonnent, d’autres hésitent encore. Je réconforte l’un deux, lui partage mon histoire personnelle d’un abandon évité de justesse, à ce même poste pour mon premier grand raid grâce au coup de remotivation de mon père. J’ai fini ce fameux grand raid. Si la douleur physique n’a pas fait son apparition, les raisons valables d’un abandon deviennent minimes. Les coups de mou sont un passage obligé. Il faut savoir être patient, laisser passer la tempête, pour éviter un trop plein de regrets.

 

photosarnoGRR4--9-.JPG

 

photosarnoGRR4-2-.JPG

1 H 30 après avoir quitté Cilaos, nos deux raideurs apparaissent. Ils sont ensemble et Jean Paul nous évoque les difficultés de Pierre Claude. Il n’arrive plus à s’alimenter et vomit régulièrement. Je propose à papa des gâteaux, sucrés, salés, de la soupe… mais il ne veut rien. Nous lui proposons de s’asseoir sur le muret mais non il opte pour le sol humide de la route d’ilet à corde. Il apparaît vidé et ce n’est que le début. Au vu de son état, je décide de l’accompagner un peu dans le Taibit.

P1010402.JPG

P1010398.JPG

photosarnoGRR4-83-.JPG

 

Papa mène l’allure mais rapidement il stoppe, se courbe et essaye de vomir sans y parvenir. Il se pose régulièrement, presque à chaque virage, « embrasse les arbres », souffre tout simplement. Il apparaît exténué et pourtant le sommet est encore loin. Jean Paul qui montre une plus grande aisance s’échappe au loin. C’est important qu’il grimpe à son rythme. 10 minutes plus tard, nous retrouvons, dans un virage, Jean Paul en train de dormir, assis contre un arbre. Il est en position de « la chaise », position très inconfortable. Pas vraiment le moment de faire du renforcement musculaire ! Papa ne l’a même pas vu alors que nous passons à quelques centimètres de lui. Je me permets de réveiller ce drôle d’animal de nuit. En fait, il nous attendait me dit-il. Il aurait pu nous attendre longtemps. Et puis une lueur, le site de la tisane ascenseur. Chacun profite de la tisane miracle et papa s’assoupit 10 minutes au coin du feu. Jean Paul repart, nous le retrouverons à Marla. Pierre Claude souffre mais avance pas après pas. Il n’a plus de jus….Enfin le col. Ah non, fausse alerte, les frontales des autres coureurs sont encore bien hautes dans le ciel, trop hautes. Enfin, le voilà, nous sommes au sommet du Taibit. Bienvenue dans Mafate. S’ensuit une descente à un rythme tranquille, en file indienne jusque Marla. Il y a foule sur les sentiers.

 

Pierre Claude : Marla, 85km, 1580m, 26h16mn01s, 1201ème

Jean Paul : Marla, 85km, 1580m, 25h47mn24s, 1140ème

 

photosarnoGRR5--5-.JPG


A Marla, Jean Paul qui a pris le temps de se ravitailler exprime son contentement lorsqu’il nous aperçoit. Au sol, une cinquantaine, voire plus, de coureurs qui dorment emmitouflés dans leur couverture de survie. La scène paraît surréaliste tant par les couleurs dorées de ces multiples papillotes que par le bruit de ces couvertures au vent.

photosarnoGRR5--4-.JPG

 

Papa va manger une soupe qu’il vomit de suite avant de se coucher. La durée de la pause dodo est fixée à trente minutes. Une couverture au sol (fournie par les infirmiers), une sur eux. Je veille, ne m’endors pas et les réveille 40 mn après (10 mn de rab, je suis généreux). Quitte à faire le réveil, je joue également ce rôle auprès d’autres coureurs. Dans le gite qui jouxte le site de ravitaillement, un écran géant est installé. J’assiste alors en direct à l’arrivée de Kilian Jornet à la redoute. Trop fort.

photosarnoGRR5--8-.JPG

photosarnoGRR5--2-.JPG

 

