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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 18:47

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3 H 00 à l’ile Maurice, de drôles d’aventuriers arpentent les allées désertes de l’hôtel Tamassa à Bel Ombre. Dans deux heures sera donné le départ de la sixième édition du Royal Raid 80 kms. Pour l’occasion, beaucoup de réunionnais ont fait le déplacement avec une représentation des différents clubs de l’île dont le mien : Déniv en force !!!!

 


Alors qu’Olivier est parti s’alimenter au petit déjeuner continental, je me limite comme Fred à la dégustation de nos gâteaux sport. Ceux-ci bien rafraîchit par un séjour dans le mini bar de notre chambre. Alors que Fred a opté pour le chocolat, je me suis laissé tenter par la noisette.


Direction le bus où les visages trahissent une nuit vraiment trop courte et un manque de sommeil certain. Durant le trajet, je pense, reste silencieux, bois, mange et écoute les discussions qui comme de par hasard ne parle que d’une chose : la course du jour. Mes pensées sont plutôt orientées vers mon obsession des deux derniers mois à savoir mon GENOU. Certains de mes proches n’en peuvent plus, sont saoulés par ces cinq lettres et en cauchemardent même la nuit. Avant toute chose, une petite définition s’impose. Le genou est une articulation qui permet de joindre la jambe à la cuisse. Elle met en jeu trois os, le fémur le tibia et la patella, par le biais de trois articulations, l'articulation fémoro-patellaire et la double articulation fémoro-tibiale. Le mien de genou (ou rodilla pour les intimes), partie si importante de mon corps humain, s’est donc révélé très douloureux ces derniers temps. J’ai du abandonner les sentiers pour les tables de kiné, me limiter à des footings sur pelouse, annuler ma participation au cross du piton des neiges. Alors oui, ma tendinite au tendon rotulien a fait les gros titres mais là c’est du passé. Je veux être confiant d’autant plus que je me présente avec un strapping du tonnerre effectué par miss Marion, nouvelle future recrue du club.

 


Après une heure de transport dans la pénombre de l’autobus, nous sortons brutalement de notre fin de nuit par une lumière si soudaine que puissante. Nous arrivons au Bird Park à Casela situé sur le domaine de Yemen à l’ouest de l’île. Accueilli par les danseuses mauriciennes, les ségatiers, je tourne en losange (c’est mieux qu’en rond), échangeant avec les nombreux courageux du jour qui viennent pour la plupart de la Réunion. Néanmoins, notons la présence sur la course de nombreux mauriciens, de mahorais, de sud africains, de métropolitains mais aussi de grecs,….Ils sont partout ces grecs. Avec Fred, nous croisons également un cygne noir, mauvais ou bon présage, l’avenir nous le dira. Après un pointage très artisanal au marqueur, nous nous plaçons sur la ligne et applaudissons Runhandimove pour leur nouvelle action en faveur des personnes autrement capables. Un parcours en joellette à la découverte des sentiers mauriciens pour les enfants handicapés réunionnais et mauriciens. Chapeau.

 


Le départ va être donné et un drame est évité : la chute et le piétinement, par plus de 300 coureurs, du journaliste du JIR, un peu trop lent à la détente. Lukas est finalement sauvé après avoir enfourché le quad de l’organisation. Dès les premiers mètres, je me retrouve aux avants postes aux côtés des favoris du jour : Thierry Chambry, Franck Duhaupas, Yoland Maillot,... Je profite pleinement de ce moment qui je le sais sera de courte durée. Alors que nous avançons à bonne allure, j’apprendrai plus tard que nous avions des voisines un peu moins pressées que nous : des centaines de tortues…. Heureusement, je n’ai pas dérapé sur l’une d’elle. Tout va bien, je me présente alors avec le groupe de tête à la première traversée de rivière puis me fais distancer. Première bosse où j’adopte mon rythme de croisière. Olivier me revient dessus et me lâche un « c’est bien, pour une fois tu ne pars pas trop vite ». Je le vois s’éloigner en compagnie de Fred. Jasmine Rivière me double à son tour. Après une trentaine de minutes, je ressens déjà une gène mais pas à mon Genou. Cette fois, c’est le mollet droit qui se manifeste. J’ai la jambe lourde et cela ne m’amuse pas trop. Sur les bons conseils donnés la veille par miss Marion, je vire le bas du strap qui était finalement un peu trop serré. Me voilà libéré et pour en faire profiter tout le monde, je lâche les chevaux et remonte de nombreux coureurs. J’arrive à hauteur de Fred et Olivier qui se racontent leurs vies. Ah, c’est beau les rencontres de bons matins…. Moi, je les talonne, suis spectateur de cette idylle naissante et récupère de mon effort soudain.

