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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 16:40

 

1H59, je ne laisse pas le temps à mon réveil de sonner. La fenêtre ouverte, je suis plutôt concentré sur les aboiements des chiens qui transpercent la quiétude de cette nuit du 13 avril. Alors que la maisonnée est endormie, je m’échappe pour une nouvelle aventure sportive.


Je rejoins Eric qui sera mon traileur sitter du jour. Il me conduit, me fait la conversation pendant que je mange une portion de gâteau sport, goût noisette. Direction Piton Ste Rose pour prendre le départ de ma deuxième caldeira trail. Au menu, 80 kms (D + : 4000) de Ste Rose à la Plaine des Palmistes en passant par St Philippe, les Camphriers, Foc Foc, Piton de l’eau, Piton Textor. Une journée alléchante pour raideurs affamés.


A la lumière d’un lampadaire, je prépare minutieusement mes affaires, enfile ma tenue, me badigeonne généreusement de crème anti-frottement. A 40 mn du départ, un petit groupe dont fait partie Didier Mussard et Gysley Félicité enchaîne les lignes droites. Eric prépare son VTT alors que je me dirige vers le pointage où je dois faire contrôler mon équipement. En effet, nous devons effectuer le trail avec du matériel obligatoire. La sécurité n’a pas de poids. Ah si, peut être pour certains….


Le directeur de course nous annonce une information importante à savoir la modification de la première partie du parcours. En effet, les récentes pluies rendent la traversée de quelques ravines dangereuses. Nous passerons donc par la route. Pour se mettre en jambe, une vingtaine de kms de bitume jusque la Pointe de la Table. Cela ne me stresse pas plus que ça. Le parcours est le même pour tous. A nous de bien gérer notre allure, sinon cela va se payer cash.


Avant le départ, un hommage émouvant est rendu à notre dalon de sentier Olivier. Paix à son âme, sans oublier Jean Louis…..Mes pensées vont à leurs proches.


4 H OO du matin, l’heure du départ. Les coureurs sont plutôt disciplinés et attendent le décompte avant de s’élancer, aux sons des pétards. Je me fais dépasser par la droite, la gauche. Ça déboule de toute part. Allo quoi ? C’est un 80 kms quoi ? (OK, je sors……).

 

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Rapidement, je rejoins un gars habillé tout en rouge et plutôt silencieux. Il n’avait pas de camarade à qui parler. Me voici, je sauve Gino de l’ennui. Cela fait plaisir de réaliser une bonne action. Tiens voilà Laurent Delnard (alias Laurent que j’ai placé dans ma liste des favoris pour un top 20), Jean Louis Folio (alias Papy, un super V2), Alexandra Clain et plein d’autres. Un petit groupe qui va rester compact durant les premiers 10 kms. Gino fait l’animation et nous avançons à un bon 12, 5 km heure. L’ambiance détendue permet d’aborder ce trail dans des conditions idéales.

 

Au bout de 6 kms 800 et 35 mn de course, nous passons devant la Vierge au Parasol, en mode veilleuse. Au final, ce tracé par la route nous fait gagner beaucoup de temps (35 mn au lieu des 1 H 20 prévu). 5 minutes plus tard, Gino nous parle de son envie de gâteau patate. Je pense décrypter son attente du ravito 1 positionné normalement au niveau du site de la vierge au parasol. Malheureusement, nous y sommes déjà passés et de toute manière le ravitaillement a été supprimé. Le tracas de notre camarade s’envole à la vue d’un poste de ravitaillement. Nous sommes 68 ème, plutôt très satisfaisant. Je ne m’arrête pas, mes gourdes sont pleines…. Je m’oblige à boire, pas facile.

 

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Nous repartons à un rythme encore plus soutenu à savoir 13/13, 5 kms heure. Je lève le pied et laisse s’éloigner mes compagnons de route. La voix de Gino qui résonne dans la nuit noire de St Philippe me permet d’évaluer la distance qui nous sépare. Eric, qui nous suit à vélo, me demande si tout va bien. « Oui, ils vont juste trop vite pour moi. » Alors que je me retrouve seul, et afin de m’occuper un peu l’esprit, j’observe la file de voitures qui évolue à nos côtés, à notre vitesse. Pas que des assistants ravitailleurs, j’imagine aussi les clubbeurs surpris par les bébêtes la nuit que nous sommes.

