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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 13:34

 

Nous y voilà !!! Ce samedi 7 avril 2012, je m’apprête à participer à la première édition de la Caldeira Trail, une épreuve organisée par Patrick Giraudet et son association Réunion Demain. Depuis l’annonce de la création de ce nouvel Ultra Trail, je suis impatient d’en découdre avec les 75 kms et les 3500 m de dénivelé positif annoncés, et cela d’autant plus que pour la grande majorité des sentiers empruntés, ce sera de la grande découverte. Si j’ai pu me faire une idée en étudiant les cartes et les reportages vidéo de Pascal (alias chapo la paille), il me tarde d’explorer ce nouveau terrain de jeu. Et oui, pour ceux que cela étonne encore, courir rime avec plaisir !!! Le plaisir de se sentir léger, de se sentier exister, de percevoir l’harmonie entre notre corps et notre psychisme grâce à nos hormones du bonheur que sont la nature, le grand air et bien sûr les endorphines. Bientôt un article à ce sujet avec une présentation des effets connus (euphorique, anxiolytique, antalgique,…) de cette hormone endogène. Courir rime aussi avec le plaisir de concourir, de porter un dossard, de participer à une compétition qui vient ponctuer, en ce qui me concerne, quatre mois d’entrainements.

 

 

Préparation :

Le premier piège de cette course est son positionnement rapide dans le calendrier puisque pour beaucoup, le début de saison est encore proche avec souvent une longue coupure (nécessaire) suite aux épreuves de la diagonale. Pour cela, je programme mon entrainement pour cette caldeira sur quatre mois dès début décembre. La motivation et l’énergie retrouvées après un Trail de Bourbon compliqué, je commence par une reprise progressive avec un travail spécifique de préparation physique, puis de vitesse avant d’enchainer les randos courses qui me permettent de travailler le foncier, l’allure, le dénivelé, les passages en altitude, A mi préparation, je participe aux 50 kms de la transvolcano, ce qui me permet d’effectuer de nombreux réglages, toujours en vu de la caldeira, mon objectif pour le premier trimestre 2012. Une semaine avant la course, j’effectue le nouveau Temor Colorado, et mon temps de 44 mn 10 me rassure sur ma condition du moment.

http://www.diagonaledesfous.com/t3215-un-temor-au-colorado#48090


Le second piège de cette course est de la sous estimée. Les témoignages sur le forum grand raid, les discussions avec les amis du club, les reconnaissances de Pascal me permettent d’aborder ce Trail avec encore plus d’humilité. Ce n’est pas une longue promenade, les 30 kms de littoral sont loin d’être roulant et la montée du Tremblet va faire mal. Je sais ce qui m’attend, en tout cas, je pense le savoir….

 


Jour J :

J’arrive une heure avant le départ, passe au pointage, reste aux côtés de Natacha qui m’a accompagné de si bon matin. (Soupir : Elle est vraiment formidable). Séance photos devant le port au son de la musique qui donne une atmosphère qui me rappelle celle du royal raid à Maurice. Que de bons souvenirs avec Fred et Olivier. Une course qui restera longtemps, et pour nous trois, une référence.

 

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Je retrouve Karine et Sarah, les deux collègues du Team Deniv.

 

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Photo de Francis Matt

 

 

L’ambiance est décontractée, les coureurs discutent entre eux alors que les pécheurs mettent leurs bateaux à l’eau. Avec une demi-heure de retard, ce qui a laissé le temps au soleil de se lever, le départ est enfin donné. Pourquoi enfin ? Et bien, j’envisage de ne pas utiliser ma frontale ce soir, donc plus tôt on part, plus je peux réussir mon objectif. Il est 6 H00, il me reste donc 12 heures pour rejoindre la ligne d’arrivée à la plaine des palmistes.

 

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Aux sons des pétards, nous nous élançons à vive allure en direction de l’église de Ste Rose. Un km pour étirer le peloton de 300 coureurs avant de fouler un sentier monotrace qui longe la côte au plus près. Au début du chemin, si certains jouent des coudes, je préfère laisser passer car cela ne sert vraiment à rien. Le parcours est long et notre réserve d’énergie n’est pas un puits sans fond, alors prudence. Même réflexion quand certains préfèrent couper les virages pour gagner des secondes qu’ils perdront un peu plus loin pour une coupe moins étudiée et qui les obligent à rebrousser chemin… J’ignore et fais ma course.