 

Il fait nuit et la procession des frontales est majestueuse. Le serpentin lumineux apparait dans la nuit mauricienne comme un joli dessin qu’il serait bien difficile de reproduire. Spectacle d’une nuit, spectacle magique. L’allure est rapide et les écarts déjà important. Alors que nous nous amusons sur le parcours vallonné du domaine du Yemen, nous faisons une rencontre surprenante au PK13. Juste devant nous se pointe un sanglier sauvage qui s’est révélé un brin farouche. Puis, c’est au tour des cerfs de nous entourer avant de s’échapper à notre approche. Quant à Fred, il admire encore un zèbre…… Un des effets du gatosport.

 

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En ce qui concerne mon alimentation, je ne change pas mes habitudes : malto dans mon camel bag et un gel glucidique par heure. A plusieurs reprises, je suis tenté de reporter la prise de mon gel, ne trouvant pas le temps de le prendre. Le parcours est roulant et je reste au contact de mes deux acolytes. L’allure est bonne avec une moyenne oscillant de 10 à 11 km/h. Le paysage se révèle et le parcours est somptueux. On va encore me trouver chauvin mais j’ai trouvé beaucoup de similitude avec les sentiers bretons. Puis, je reste stupéfait par le spectacle qui s’offre à nous : lever de soleil accompagné d’un arc en ciel. Cette première partie de parcours restera vraiment comme mon coup de cœur de l’épreuve.

 

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Dans une ascension, nous revenons sur trois coureurs dont yoland maillot. Un mot d’encouragement et l’aventure se poursuit. Je me sens bien et dans les montées nos styles sont bien différents. Si Fred adopte la marche active, et olivier la course à tout pris, et bien moi j’alterne les deux !!!! Régulièrement, je me fais décrocher dans les pentes les plus abruptes. Pas moyen, je ne tiens par l’allure de mes deux compères alors je laisse faire et reste à mon rythme. La course est longue et rien ne sert de vouloir suivre à tout prix. Cela d’autant plus que je reviens sur eux très facilement et sans effort superflu dès que nous descendons.

 

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Les côtes sont raides, le terrain est sec et chaud. Après avoir pris un gel et m’en être mis partout sur les mains (oui je m’en mets toujours partout), j’ai encore eu un souci avec mon camel. L’embout reste dans mes mains glissantes et tombe par terre. Je peste à haute voix… Au deuxième ravitaillement, nous profitons des encouragements du team Trail Runner dont fait partie Olivier. Ci-joint, petit reportage dont l’acteur principal Olivier apparait encore très frais.

Après nous avoir rapidement rattrapés, nous revenons sur un réunionnais de trois bassin, Yannis. Un bout de course avec lui où il nous met en garde sur le parcours restant avec les principales difficultés de l’épreuve. A la sortie du domaine, nous entamons alors 4 kms de route goudronnée qui nous conduit au parking des Gorges de la Rivière Noire (Parc National, Centre des Visiteurs). 13 km heure, ça ne chôme pas. Je signale à mes acolytes que je commence à souffrir d’ampoules au pied. Cela doit être les effets négatifs des joies de la piscine de l’hôtel. Les pieds mouillés, les pieds fripés avec pour conséquence des pieds bien allumés.

 

Sur cette portion de route, Fred reste silencieux mais facile de comprendre qu’il peste intérieurement. Il est où le sentier ??? !!!! Pour ne rien arrangé, l’organisateur dans son pick up nous annonce la proximité du ravitaillement. Tu parles….c’est bien long. Le voilà, et déjà 38 kms d’effectué. Un peu moins de 4 heures, ça roule !!!!