Après un réveil en douceur, nous repartons avec un petit groupe. Chacun avance à son rythme. Les extérieurs m’utilisent comme guide. L’important, c’est d’avancer, un pied devant l’autre (si possible !). Des traversées de rivières en mode très concentrées, une montée vers la plaine des tamarins bien négociée avant une ascension du col de fourche plus compliquée. Arrivés au sommet, une petite pause pour recharger les batteries mais aussi pour observer le spectacle donné par les coureurs, lucioles de Mafate. Mais, il ne faut pas traîner car le vent Salazien se fait sentir. Nous entamons alors la descente, et rapidement croisons deux personnes dont un gendarme qui nous invite à ne pas prendre le sentier scout si l’on se sent fatigué, de préférer s’arrêter au prochain ravitaillement. Intrigué par ses conseils au milieu de nulle part, je comprendrai beaucoup mieux par la suite. En effet, quelques minutes plus tôt, un drame a eu lieu à ce même endroit. Un traileur expérimenté, passionné, a fait une chute mortelle. Je profite de ce récit pour adresser toutes mes condoléances à sa famille. Notre sport comporte des risques, ne l’oublions jamais.

 

Pour atteindre la route de grand ilet, nous trottinons, pataugeons dans des mares de boue gluantes. Je me plains alors que mes dalons de sentiers discutent de la belle Bretagne, d’Erquy, de Lamballe. Et voilà le ravitaillement du sentier scout. Cet endroit sert aussi de premier pointage à la course de la Mascareigne dont le départ vient d’être donné à grand Ilet. J’espérais pouvoir encourager Fred, présent sur l’épreuve (il finira 6 ème, félicitations) mais trop tard. Il est déjà passé comme les 100 premiers. Le ravitaillement de nos deux raideurs se déroule dans de drôles de conditions, au milieu des jeunes loups pressés de la Mascareigne. Pas facile, vraiment pas facile. Pour la première fois depuis longtemps, papa s’autorise à goûter à du solide, quelques quartiers de pomme. Cela semble passer. Je croise les doigts (de pieds).

Pierre Claude : Sentier Scout, 93km, 1758m, 30h45mn24s, 1186ème

Jean Paul : Sentier Scout, 93km, 1758m, 30h44mn41s, 1185ème

 

Nous entamons la descente et nous nous retrouvons au cœur de l’autre course qui avance à allure rapide. Parfois, nous les suivons mais le plus souvent, nous les laissons nous doubler. Sur un sentier étroit, et à plusieurs reprises, la scène fut dangereuse. Si la majorité des coureurs de la Mascareigne se sont montrés polis, même voire trop, gentils avec leurs encouragements, certains n’ont pas montré leur bon côté : « C’est quoi ces randonneurs » ou encore « fallait avancer plus vite, vous n’êtes pas dans les temps »…Cela commence à fatiguer Jean Paul. Et puis c’est plus de 1000 coureurs qui nous passent, ce n’est pas rien. Dans la dernière partie du sentier scout, Pierre Claude et jean Paul ralentissent, se rafraîchissent en passant la tête sous un tuyau la cour.

 

photosarnoGRR6-4-.JPG

photosarnoGRR6--4-.JPG

 

Arrivés à la plaque, je me sens obligé de leur faire un point sur la situation. En effet, je deviens de plus en plus tracassé par les délais. Je m’explique, à Cilaos ils avaient 4 heures d’avance sur les délais, 2 H 45 à Marla, 2 H 15 au sentier scout. S’ils continuent à ce rythme, ils ne passeront pas Mafate. Il faut qu’ils réalisent ce qui se trame. L’effet a été un électrochoc. Voilà les deux compères qui se mettent à trottiner, qui avalent assez facilement la montée vers Ilet à Bourse. Nous y retrouvons les copains de run handi move. Ils sont eux aussi en forme, tant mieux. Courage à eux.