Direction le sud le long de la magnifique côte sauvage de l’est de l’île. Nous serpentons sur le sentier littoral bordé de Vacoas, traversons des bosquets de bambous, de badamiers puis de cannes à sucres. Puis, nous empruntons une plage de sable noir et aboutissons à la coulée de 1977 du côté de piton Ste Rose. Nous évoluons dans le chao basaltique avant de s’enfoncer à nouveau dans la forêt et de continuer l’enchainement des nombreuses montées et descentes. Les couleurs sont de plus en plus extraordinaires, l’océan vient embrasser la falaise, deux pêcheurs à la goélette sont étonnés de notre présence. Toujours des Vacoas avec parfois des pieds de vanille enroulés autour des troncs. Le sentier me devient plus familier, signe de notre arrivée imminente à l’anse des cascades. Natacha est présente, immortalise l’instant en photo avant de me laisser continuer mon chemin……. qui est loin d’être finit. 12 kms d’effectués en 1 H 24.

 

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Pas le temps de flâner sur le débarcadère où trône les jolies barques de pêcheurs ou même d’acheter un poisson frais qui aurait été fort encombrant. Comme prévu, je ne m’arrête pas au ravitaillement puisque j’ai prévu mon premier arrêt à Bois Blanc pour compléter mes réserves d’eau. En ce qui concerne, le reste des apports, j’ai programmé de prendre un gel par heure et de picorer selon les envies aux différentes tables de ravitaillements. Après l’anse des cascades, je cours malgré la pente sur la route qui nous mène au début du sentier en direction de Bois Blanc. Patrick est là pour nous encourager et me demande si tout se passe bien : Je lui lance un « oui, ça va ! ». Il me répond « super, régale toi ! ». Désormais, je peux le rassurer car j’ai bien gouté ! Sur la suite du sentier littoral, je me suis vraiment amusé. Beaucoup de similitudes avec les sentiers des douaniers en côtes d’Armor, un vrai plaisir. De la relance, du roulant, des petites bosses qui n’attendent plus que nos figures acrobatiques. Sinon, merci à l’organisation pour la signalisation des dangers tout au long du parcours. En effet, nous sommes avertit des différents passages délicats via des panneaux.

 


18 kms après le départ, je débouche sur la route des laves. Et au menu, 10 kms de bitume dans un paysage de rêve entre forêts et coulées de lave. Attention, le ciel est dégagé et le coco y chauf ! Je me suis d’ailleurs pris un sacré coup de soleil sur la moitié de mon front. Je me retrouve donc avec la marque du bandana qui manque de chance n’était pas très droit… Je fais le plein d’eau avec les gentils bénévoles et laisse la vierge au Parasol à ses fidèles. Les écarts entres les différents coureurs sont déjà important. Toutefois, les longues lignes droites me permettent d’apercevoir au loin quelques coureurs. Je suis à mon aise, oscille entre 11 et 12 km heure, et ne fait que courir. Je remonte sur Jean Yves Zitte qui me demande si j’ai l’intention de courir tout le Trail avec mon collant. Vous voilà dans la confidence : que peuvent se dire deux gars qui courent sur la route des laves ? Et bien, nous parlons chiffon !

 

Sur la route des laves, Natacha prend de belles photos des premiers :

En tête, Didier Mussard :

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Suivi de Fréderic Crocquevieille (Raideur 2OOO, maillot bleu et blanc) et de Freddy Thevenin

 

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Puis, Pascal Blanc ( à gauche) et Guyto Augustine :

 

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Puis, Wilfrid Oulédi et

 

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Natacha m’attend au Tremblet où je me ravitaille rapidement, très rapidement d’après elle. Je lui dis à toute à l’heure sachant que je n’ai aucune idée de ce que veut dire à toute à l’heure. Elle et ti moune (futur petit premier Arno) me donne de l’énergie pour repartir. A moi, la montée du Tremblet. Pour le moment, je suis au 28 ème km et cela fait 3 H 17 que le départ a été donné. Le prochain ravitaillement est annoncé (sur le dossard) au 38 ème km à Foc Foc. Entre ces deux points, il y a plus de 2000 m de dénivelé positif ! Quand faut y aller, faut y aller.