 


Au niveau de la dernière coulée de lave (coulée 2007), je ressens des sensations intestinales désagréables avec le goût du gâteau sport qui remonte en bouche avec l’envie de vomir. Ah non, pas encore. Ras le bol…. Rien à faire, c’est compliqué à gérer. J’avance au ralenti avec l’impossibilité de m’alimenter. Cela me rappelle le Trail de Bourbon, édition 2011. Alors que nous bifurquons vers le sentier littoral, un groupe mené par papy me dépose. La fusée V2 est lancée.

 

Papy :

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Ce sentier, je le connais pour l’avoir reconnu avec Gino il y a un mois. Un petit coin de paradis, mais pas ce matin. Le jour se lève et les douleurs persistent. Je suis contraint d’alterner marche et pause nature. Mon choix d’une tenue verte s’est alors révélé judicieux, en mode camouflage, entre vacoas, pinpins, manioc et filaos.

 

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Ni vu, ni connu, je reprends ma marche en avant. J’assiste passivement au retour de coureurs en forme (me semble-t-il). La deuxième féminine, Sophie Blard, me dépasse elle aussi.

Gil Victoire immortalise le passage des coureurs par de magnifiques photos.

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Malgré le sourire, je ne dirai pas que la bonne humeur était le sentiment qui m’animait à cet instant T.

 

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Laurent :

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Gino :

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Alexandra :

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Sophie :

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Danielle :

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Arrivés à St Philippe, nous empruntons une longue montée en faux plat. Je suis très surpris d’apercevoir la majorité des coureurs en train de marcher. C’est à partir de ce moment que je reprends mon second souffle. Au final, j’ai connu une heure et demie de moins bien. Tout va mieux, j’adopte alors un rythme régulier où je trottine avec l’esprit plus serein.

 

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Me voici au ravitaillement de la Mer Cassée. De nombreux spectateurs, une belle ambiance. Je retrouve Eric qui s’inquiète de mon état de forme, au vu des places perdues. Je le rassure, prends le temps pour bien me ravitailler. Ainsi, je m’oblige à prendre un gel qui passe finalement bien. Soulagé, je repars en petites foulées sur une route bétonnée, avec une pente parfois bien rude. Je cours au maximum, au contraire de la majorité des traileurs. Je suis très surpris. Je me concentre sur mon allure, ma course. Sur la route forestière, je me retrouve en duo avec la troisième féminine, Danielle Seroc. Elle mène l’allure, je la suis comme une ombre. 95 pour cent de course, 5 de marche. Merci à elle car elle a été une vraie source de motivation. Cela m’a permis d’effectuer cette partie sans trop m’en rendre compte. La pluie nous rattrape, des rivières naissantes envahissent la route forestière. Tiens mon pied gauche s’éclaire, une ampoule a fait son apparition.

 


Arrivés aux Camphriers, nous sommes accueillis chaleureusement par les bénévoles et Patrick l’organisateur. Il me demande comment je vais. Je lui réponds très bien. Je picore sur la table, fais le plein d’eau et attaque, seul, le gros morceau de la journée : la montée vers Foc Foc. Généralement mon point faible, je suis surpris de ne pas être repris. Les entraînements spécifiques commencent à payer. Devant, personne non plus. Sensations étranges déjà vécues sur le grand raid où malgré la foule on se retrouve souvent seul. Mais quel plaisir d’évoluer dans un tel décor, dans cette forêt humide, entre vacoas des hauts, bois de couleurs, goyaviers,….

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Des crampes aux mollets me gagnent. Les marches pour géants tropicaux ne sont pas là pour m’aider. Je lutte en buvant encore plus d’eau. Je reviens sur Pat et Danielle Seroc. Ils me demandent où se trouve Gino. Je leur réponds devant, bien devant. Je les dépasse et je me retrouve à nouveau seul au cœur d’une végétation luxuriante. Je progresse sur un sentier humide où prolifèrent racines, mousses, lichens et fougères. Tiens, voilà le rocher qui me sert de point de repère, vers 1500 m d’altitude. Les branles verts prennent le dessus et nous évoluons désormais sur du graton, puis sur un sentier tracé sur des dalles volcaniques.

 

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Je me retourne de temps en temps et aperçois un homme au k-way vert fluo qui se rapproche à une allure très rapide. C’est le grand Eddy Myrtal. Je le salue, son aisance m’impressionne. La montée est longue, éprouvante, je m’aide avec l’altimètre de mon GPS. Dans ce milieu hostile, un pas devant l’autre et puis c’est tout !

