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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 16:07

62 kms de St Paul à St Louis en passant par le Grand bénard à près de 3000 m d'altitude.

 

 

Nous sommes en juin et il est temps de passer aux choses sérieuses…. Après avoir multiplié les compétitions dites de format court, il faut commencer à penser plus sérieusement au grand raid. Du coup, depuis le début du mois de juin, j’aborde mon entrainement d’une manière plus spécifique. Le long me tend les bras, alors je lui offre mes jambes. L’année passée, je m’étais résolu à ne pas courir la course de l’arc en ciel du fait de mes blessures. Sur la table de la kiné, j’étais super frustré de ne pas participer à cette belle épreuve qui se déroule dans l’ouest de l’ile.

 

 

Un an plus tard, me voilà enfin prêt à en découdre avec les 62 kms pour un dénivelé de 3500 m de dénivelé positif et 3200 m de dénivelé négatif. L’arc en ciel part à l’assaut du ciel de l’ouest en formant un arc de cercle autour du Grand Bénard à près de 3000 m d’altitude. Au plus près des crêtes, nous allons longer les cirques de Mafate et de Cilaos de St Paul à St louis.

 

 

Le départ est donné un samedi, ce qui est plutôt inhabituel. Un coureur aura fait les frais de cette petite originalité. En effet, l’évènement a été relaté dans notre journal local : un coureur s’est retrouvé seul au départ, a appelé l’organisateur pour savoir où tout le monde était… il avait juste 24 h de retard…….

 

 

 Retour sur la course :

A minuit 30, je me suis mangé un bon plat de pates avant de prendre la route vers ST Paul. Nath m’accompagne… j’ai de la chance. Arrivé sur le site de départ, je pointe et fait contrôler mon sac. Le matériel obligatoire de cette course : couverture de survie, sifflet, réserve d’eau et lampe frontale. Lors de mon échauffement autour du stade, je me sens bien seul…. Tiens un autochtone que je salue, il s’agit de Didier musard, second du dernier grand raid.

 

  IMGP0014

Je passe par la case voiture où je me change, laisse les piles de rechange de ma frontale à Nath… Bah oui, une mini économie de poids reste une mini économie de poids !!!! 5 mn avant le départ, je me place derrière la ligne. Je me retrouve aux côté d’olivier, collègue du club, avec qui je me retrouve régulièrement en course. Le départ est donné et le rythme est déjà très soutenu. Je me retrouve dans la foulée de Marcelle Puy, championne locale. Nous partons pour sept kms de bitume jusqu'à sans soucis. Une pente qui s’accentue au fur et à mesure de notre avancée. La route est à nous. A 4 heures du mat, il n’y a pas grand monde à part quelques chiens errants. Au bout de deux kms, je laisse Madame Puy partir. Si je la suis, je vais vite me retrouver dans le rouge alors prudence.

 

 

 Le premier ravitaillement a lieu au niveau de l’école de sans soucis. Tout va, je me sens super bien, super zen. 42 mn pour atteindre ce point. J’aperçois Gino, collègue du club, d’un niveau supérieur au mien. Cela me raisonne à calmer un peu le jeu. Frontale vissée sur la tête, j’avance sereinement. Le début du sentier se profile, juste le temps d’ajuster ma frontale…………………Et, la galère commence. Ma frontale s’ouvre et je perds une pile….. 5 mn au bord de la route à chercher une pile dans les hautes herbes. Je suis plutôt désemparé qu’énervé. Un spectateur m’aide mais notre recherche reste infructueuse. Ni lui, ni moi n’avons de quoi éclairer cette touffe de verdure. Par contre, j’implore un officiel, présent à 2 m et qui possède une grosse torche, de nous aider, ce qui ne fera jamais. Bref, je me résous à reprendre mon chemin car pendant ma cueillette matinale, une partie du peloton s’en est allée….