 


Rapidement, je me retrouve seul et je vis cette situation pendant au moins 45 longues minutes. Comme il n’y a pas de balisage sur cette partie (d’un autre côté, il n’y a qu’une seule trace), je m’inquiète d’avoir loupé un sentier. Je balise un peu avant de croiser Richard Techer qui redescend pour rendre son dossard. Je ne me suis pas planté, c’est bon. Pour commencer, le long de la ravine pont rouge, la pente est légère et les goyaviers me font envie. Puis, cela devient beaucoup plus costaud dans la forêt endémique au cœur du parc national avec sous nos pieds un tapis de boue puis de gratons. L’humidité est présente, les glissades aussi ! Je bois régulièrement. Pour cette montée j’ai prévu 2 litres d’eau. Il pleuvine et le vent se lève, je mets mon K way. Tient un gentil bénévole ( sirhill du forum grand raid) pour nous indiquer le passage délicat avec une bonne mare de boue. Je n’ai même pas vu son visage, restant ma tête baissée.

 

Je commence à sentir la fatigue et puis ça pique de plus en plus dans les cuisses. Malgré la difficulté, j’esquisse des sourires quand j’aperçois les panneaux de l’organisation indiquant « souriez, vous faites ça pour le plaisir ».

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Alors que de nombreux coureurs dont la première féminine me dépassent, je double Eddy Myrtal qui subit un coup de moins bien. Je l’encourage comme je peux puis je gère mon effort en scrutant l’altimètre de ma montre : 500 m, 1000 m, 1500 m, 1900 m, me voilà au Nez coupé du Tremblet. La nature est devenue miniature et l’enclos du volcan s’offre à nous. Grandiose. Le sentier moins pentu laisse quelques possibilités pour courir. Mais, me retrouvant à sec dès le 37 ème km je choisis de marcher jusque Foc Foc, ravitaillement qui ne doit par être loin. Bon je l’avoue, plus qu’un choix, quand j’essaye de relancer, je n’y arrive pas. Finalement, le pas très loin arrivera au 42 ème km, 2280 m d’altitude. Je me suis fait avoir en faisant confiance au road book… 5 kms sans eau mais surtout impossible d’ingurgiter mes gels sans liquide, d’où mon coup de moins bien. Conclusion : Il faudra que je me mette un peu d’alimentation solide dans mon sac au cas où… J’apprends toujours. Et puis, rien de tel qu’une reconnaissance. 14 kms 200 depuis le Tremblet et 4 H 10 de grimpette.

 

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Photo Michel Jourdan, RunRaid link


Arrivée à foc foc, les bénévoles nous encouragent et alors que je sors mes gourdes pour les remplir, on m’annonce que l’eau est en restriction. Quoi ???? Pas le choix car ils n’ont pas été approvisionné. En effet, Le pick up ravitailleur est tombé en panne. Espérons que ce ne soit pas nous qui tombons en panne. J’ai droit à environ 300 ml, que je vais gérer jusqu’au prochain ravitaillement au gite du volcan, 48 ème kms. Je mange un bout de gâteau patate et repart en courant, ce que je ferai jusqu’au gite, dans la foulée d’Eddy Myrtal. Revenu sur moi au niveau du ravitaillement, je reste un temps avec lui avant qu’il n’accélère et ne disparaisse au loin. Je garde mon rythme car la course est encore longue.

 

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Photo Michel Jourdan, Run raid link

 

Tout va pour le mieux et arrivée au gite, on m’annonce une 50 ème place. Pour le moment, je ne m’étais pas du tout préoccupé de mon classement et je suis finalement assez étonné de cette bonne position. Je fais le plein et repart en rythme.

 

Selon le road book, dans 10 kms, c’est le prochain pointage au piton Textor. La plaine des sables, la montée de l’oratoire Ste Thérèse se passent idéalement. Je relance, trottine dès que je peux et notamment sur le sentier qui longe le rempart après l’oratoire (2400 m). Je me perds une fois, rebrousse chemin, reprends de nombreux coureurs, suis étonné par la technicité et la longueur de cette partie de course. Normal, lorsque j’arrive au Piton Textor, je suis au kms 64 et non au PK 58. Mais j’y suis, et là est le principal. Nous sommes accueillis comme des rois. Au top, le Plaine Rando Trail, responsable du poste. Je m’arrête moins de deux minutes, le temps de remplir mes gourdes.