Pierre Claude : Ilet à Bourse, 101km, 890m, 33h34mn54s, 1109ème

Jean Paul : Ilet à Bourse, 101km, 890m, 33h34mn58s, 1110ème

 

photosarnoGRR7--12-.JPG

photosarnoGRR7--3-.JPG

 

photosarnoGRR7--4-.JPG

Une pause assez courte, et papa repart. Il mène un petit groupe. Jean Paul un peu plus marqué ferme la marche. Ils avancent à un bon rythme jusque grand place.

photosarnoGRR7--14-.JPG

photosarnoGRR7--15-.JPG

photosarnoGRR7--17-.JPG

photosarnoGRR7--21-.JPG

 

Ils ont ralenti l’hémorragie des délais avec toujours deux heures quinze d’avance. Jean Paul va voir les infirmières pour ses pieds car il craint pour les pansements mis à Cilaos. Papa en profite pour s’assoupir 10 minutes. Le ciel est bleu, la température atteint déjà des sommets (environ 35 degrés), le taux d’humidité est important. Nous sommes bien petits comparés aux remparts qui nous entourent.

photosarnoGRR7-4-.JPG

Pierre Claude : Grand Place les Bas, 104km, 560m, 34h34mn49s ,1083ème

Jean Paul : Grand Place les Bas, 104km, 560m, 34h35mn12s, 1084ème

photosarnoGRR7--10-.JPG

photosarnoGRR7--11-.JPG

Et voilà le début du très gros morceau de ce grand raid 2012. Attention à l’indigestion. Une première montée compliquée jusque grand place les hauts. Jean Paul nous lâche alors que papa recherche son souffle. Il se pose régulièrement, trouve une citerne d’eau qui va lui servir de douche.

photosarnoGRR7-3-.JPG

photosarnoGRR7--5-.JPG

 

photosarnoGRR8--15-.JPG

Arrivé au sommet, il comprend qu’il va falloir descendre dans le fond Mafate au niveau de la rivière ( 500 m de D-) pour arriver à 200 m d’altitude avant de monter vers roche plate (1100 m), ilet qui nous fait face, puis continuer l’ascension jusqu’au Maido à 2000 m d’altitude. Papa n’en mène pas large, vraiment pas large.

photosarnoGRR8--20-.JPG

 

A partir de ce moment, Jean Paul montre des difficultés dans les descentes. Il s’est fait strapper le genou mais refuse d’avouer qu’il a mal,… Ses grimaces au moment de poser le pied à terre trahissent pourtant sa douleur. La descente vers la rivière est pentue, glissante. Gare aux mauvais appuis.

 

photosarnoGRR8-5-.JPG

photosarnoGRR8--19-.JPG

 

Arrivés à la rivière, certains coureurs se baignent, d’autres s’aspergent d’eau comme Jean Paul. Quant à Pierre-Claude, il plonge ses pieds dans l’eau régénératrice, refroidit un peu la température de son corps.

 

photosarnoGRR8--21-.JPG

photosarnoGRR8--12-.JPG

photosarnoGRR7-23-.JPG

Jean Paul ne traîne pas. Il préfère avancer. Les premiers mètres de la montée donnent le ton, rappellent au combien cela va être rude. Malheureusement, Papa est repris de vomissements, il n’y arrive plus. Je le rassure, lui dis de continuer à son rythme (banalité finalement) mais surtout insiste sur l’importance de l’écoute de ses sensations. « Arrête-toi dès que tu en ressens le besoin ». Ma grande inquiétude du moment, c’est son manque d’hydratation depuis plusieurs kms. Pour palier à cela, il se mouille dès que possible grâce aux rivières bienfaitrices.

photosarnoGRR8--4-.JPG

photosarnoGRR8--22-.JPG

photosarnoGRR8--3-.JPG

photosarnoGRR8--8-.JPG

photosarnoGRR8--23-.JPG

photosarnoGRR8-2-.JPG

 

En plein soleil, roche plate apparaît comme un ilet inaccessible. Papa somnole 10 mn au milieu du chemin avant de repartir. Dernière pente et nous voilà dans l’ilet. Le ravitaillement, à l’autre bout du village, se fait désirer.

photosarnoGRR8--18-.JPG

On y trouve Jean Paul qui s’est restauré et qui a dormi une bonne demi-heure.

photosarnoGRR8--16-.JPG

 

Je donne à papa des gâteaux, de la soupe, mais il goûte à peine. Il se pose pour un sommeil de 15 mn. Jean Paul veut nous attendre mais au vu des délais (moins d’une heure 30 d’avance), je l’invite à commencer la montée à son rythme. Au pire, je lui dis, nous te rattraperons dans la montée, où nous te retrouverons avec joie au Maido. Pour le côté rassurant, les nuages font leur apparition. Tant qu’ils ne montent pas sous le même soleil écrasant de tout à l’heure, je prends.