 

 07 alcide33

 

 Il est bientôt 5 h du mat, et je m’élance en direction d’ ilet alcide. Il parait que ce sentier est sympa avec de nombreux points de vue, en passant dans une forêt sèche, dans les goyaviers, à travers les champs de géranium… Moi, j’essaye de suivre le cuissard de mon prédécesseur. Pas que son derrière m’intéresse… J’essaye de profiter au maximum de son éclairage. Mes appuis sont peu stables, je glisse, je chute…. Progressivement les écarts se creusent entres les différents participants. Je me retrouve parfois seul et me voilà obliger d’attendre mes poursuivants. Et ainsi de suite. Régulièrement, je formule un « si quelqu'un a une pile, je suis preneur ». En réponse, le silence ou de fortes respirations telles des battements réguliers au cœur de la nuit. Chacun est dans sa course et je le comprends…… Mes piles de rechanges sont avec nath et quoi que j’en dise c’est un peu de ma faute…..

 

 

 La forêt devient plus humide et mes chutes plus fréquentes. Je ne m’énerve pas mais je sens que cet épisode me coûte en énergie. Nous passons à ilet alcide, déjà 14 kms d’effectué. Encore quelques minutes avant que mon calvaire se termine. Le soleil ne va pas tarder et je l’attends de pied ferme. Quant tout à coup, une voix rocailleuse vient rompre le silence d’une nuit St Pauloise. « Ouvre mon sac, tu y trouvera une pile ». Je me retrouve nez à nez avec le kamel back de mon prédécesseur qui a stoppé net. Je le remercie 300 fois et me voilà tout euphorique. J’avance enfin à mon rythme mais pas forcement plus vite. Quelques coureurs me passent mais au moins je me préserve. Direction le maîdo. Nous avons droit à un magnifique lever de soleil. Nous sommes au niveau de la crête qui domine le cirque de Mafate. Au sol, l’herbe est parfois blanche. Et oui, il ne fait pas chaud dans ce coin de l’ile. Mes gants, mon bonnet ne sont pas de trop.

 

 

Alors qu’Olivier me rattrape, je lui raconte ma mésaventure. Nous poursuivons ensemble. Comme moi, il découvre le parcours. Je l’informe que j’ai quelques décharges au niveau des cuisses….. Prémices de crampes. Je préfère ralentir et le laisse partir. Pendant un km, la pente se veut plus sévère avant d’atteindre le parking du maido où m’attend nath. Je suis content de la retrouver. Des gars du club m’encouragent, Ketty me prend en photo et je retrouve ma moitié en ignorant le ravitaillement de la course. Sur toutes les courses 2009, j’ai préféré être en autosuffisance avec ma propre alimentation pour éviter les imprévus gastriques. Et depuis janvier, pas un problème de ce type….

 2007 7180

 

 Jean Charles arrive, me salue. Fred arrive lui aussi sous une couverture, il n’a pas l’air frais mais plutôt congelé. Nath a froid, mais esquisse un sourire sous son bonnet blanc. Cela ressemble à une future mariée. Je lui raconte mes soucis et ne tarde pas. Je lui donne rendez vous à St louis. Nous sommes au 23 eme km pour 3 H 35 de course.

 

 

 Désormais il faut monter au point culminant de la course à savoir le grand bénard. Le début du sentier traverse un paysage de bruyères arborescentes, d’ajoncs et de tamarins des hauts. Ensuite, le chemin serpente le long de la falaise, en direction du sommet. A notre gauche, le cirque de Mafate avec différents ilets comme roche plate, marla,... Le décor est somptueux. Rapidement, je sens que je suis en forme et commence à trouver un bon rythme. Je remonte les coureurs un par un.

 

 

 Je rejoints olivier qui se plaint de crampes. Je fais un bout avec lui avant de reprendre mon avancée. Me voilà dans la foulée de José, un vétéran de st denis. Il double, avance bien. Je décide de le suivre. A quelques mètres du sommet, nous nous faisons dépasser par la deuxième féminine. Nous pointons à la 90 eme place. Pas le temps de se poster au belvédère où j’avais fait venir mes parents et Yoann il y a déjà deux ans. Fier de mon ascension, je n’oublie pas de poser pour les photographes et de manger un peu avant de m’élancer dans la descente en direction du petit bénard et de camps 2000. 30 kms de folie pour rejoindre ma douce, ST Louis, l’arrivée en fait.