 

Le trio de tête à ce même point :

 

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Là Fred commet une erreur qui aurait pu avoir de drôles de conséquences. Gourmand, il se laisse tenter par un gel à la fraise donné par l’organisation. Oh malheureux, il ne faut jamais tester le jour de la course !!! Je le sermonne un peu… Mais, peut être avait il raison au vu de son ascension des plus impressionnantes. Dès les premiers mètres, il me dépose ainsi qu’olivier. Ce dernier réussira à remettre la main sur lui. Et moi, je souffre durant ces 6 kms. Avant d’entamer la dernière partie, un bénévole me lance un good luck agrémenté d’un jolie sourire. Ca grimpe, un air de cap anglais et des crampes qui commencent à me tétaniser. Obliger de stopper et de m’étirer les quadris. Une fois au sommet, mes deux compères ne sont plus visibles. La ballade à trois est donc terminée.

 

 


Après quelques montagnes russes- mauriciennes, me voilà sur une partie très roulante qui nous emmène jusqu’à Mare Longue. Ratant une balise, je jardine un peu avant de retrouver mon chemin. La voilà enfin cette mare, pas si petite que ça. Je me rappelle que le ranch est proche mais pas si proche que ça en fait. Un tour de la mare, un réservoir à nos pieds, une marche un peu haute et là je ne sais plus par où aller. Personne à l’horizon alors je décide de continuer mon tour de la mare et j’aperçois une balise blanche salutaire. Désormais, je me retrouve sur un chemin forestier large, agréable mais surtout interminable. Les lignes droites succèdent aux lignes droites. Le soleil est de la partie et la monotonie me gagne.

 

Me voilà désormais sur une partie en aller retour qui nous mène au Jet Ranch, plus gros ravitaillement de la course. Sur cette partie, je croise Rosaire Rivière, Thierry Chambry, Léonce Honorine et le premier mauricien. Je pointe en 9 ème position et nous sommes au PK 51, 5. Au programme, encore 30 kms dont le redoutable Parakeet. A mon arrivée, Fred mange un peu et Olivier a les pieds en l’air. Il bénéficie d’un massage express de Laurent, kiné du team Trail Runner. Fred prend la suite. En ce qui me concerne, je fais le plein d’eau, me dope à la soupe et va aux nouvelles. Fred et Olivier sont sur le départ, je suis prêt à leur emboiter le pas. Fred me conseille alors de faire un massage bienfaiteur. Déjà hésitant, je me laisse tenter et les laisse s’éloigner. Je reverrai les deux amoureux sur la ligne d’arrivée. Ils ont fait l’intégralité du trail ensemble. Que c’est beau. Laurent, je l’en remercie, me fait un massage des quadri, m’asperge mon genou de froid au cas où…… Oui, on ne sait jamais, la douleur peut se réveiller. Vous savez la douleur au Genou……

 

 


Et me revoilà partis sur ces grandes lignes droites où je croise une dizaine de concurrents. Le massage m’a amené un vent de fraicheur, assez euphorisant. 14 km heure où je suis seul au monde. Il fait chaud, je n’oublie pas de boire. Voilà la descente dans les Gorges de la rivière noire, site en compétition pour être inscrit à l’Unesco. Terrain humide où je mets tout en œuvre pour revenir sur mes deux compères. Je suis à fond, j’aperçois alors un maillot de déniv, mais oh surprise, il s’agit de Gérard qui s’est lui aussi lancé sur le 80. En fait, il s’est un peu perdu, se retrouvant alors en tête de course. Et me voilà au cœur de la forêt après avoir traversé le radier des Gorges (61 kms).

 


Parakeet, cela fait plusieurs jours que j’en entends parler. Une montée de 5 kms avec 600 m de dénivelé pour arriver à Plaine Champagne au lieu-dit « Parakeet » point culminant de la course à 720 m d'altitude. Un début de montée costaud avant d’alterner partie roulante, technique et pente abrupte.

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Puis, cela ne rigole plus. Sentier monotrace, regard sur mes chaussures avec la certitude que cela va revenir sur moi. Je suis au ralenti, les crampes me paralysent m’obligeant à multiplier les pauses tous les 10 pas. Je scrute ma montre afin de voir défiler trop lentement l’augmentation de l’altimètre. A mi pente, je suis pris d’étourdissement avec des petites étoiles qui font leurs apparitions. Une pause plus longue et je repars et m’approche enfin du sommet. Je reste stupéfait par les déchets laissés sur le sentier par les concurrents du 35 kms. Oui, il fait chaud, oui il faut s’hydrater, mais de là à laisser les bouteilles d’eau vide sur le parcours,…

 