photosarnoGRR8-4-.JPG

Au réveil de papa, je trouve qu’il est ailleurs. Regard dans le vide, répondant à côté, visage pâle. Je l’assois. Il semble perdu. Je lui donne un café sucré, un cola dilué dans l’eau. Il me dit de rattraper jean Paul, de le laisser là, que c’est fini pour lui. Plus d’envie, plus d’énergie,… Il me parle d’hélicoptère. Quelques minutes plus tard, il va déjà mieux et retrouve des couleurs. C’est à ce moment que je sors ma carte « fou ou pas fou ». Je lui annonce que de toute manière le seul chemin pour sortir de Mafate c’est le Maido. Il me dit " ah bon", et nous revoilà partis, une heure avant la fermeture du poste.

Pierre Claude : Roche Plate, 114km, 1110m, 40h14mn39s, 1271ème

Jean Paul : Roche Plate, 114km, 1110m, 39h20mn39s, 1133ème

 

Rythme maîtrisé avec beaucoup moins de pauses que la montée précédente. Après la brèche et ses passages vertigineux, nous progressons droit dans la pente. Et nous retrouvons avec étonnement Jean Paul, épuisé. Il prend notre train avec une allure cadencée entre minutes de marches et minutes de pauses.

 

photosarnoGRR9--4-.JPG

A mi pente, Jean-Paul retrouve des ailes et repart de l’avant. Il semble attiré par les acclamations d’un groupe d’espagnols encourageant énergiquement les raideurs du samedi après midi. Proche du haut de la pente, il retrouve David venu l’encourager. Quant à Papa, il grimpe bien. La dernière partie, moins pentue, lui redonne même la parole.

 

P1010419.JPG

P1010422.JPG

 

Le sommet est proche, les encouragements de la foule le rassure. Patience, les bretons arrivent. Papa, te voilà sorti de Mafate. Maman est là, Natacha aussi (ma femme) et Léane. A deux mois, elle vit elle aussi son premier grand raid. Des bénévoles indiquent le chemin à suivre jusqu’au poste de tête dure, 20 mn plus loin. La nuit tombe, le vent se lève. Ils sont encore dans les délais (2 H 00 désormais). Nous leurs disons comment nous sommes fiers d’eux. Pour les récompenser, David leur offre une dodo (bière locale) qu’ils ne se prient pas pour boire. Scène filmée par les médias locaux d’ailleurs. A ce moment, maman lance même « la diagonale, plus jamais ! ».

Pierre Claude : Maido Tête Dure, 121km, 2030m, 44h01mn04s, 1279ème

Jean Paul : Maido Tête Dure, 121km, 2030m, 43h59mn07s, 1273ème

 

P1010424.JPG

P1010430.JPG


 

Il commence à faire froid, il ne faut pas traîner. Pour la suite, c’est une descente de 13 kms qui les attend. La première partie est très agréable. Ils semblent avoir retrouvé le moral. Nous suivons un bon groupe où se trouvent Bernadette et Bernard, déniviens tout comme moi. J’échange avec eux. Le sujet principal, les délais. Bernadette fait remarquer que cela va passer, mais qu’il ne faut pas ralentir et qu’il ne va pas falloir s’arrêter à sans soucis sinon le risque c’est de se faire sortir au poste suivant. En effet, une heure seulement est prévue entre ces deux postes. Alors que nous descendons à un bon rythme, jean Paul n’arrive plus à suivre la troupe. Quelques minutes plus tard, papa me dit qu’il va lui aussi ralentir, que cela va un peu vite. Finalement, il suit le mouvement et prend même la tête du groupe. Il court, dévale la pente. Je suis impressionné. Nous entendons de la musique, surement le ravitaillement qui est proche. Erreur, c’est une fête privé. Une longue partie de rondins à descendre nous fait pester mais le rythme imposé par Pierre Claude reste soutenu. Mais d’où viennent ses ressources (surement des pommes !). Les kms sont longs, très longs, et le chrono défile. C’est chaud. Nous y voilà, enfin, 40 mn avant les délais. Les coureurs sont acclamés par de nombreux spectateurs. Dans le public, maman ravitaille papa, se rend compte qu’il a retrouvé de l’énergie. Il mange de nouveau mais juste des quartiers d’orange. Ce sera son nouveau carburant. Puis, une bonne nouvelle est annoncée par les bénévoles à savoir que les délais sont rallongés d’une heure pour le poste suivant. Ouf. Mais, avant de penser au délai suivant, nos pensées vont à Jean Paul qui n’est toujours pas arrivé à sans soucis. Au vu de notre descente, va t’il arriver dans les délais ? Au moment où papa continue son chemin, il n’est toujours pas là. L’inquiétude est présente. Je laisse alors papa, je suis KO, submergé par la fatigue.