 

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Le vent glacial se mêle à la course. Je ne prends pas le temps d‘enfiler mon K way en espérant ne pas le regretter. Un ravitaillement au milieu de nulle part, ça réchauffe le cœur. Je passe Foc Foc sans m’en rendre compte, à 2280 m d’altitude. Ensuite, j’adopte une bonne allure jusqu'au parking du volcan avec un groupe de V2 qui envoie du lourd. Je ferme le groupe avant d’ouvrir mon groupe à moi tout seul. Je ne fais que courir en évitant la chute sur ce terrain abrasif qui ne pardonne pas.

 

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Le parking du Volcan, une soupe et le moral est au beau fixe. Je marche jusque la Plaine des Sables car j’ai du mal à relancer la machine. Papy me double. Ah bon, il était derrière moi, je ne comprends plus rien. La traversée de la plaine des sables est magique, hors du temps, avec les silhouettes de coureurs qui s’évanouissent dans un brouillard léger et épais à la fois. La montée de l’oratoire se fait avec beaucoup de plaisir. Plus la pente s’élève et plus le soleil impose sa présence. La vue est dégagée sur la rivière de l’est. J’adore. Mon rythme me satisfait. Les écarts sont désormais importants entre chaque concurrent. J’en vois un au loin qui marche d’un bon pas. Je le prends en repère et rapidement je reviens sur lui. Mais, c’est Gino ! Regroupement au niveau de l’Oratoire Ste Thérèse, 2400 m d’altitude.


A partir de ce point, nous empruntons un sentier assez méconnu qui longe la caldeira en direction du piton de l’eau. Durant une heure, j’avance en compagnie de Gino. Nous évoluons sur le rempart avec une vue magnifique sur la vallée du fond de la rivière de l’est. Nous nous relayons afin de garder un rythme satisfaisant. Gino qui a lui aussi connu des problèmes gastriques, souffre de ses quadriceps. Du coup, chaque montée ressemble à une galère. Il ne lâche pas, il reste motivé en continuant à envisager nos futurs horaires de passages au piton textor et à l’arrivée. Mais des signes ne trompent pas, il n’est pas au mieux. Il parle moins (oui c’est un signe !), il demande à différents randonneurs croisés à combien de temps se trouve le piton textor. Au cours d’une des multiples montées, je me retrouve seul. Je me retourne, point de Gino. Ah si, Il me fait signe d’y aller, de le laisser, de continuer ma course. J’hésite à rester avec lui, puis la vision au loin d’un groupe de trois coureurs finit par me convaincre.

 

Je me sens bien, je relance, m’amuse sur ces sentiers toboggan. Quel pied d’évoluer sur ce sol volcanique, dans un musée naturel des sculptures de lave. Le pylône de télécommunications du Textor se dessine au loin. Je reprends 5 coureurs sur cette portion. Arrivé au ravitaillement, 2220 m, et comme l’année passée, je ne m’éternise pas. Certains sont assis et semblent vraiment à bout. Allez, encore 1 H 30 et je serai aux côtés de mes deux amours.


J’entame la descente tambours battants, ne réfléchis pas trop en prenant tout droit. Le sentier est étroit, la boue est présente en quantité impressionnante. Difficile de savoir où l’on pose le pied. Les marches sont hautes, les parties plates recouvertes de boue ou d’herbes hautes. Pas grave, à fond. Je me sens bien seul, personne, pas un bruit. Ah si, celui de ma première chute, la tête en avant après avoir subi un croche-patte d’une racine. Deuxième chute, où je descends de quelques mètres sur le bas côté. Pas de soucis, la végétation est tellement dense. Refroidi, je ralentis, d’autant plus que je me retrouve dans la partie finale au niveau des cryptomerias, de leurs racines piégeuses. Je rattrape deux gars qui sont à l’arrêt. Douleurs, fatigue, ras le bol? A l’approche de la route, je double un traileur qui emboîte ma foulée.