 

 2009-06-arc-en-ciel-045

2009-06-arc-en-ciel-096

 Je crains cette seconde partie de parcours tant par mes doutes sur mes capacités de descendeurs, mais également par peur de voir des douleurs survenir. Les articulations vont bien subir. Mais, à mon grand étonnement, je me retrouve rapidement dans une situation inhabituelle. Je suis coincé derrière des coureurs qui n’avancent pas assez vite à mon gout. Alors, dès que j’en ai la possibilité, je les passe en essayant de ne pas chuter. Il faut rester vigilent dans cette partie très technique .A quelques reprises, je ne peux pas m’empêcher de jeter un œil en direction du cirque de Cilaos. Tout est dégagé, c’est grandiose. Mais bon,…. Mon objectif du jour n’est pas de faire du tourisme.

 

 

Je suis heureux, plutôt serein, et à ma grosse surprise j’arrive à la hauteur de Patrick, un des grands coureurs du club. Il m’invite à continuer ma course en avant et me félicite. Je suis euphorique mais faut se calmer car l’arrivée est encore loin. Avant camp 2000, Je retrouve José et nous continuons ensemble. Nous franchissons le piton mapou, puis nous nous dirigeons vers la fenêtre des makes. Je commence à fatiguer tant physiquement que moralement. Je n’arrive pas à évaluer les distances comme je ne connais pas le circuit. Cela me travaille et j’ai tendance à radoter. De plus, cela fait longtemps que j’ai pas autant couru. José me prévient que bientôt, nous allons devoir affronter le piton cabri, grosse difficulté.

 

 

Nous arrivons au ravitaillement. Il reste 15 kms et les jambes sont désormais bien lourdes. Je talonne José dans la montée du piton. Il m’en a tellement parlé que je le passe plutôt bien. Dès les premiers mètres qui suivent le sommet, José me lâche irrémédiablement. Je me retrouve seul et la course contre moi-même commence. Le sentier est long mais long…

 

 Après avoir traversé la foret de cryptomerias, je traverse quelques ilets avant d’arriver dans un sentier à flanc de ravine qui s’avère très glissant. Grosse galère. Quelques coureurs reviennent sur moi et me dépose. Oups, ca va être dur. Patrick revient comme une gazelle et me dépose lui aussi. J’attends avec grosse impatience le ravitaillement des canaux. Cette partie du parcours s’est avéré super pénible. En plus, ils ont tendance à oublier une marche sur deux… Du coup, la hauteur de la marche est bien trop grande !!!

 

 

Passage au ravitaillement. Il me reste 6kms 300. Pas le temps de flâner. Les derniers kms, c’est de la descente sur route ou à travers champs de cannes. Heureusement que je ne suis pas plus grands, car on se prend pas mal de baffes par les cannes. Je cours au maximum mais je suis obligé de m’accorder quelques poses de marche. Ces derniers kms me paraissent très longs. Les premières maisons apparaissent et me voilà enfin dans la cité urbaine. J’accélère car des coureurs me reviennent dessus.

 

 

A l’approche du stade, j’en rattrape un, et entame un sprint de folie. J’ai retrouvé mes jambes. Chouette. Je franchis la ligne après 9H03 d’effort à la 73 eme place. Je suis super heureux de ma performance. Les indiens de ST louis auraient tendance à fuir. En effet, un cow boy marche dans la cité st louisienne. Je suis heureux d’être courbaturé car ce n’est que des douleurs musculaires, rien de tendineux !!

 

 

Pour Infos :

1 er : richard técher en 7 H02 ET Marcelle puy en 8 H 34

2eme : Yolland Maillot en 7H 06

3 eme : Yannis Hoarau en 7 H09

9 eme : Thierry Chambry en 7H37

31 eme : gino lee song yin en 8 H14

65 eme : José cadet en 8 H55

66 eme : Patrick Giraudet en 8 H 55

98 eme : Fredric Henze en 9 H 24

115 eme : Olivier chane see chu en 9 h 37

700 finishers. Fin de course en 17 H 00. Quelques coureurs ont été mis hors délais à la fenêtre.

 

 

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Published by Arnaud Moisan - dans Gazette Sportive
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  • Arnaud Moisan
  • Tu peux toujours courir... Et je cours, je me raccroche à mes baskets tant sur le tartan, le bitume ou les sentiers. Par ce blog, j'espère vous faire partager un peu de ma passion pour la course de fond
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