Pierre Claude : Sans Souci, 134km, 350m, 48h17mn45s, 1250ème

 

A peine 1 H 15 plus tard, Pierre Claude arrive à halte là. Alors que je dors sur la pelouse du stade, papa discute, va se ravitailler. Il se pose quelques minutes pour dormir. Nous parlons de Jean Paul avec la sensation qu’il n’a pas passé les délais. Et bien, nous avons tord : il est là, devant nous. Fatigué mais souriant. Il va chercher un massage chez les kinés.

Pierre Claude : Rivière des Galets Halte-là, 136km, 120m, 49h50mn34s, 1214ème

Jean Paul : Sans Souci, 134km, 350m, 48h35mn04s, 1316ème

Jean Paul : Rivière des Galets Halte-là, 136km, 120m, 49h59mn11s, 1271ème

 

Ils partent ensemble pour une montée vers le chemin ratineau. Pendant leur ascension, je patiente dans la voiture où plutôt je dors, puis me réveille en guettant la montre. De nouveau le stress nous gagne, lorsque l’on s’aperçoit de l’absence de pointage à ratineau et la proximité avec les délais. 50 mn, 40 mn, 30 mn, ils pointent !

Pierre Claude ; Chemin Ratineau, 142km, 629m, 52h30mn20s, 1036ème

Jean Paul : Chemin Ratineau, 142km, 629m, 52h38mn15s, 1074ème

 

Sur le stade de la possession, le jour se lève. Je n’ai aucune idée de l’horaire où arriveront nos sportifs. C’est alors que papa fait son apparition. Il court, se pose peu, mange des oranges et repart. Il ne boit plus avec le camel mais avec des petites bouteilles d’eau plate. Il nous dit que jean Paul est devant. Bizarre, nous ne l’avons pas vu. Finalement, il avait tord puisque Jean Paul arrive à la possession une heure plus tard. Maman marche avec papa le long du littoral. Elle le laisse dès l’entrée du chemin des anglais. Le soleil est encore absent, cela rassure papa. Cette partie sous le soleil peut vite devenir un enfer.

Pierre Claude : Possession, 149km, 15m, 54h58mn48s, 1087ème

Jean Paul : Possession, 149km, 15m, 56h07mn40s, 1308ème

 photosarnoGRR10--343-.JPG

 

photosarnoGRR7--285-.JPG

photosarnoGRR10--144-.JPG

2 H 20, en comptant le ravitaillement de la possession, Pierre Claude a plutôt bien avancé. Il semble serein. Nous lui apprenons le positionnement de Jean Paul, toujours à la possession. Ce dernier se serait fait une foulure qui lui pose des soucis dans les descentes. Papa mange des kiwis et toujours des oranges. Il se pose et attend le train qui n’arrive pas…

 

photosarnoGRR10--189-.JPG

Ca y est le soleil se fait sentir, ça chauffe maintenant. Si papa s’est mis à l’écart des délais, Jean Paul devra lutter jusqu’au bout avec (27 mn avant à la grande chaloupe.).