 

20120408060440-d8537049.jpgPhoto Michel Jourdan, RunRaid link

 

Alors que quelques coureurs, se reposent, je repars au plus vite. La nuit s’approche mais ma frontale est toujours au chaud dans mon sac. La suite, c’est 6 kms de descente technique jusque la plaine des palmistes. Virages serrés, Pente abrupte, racines en promotion, Glissades assurées, je ne réfléchis pas et lâche tout. Pour d’autres, c’est une autre histoire. Ils sont à l’arrêt, pris de crampes ou paralysés par la crainte de la chute. Me voilà aux kiosques !!!! Des bénévoles me proposent de m’arrêter pour me ravitailler. Je décline l’invitation avec humour car il ne me reste que 4 petits kms. Sur ces derniers mètres asphaltés, je prends un rythme rapide et donne tout. Les rues se succèdent et point d’arrivée. Les mètres sont longs à la plaine !!! Ah si, j’y suis. Ah non, toujours pas. Un nouveau virage, et je me retrouve devant la mairie de la Plaine des Palmistes, lieu d’arrivée pour cette première édition de la caldeira Trail. Je franchis la ligne sous les applaudissements du public, des bénévoles et de Natacha toute heureuse de m’avoir retrouvée ! Ah au fait, je n’ai pas sorti la frontale puisqu’il est 17 H 52. Médaille autour du cou, je déguste un bon cola. Trop bon.


Je termine 29 ème en 11 H 52 et je suis super satisfait de cette journée qui m’a permis de me régaler à tous points de vue. J’ai adoré les sentiers empruntés, beaucoup apprécié l’ambiance tout au long du parcours, profité de tout ces kms sans douleurs tendineuses et autres crampes. Hormis la fin de la montée du Tremblet, je n’ai jamais subi la course. Et ça, c’est super appréciable, notamment après des expériences compliqués comme j’ai pu le vivre sur le Trail de bourbon 2011 et la transvolcano 2012. Au vu de ce bilan, je pense pouvoir dire que je serai sur la Caldeira Trail 2013.

 

Félicitations à tous les participants, finishers ou non.

Merci à Natacha pour son assistance au top.

Merci à Patrick et toute son équipe pour la création, la gestion de ce nouvel ultra Trail sans oublier toutes les innovations proposées. Par la même occasion, merci à tous les bénévoles.

Merci à Deniv pour la convivialité et pour les PPG qui arrachent.

Merci à Running conseil pour son soutien.

 

 

Arrivée du vainqueur, Freddy Thevenin :

 

caldeira--16-.JPGArrivée du second, Didier Mussard :

 

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Arrivée du troisième, Frederic Crocquevieille :

 

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Arrivée du quatrième, Wilfrid Oulédi :

 

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Arrivée du cinquième, Pascal Blanc :

 

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Arrivée des sixièmes ex aequo : Guyto Augustine et Yannis Law Han Thien

 

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Classements général :

 

1 THEVENIN Freddy 08:50:42

2 MUSSARD Didier 09:15:48

3 CROCQUEVIEILLE Frederic 09:53:36

4 OULEDI Wilfrid 10:02:33

5 BLANC Pascal 10:10:27

6 LAW HAN THIEN Yannis 10:19:33

7 AUGUSTINE Guyto 10:19:33

8 PITREBOTH jean-yves 10:32:44

9 FAYS Patrick 10:33:35

10 BARRET Benjamin 10:47:59

11 OLIVAR Johny 10:52:01

12 CALPETARD Theresien 10:55:54

13 FONTAINE Bernard 10:58:21

14 MYRTHE Pierrot 10:59:02

15 SIPILI yann 11:00:00

16 MOREAU Julien 11:03:00

17 LAPIERRE Jean-Philippe 11:06:03

18 SADZOUTE Jean richard 11:07:40

19 POTHIN Fred 11:08:44

20 ADELER JEAN RENE 11:22:42

21 HAEGEL Hélène 11:28:03

22 LAFABLE Michaël 11:32:29

23 TRILLEAUD Teddy 11:49:02

24 MEZINO Anicet 11:49:45

25 DELPHINE Fabrizio 11:50:11

26 LACHAPELLE Fabien 11:50:11

27 VAVELIN JEAN MARC 11:50:12

28 MYRTAL Eddy 11:52:27

29 MOISAN Arnaud 11:52:57

30 JAVEGNY Martien 11:55:03

 

La suite des résultats sur le site internet de la Caldeira Trail à savoir http://www.trail.re/

 

 Photos : Natacha.

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Published by Arnaud Moisan - dans Gazette Sportive
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  • Arnaud Moisan
  • Tu peux toujours courir... Et je cours, je me raccroche à mes baskets tant sur le tartan, le bitume ou les sentiers. Par ce blog, j'espère vous faire partager un peu de ma passion pour la course de fond
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