Sur la route, je me sens moins seul puisque j’aperçois plusieurs coureurs dispersés sur le bitume palmi plainois. Le rythme est très soutenu mais tous les écarts restent stables. Nous entamons un sprint final de 4 kms où il ne faut rien lâcher. Je reviens sur mon prédécesseur, il s’agit de René Paul, un ancien dénivien. Je me mets à ses cotés, et me calle sur son allure. Tout à coup, une fusée passe entre nous deux, c’est le gars avec qui j’ai débouché sur la route. Pas un regard, c’est tendu. Il nous met 2, 3, 4, 5 mètres. Dans le dernier faux plat, il se met à marcher…. Notre duo le dépasse et s’en va vers la ligne d’arrivée. Dernier virage où j’aperçois Nath et ma petite puce Léane. Je ne me bagarre pas pour la place et laisse René Paul franchir la ligne devant moi. Je termine à la 49 ème place en 11 H 46 mn 49 s. Merci à Fred pour les belles photos.

 

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Je suis très satisfait de ce retour à la compétition. J’espérais un Top 100, je finis mieux sans bobo et c’est ça le plus important. Le début de saison est lancé et la préparation va continuer jusqu’au raid 974, début juillet. Je vais plus particulièrement me pencher sur mes douleurs gastriques récurrentes. Gâteau sport non digéré ? Estomac fragile ? Stress ?.... Je dois régler ce problème.


Félicitations à tous les finishers de cette épreuve très éprouvante. Félicitations aux organisateurs et à tous les bénévoles qui ont été à nos petits soins.

Côté compétition, la course a été survolée par le maître Freddy Thévenin. Un très beau top 10 pour une très belle course. Un bravo particulier au podium féminin avec qui j’ai bataillé pour faire 3 ème féminine !

 


Classement :

1 THEVENIN Freddy M Senior Prudence créole 08:35:13

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2 FELECITE Gilsey M Senior Prudence créole 09:17:59

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3 LAW HAM TIEN Yannish M Senior 09:27:55

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4 MUSSARD Didier M Senior 09:30:33

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5 CROCQUEVIEILLE Frédéric M Vétéran 1 Deniv 09:43:50

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6 OULEDI Wilfrid M Vétéran 1 Prudence créole 10:02:18

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7 NIRLO Georges erick M Vétéran 1 10:02:21

8 BARRET Benjamin M Senior Pass running 10:05:41

9 ROBERT Thierry M Senior AC Salazie 10:06:49

10 RICARD Manuel M Senior 10:08:16

28 MYRTAL Eddy M Vétéran 1 11:07:51

29 TURPIN Mikael M Senior 11:08:58

30 DELNARD laurent M Senior 11:10:27

48 ADELER René Paul M Vétéran 1 11:46:48

49 MOISAN Arnaud M Senior 11:46:49

 

 

1 CLAIN Alexandra F Senior Caposs 11:12:09

2 BLARD Sophie F Senior Caposs 11:18:01

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3 LEVENEUR Nadine F Vétéran 1 AMAZONE 11:55:07

4 SEROC Marie Danielle F Vétéran 1 12:12:31

 

Classement complet :

http://www.aazsport.com/caldeira-trail-resultats-complets-et-definitifs--article-8844.html


http://runraid.free.fr/liste_classements.php?annee=2013

 

Photos : Gil Victoire, Michel Jourdan (runraid), site randopitons, Fred Henze.

Photos Gil Victoire :
http://www.facebook.com/media/set/?set=a.588362101173799.1073741830.100000000429706&type=1

Photos runraid :  http://www.runraid.fr/piwicourses/index.php?/category/198

 

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Published by Arnaud Moisan
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commentaires

CLAIN Alexandra 19/04/2013 11:46

Salut Arnaud,
J'ai eu bcp de plaisir à te lire!!! Merci grâce à toi j'ai pu revivre un peu de "ma Caldeira", à bientôt sur les sentiers...

GilVictoire 19/04/2013 07:49

J'ai apprécié le récit fort captif d'Arnaud Moisan, que je motive et encourage pour son engagement de battant sportif et de poète, merci d'avoir cité tous tes copains et copines ainsi que l'origine
des prises de vues, au plaisir des rencontres future set ça va flascher, au prochain blog. Ciao

Profil

  • Arnaud Moisan
  • Tu peux toujours courir... Et je cours, je me raccroche à mes baskets tant sur le tartan, le bitume ou les sentiers. Par ce blog, j'espère vous faire partager un peu de ma passion pour la course de fond
  • Tu peux toujours courir... Et je cours, je me raccroche à mes baskets tant sur le tartan, le bitume ou les sentiers. Par ce blog, j'espère vous faire partager un peu de ma passion pour la course de fond