Pierre Claude : Grande Chaloupe, 156km, 10m, 57h20mn16s, 943ème

Jean Paul : Grande Chaloupe, 156km, 10m, 59h33mn08s, 1285ème

 

photosarnoGRR10--270-.JPG

photosarnoGRR10--350-.JPG

photosarnoGRR10-50-.JPG

photosarnoGRR10--27-.JPG

photosarnoGRR-1--22-.JPG

photosarnoGRR10--29-.JPG

 

photosarnoGRR10--15-.JPG

photosarnoGRR10--3-.JPG

photosarnoGRR-1--3-.JPG

 

Sur le chemin de st Bernard, nous attendons papa qui commence à sentir la fin de la course. La dodo s’approche. C’est tout bon ! Par rapport à 2010, le chemin vers la boule du Colorado est plus direct. L’arrivée à la redoute vers midi est possible. Maman va chercher Natacha et Léane qui viennent acclamer papou pour son pointage au Colorado. La maison est toute proche, bien plus que le stade de la redoute, mais chut !

Pierre Claude : Colorado, 165km, 680m, 60h30mn50s, 1061ème

photosarnoGRR10--4-.JPG


photosarnoGRR-1--5-.JPG

photosarnoGRR10--5-.JPG

photosarnoGRR11-2--copie-1.JPG

 

 

Dernière partie. Papa ne traîne pas, il double quelques coureurs avec l’envie d’en finir. Le stade est proche mais se laisse désirer. Le pont vhin san et les derniers mètres. Papa court à vive allure et franchit sous les honneurs la ligne d’arrivée. Il sait au combien cette diagonale a été compliquée à gérer mais il l’a fait. Il a réussit pour la deuxième fois ce défi, un sacré défi. Pas sûr qu’il le retente un jour ! Félicitations Papa pour ton courage, ton amour de l’effort sportif, du dépassement de soi. Quel bel exemple tu nous donnes.

Pierre Claude : La redoute, Arrivée, 61h58mn05s, 1035ème, 169ème V2

Fiche suivi individuel grand raid 2012 :

link

 

photosarnoGRR-11-39-.JPG

photosarnoGRR11-3-.JPG

photosarnoGRR-11-6-.JPGphotosarnoGRR11--257-.JPG

photosarnoGRR11--18-.JPG

photosarnoGRR11--110-.JPG

 

Alors que papa se détend sur le stade, puis s’endort au coté de Léane, nous guettons l’avancée de Jean Paul.

 

photosarnoGRR11-6-.JPG

photosarnoGRR13--219-.JPG

 

D’après David, il est en souffrance du côté de St Bernard. Jean Paul me racontera une scène des plus causasses où il s’est arrêté devant un dancing où il a échangé avec des jeunes l’invitant à venir danser. J’ai beau réfléchir mais un dancing là haut, je ne connais pas…. Surement un effet de la déshydratation…

Jean Paul: Colorado, 165km, 680m, 63h27mn06s, 1355ème

 

 

P1010450.JPG

P1010452.JPG

 

photosarnoGRR12-131-.JPG

P1010455.JPG

photosarnoGRR12--124-.JPG

 

Dernière descente au forceps. David me racontera comment Jean Paul a souffert dans ces derniers kms. Il s’endormait en marchant, avait besoin de positionner ses mains sur les épaules de David. Il n’était plus lucide, plus trop cohérent. Et moi, sous le pont qui guettait son arrivée. 16 H 00, temps final à la redoute. 15H30, 15 H 40, 15 H 50, il arrive. Peut être le dernier concurrent de cette diagonale 2012. Il grimace mais l’approche du stade donne le dernier coup de motivation. Il s’élance dans un sprint final.

photosarnoGRR12--198-.JPG

 

Lors de son demi-tour de stade, la foule dionysienne l’acclame.

P1010457.JPG

P1010458.JPG

 

Il franchit la ligne sous les flashs et caméras des médias. Il se trouve happé par les journalistes, interviewer alors que je m’isole submergé par une émotion d’un assistant fatigué ayant gardé en lui tout le stress vécu de ces dernières heures. Nos deux lamballais ont vaincu le grand raid. Ils sont finishers de la diagonale 2012.

Jean Paul : La redoute, Arrivée, 66h01mn47s, 1354ème, 220ème V2

  Fiche suivi individuel grand raid 2012 :

link

P1010462.JPG

 

P1010464.JPG12photosarnoGRR--59-.JPG

 

Après avoir honoré sa place en répondant aux différents médias, Jean Paul nous rejoint, pose pour de multiples photos avec Pierre Claude et ses différents assistants.