Là voilà, l’antenne, 65 kms de fait. Encouragé par les bénévoles de la course mais aussi par les collègues du team trail runner et raideur 2000, je prends une petite soupe, m’informe sur le chemin restant avant de me plaindre une nouvelle fois de mes crampes. Avant de partir, j’aperçois un autre concurrent qui se ravitaille lui aussi. Je ne tarde pas, je veux conserver mon Top 10. 15 kms de descente, tout ce qui faut pour m’éclater. 800 m de route avant d'emprunter le sentier de « Watook » qui permet d'entrer, au bout de 8 kms de descente, dans le domaine de bel ombre. Au loin, il m’arrive d’apercevoir le littoral et son magnifique lagon. Ma chambre m’attend ainsi que mon coca zéro, sans parler des génoises à l’orange et autres gâteaux au chocolat…. Je suis à bloc, l’appel de la sucrerie a son effet et les crampes sont un lointain souvenir. A la moindre pente, je relance et si les kms sont de plus en plus longs, le mental à désormais pris le relai. En doublant les coureurs du 35 kms, je distribue des « allez ». Puis, à ma grande surprise, j’aperçois Thierry qui mal au point se fait un devoir de rallier la ligne d’arrivée. Son récit sur son blog. link Félicitations pour ces 80 kms qui replacés dans le contexte de sa récente blessure me laisse admirateur.

 


La dernière partie, avec un petit air de final de l’arc en ciel, nous emmène sur les chemins de terre au milieu des champs de cannes. Des lignes droites, toujours des lignes droites. Croyez-moi, la prochaine fois, j’emmène mon MP3. Ces 30 derniers kms tout seul m’ont bien travaillé le cerveau. Plus rien à penser, et rien que ça c’est un exploit…. Dernier km sur le bitume jusqu’à l’arrivée devant l’hôtel à Bel Ombre. Accueilli sous les encouragements des copains, je savoure cette belle 8 ème place pour mon premier Royal Raid. J’ai finalement mis 9 H 02 pour parcourir les 80 kms du jour. Je suis lessivé comme à mon habitude et met quelques minutes pour redevenir lucide. Je réponds au speaker du jour à savoir Eric Lacroix, prend mes lots et va tester la belle pelouse.

 

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Très belle course, roulante comme j’aime avec une première partie de parcours qui m’a vraiment séduite. Très heureux d’avoir partager près de 40 kms avec mes deux amis. Olivier et Fred sont arrivés, en 8 H 49, mains dans la main en 5 ème position.

 

 

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Très belle semaine entre amis passionnés de la course à pied dans un cadre somptueux. Merci pour tous les encouragements reçus avant et pendant la course. Merci pour vos félicitations.


Merci à Déniv, au coach Fred.


Merci à Miss Marion pour le strap et Bravo pour avoir survécu à son premier trail.


Merci à Anne Marie de me faire confiance. J’ai été le premier à porter les couleurs du TEAM RUNNING CONSEIL et j’en suis très fier.


RUNNING CONSEIL, boutique spécialisée

111 Rue Suffren - 97410 Saint-PIerre

http://www.running-conseil.com

 

Merci à ma chérie pour tout son soutien.

 

Classements RR80 :

1  DUHAUPAS Frank 7:42:52

2. HOAREAU Georges Marie 7:55:03

3. RIVIERE Rosaire Jean Pierre 8:20:15

4. HONORINE Leonce 8:35:56

5. PINCE Olivier 8:49:13 , MAYA Noel, HENZE Frédéric

8. MOISAN Arnaud 9:02:01

9. DUBIN Benoit 9:11:28

10. CHAMBRY Thierry 9:18:07 10

 

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photos : phildeniv, miss marion, lukas, site royal raid

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Published by Arnaud Moisan - dans Gazette Sportive
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commentaires

Olive 24/05/2011 19:22


Merci Arnaud pour ce récit toujours aussi bien écrit! C'est comme si j'y étais...
Par contre, t'as pas choisi une photo à mon avantage! Je te remercie.
Par contre, une chose m'intrigue : "Comment va ton genou?"
A plus


Profil

  • Arnaud Moisan
  • Tu peux toujours courir... Et je cours, je me raccroche à mes baskets tant sur le tartan, le bitume ou les sentiers. Par ce blog, j'espère vous faire partager un peu de ma passion pour la course de fond
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