 

P1010468.JPG

photosarnoGRR12--294-.JPG

 

photosarnoGRR13--132-.JPG

photosarnoGRR13--206-.JPG

photosarnoGRR13--9-.JPG

La suite, c’est une bonne dodo fraiche sur le stade de la redoute. Puis, des déplacements chaotiques sur le stade qui seront stoppés par un sommeil réparateur à la maison.

 

Le lendemain d’un grand raid, c’est aussi la possibilité de croiser dans sa case deux raideurs heureux mais physiquement fatigués, se déplaçant difficilement avec leurs bâtons de bambous. C’est aussi l’occasion de refaire la course, de la refaire et refaire encore. Courage aux familles, c’est le post grand raid, ils arrêteront bientôt de refaire la course, dès qu’ils auront trouvé un nouveau défi !

 

photosarnoGRR-13-111-.JPG


 

Jean Paul et Pierre Claude souhaitent remercier leurs assistances, les bénévoles, le public tout au long du parcours. Une pensée également pour les différents soutiens reçus avant, pendant et après la course que ce soit par téléphone ou par internet.

Merci également à intersport Lamballe pour son aide.

 

photosarnoGRR3--15-.JPG

P1010436.JPG

Partager cet article

Repost 0
Published by Arnaud Moisan - dans Mes Récits GRR
commenter cet article

commentaires

Joggers Bretons 02/02/2013 21:55

Tous nos Voeux sportifs pour cette année 2013.
Merci pour ce blog courirrimeavecplaisir .

Marie Agnès 20/12/2012 11:21

Merci à toi Arnaud pour nous faire vivre et revivre cette diagonale des fous, et merci aussi de les avoir accompagnés. Que d'émotions !!.
Bravo et encore Bravo à Jean Paul et Pierre Claude pour ce défi exceptionnel . Et quel défi!!

JUHEL 17/11/2012 20:47

Bonjour,
Je suis alexandra, une collègue pompier de Jean-Paul.
Je voulais tout simplement vous dire MERCI de nous avoir fait partager cet incroyable évènement !
Bravo à Pierre Claude et Jean Paul, ainsi qu'à vous les proches pour votre assistance et soutien !
Et bravo pour ce site ! C'est génial !

jean-yves 30/10/2012 19:18

super récit,dès que l'on commence à lire c'est comme dans un roman,tout y est,on est en phase avec eux,bravo,on attends les prochains exploits et félicitations à tous les acteurs surtout la
petite,elle est vraiment faite pour les photos,encore félicitations aux trailers et que la fête continue,une pensée en plus pour Marie Agnès qui a du souffrir autant que son homme a+++++++

xavier 29/10/2012 11:15

super récit, superbes photos!, on vit (on souffre un petit peu aussi avec eux...)!!bravo aux grands raideurs!! à l'assistance technique et morale!! Léane a déjà tout d'une baroudeuse à suivre son
papou comme ça!! on pense bien à vous ici, bravo encore à ton père et son comparse!!
xavier

stef 28/10/2012 19:56

Quel super récit!!!Magnifiques photos . Ou ont ils trouvé cette force pour terminer ? Très loin J imagine ....Pour le staff ,ça a du être trés long et angoissant
Je tire mon chapeau a tout les deux
a+ STEF vivement l année prochaine !!!!!

mathieu 28/10/2012 09:15

bravo à eux-deux et merci pour ce récit, content de voir que ton père et son dalon s'en sont sortis, j'étais de la partie grand place - roche plate et je confirme que ce fut hard ! à d + bonne
récup

Profil

  • Arnaud Moisan
  • Tu peux toujours courir... Et je cours, je me raccroche à mes baskets tant sur le tartan, le bitume ou les sentiers. Par ce blog, j'espère vous faire partager un peu de ma passion pour la course de fond
  • Tu peux toujours courir... Et je cours, je me raccroche à mes baskets tant sur le tartan, le bitume ou les sentiers. Par ce blog, j'espère vous faire partager un peu de ma passion pour la course de fond